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CPF et permis de conduire : c’est fini pour les salariés

C’est l’une des décisions les plus symboliques issues du budget 2026.
Le permis de conduire sort du champ du CPF pour les salariés. Une mesure attendue, débattue depuis des années, et qui marque un changement profond dans la philosophie du Compte personnel de formation.

Le permis de conduire, premier grand succès du CPF

Pendant longtemps, le permis de conduire a été l’un des tout premiers usages du CPF, parfois même le premier en volume.

Chaque année, ce sont des centaines de millions d’euros qui ont été mobilisés pour financer des permis B via Mon Compte Formation.
Un succès massif, mais aussi un sujet de controverse permanent.

Une question jamais tranchée… jusqu’à aujourd’hui

Depuis l’origine, une question revenait régulièrement dans le débat public :

Le permis de conduire est-il réellement une formation professionnelle ?

Pour certains, la réponse était évidente :
dans de nombreuses zones rurales ou périurbaines, l’accès à l’emploi dépend directement de la mobilité.

Pour d’autres, le lien avec l’emploi était beaucoup plus fragile :
dans les grandes villes, la voiture n’est pas un prérequis pour travailler,
le permis n’est pas une compétence métier,
et son financement via le CPF relevait souvent d’une logique d’opportunité plus que de projet professionnel.

Ce débat n’avait jamais été arbitré clairement.
Le budget 2026 l’a fait.

Ce que dit désormais la règle

La nouvelle règle est simple.

Le permis B n’est plus finançable via le CPF pour les salariés, sauf dans un cas précis :
lorsqu’il existe un cofinancement par un tiers, comme l’employeur ou un financeur public.

En revanche, le permis de conduire reste éligible pour les demandeurs d’emploi.

Autrement dit :
le CPF seul ne suffit plus pour financer un permis quand on est salarié.

Un signal politique fort

Ce choix n’est pas anodin.

Il traduit une volonté claire des pouvoirs publics de recentrer le CPF sur les compétences professionnelles, et de mettre fin à certains usages jugés périphériques.

Le permis de conduire n’est pas supprimé du paysage de la formation.
Il est simplement replacé dans un cadre plus ciblé, plus conditionné, plus cohérent avec une logique emploi.

Ce que les actifs doivent reteni

Pour les salariés, le message est clair : Même si vous disposez de plusieurs milliers d’euros sur votre CPF,
vous ne pourrez plus financer librement un permis de conduire sans cofinancement.

Le CPF n’est plus un outil individuel de consommation automatique.
Il devient un levier à activer dans un cadre plus structuré.

Et pour les entreprises et les RH

Pour les entreprises, cette évolution est loin d’être négative.

Elle marque :
la fin d’un usage opportuniste du CPF,
le retour du dialogue entre salarié et employeur,
et la possibilité de recentrer les financements sur des compétences directement utiles à l’activité.

Le permis de conduire devient ainsi un cas à part, traité dans une logique d’accompagnement ou de cofinancement, et non plus comme un droit mobilisable sans discussion.

Une première brique d’un changement plus larg

La sortie du permis du CPF pour les salariés n’est pas un cas isolé.
Elle s’inscrit dans une transformation beaucoup plus large du dispositif, amorcée cette année.

D’autres évolutions arrivent, et elles vont encore modifier les usages, les comportements et les stratégies de formation.

Chez CPFormation, nous continuerons à décrypter ces changements, article par article, pour aider les actifs et les entreprises à comprendre ce qui est en train de se jouer.

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