Le 11 mars 2015 restera une date importante pour la formation linguistique en France. L’organisme de formation Lingueo annonce la validation de son tout premier dossier CPF en anglais auprès de l’Afdas. Derrière cette annonce symbolique se cache en réalité un changement beaucoup plus profond : l’entrée officielle des langues dans une nouvelle ère de la formation professionnelle.
Le bénéficiaire de ce premier dossier s’appelle Yohan Uzan, responsable clientèle chez Avent Media. Son parcours illustre une réalité simple mais souvent sous-estimée : dans de nombreux métiers, l’anglais n’est plus un “plus”. C’est une compétence de travail quotidienne. Répondre à un client étranger, négocier avec un partenaire international, comprendre une documentation technique, participer à une visioconférence… la langue est devenue une infrastructure invisible de l’économie moderne.
Cette première validation CPF ne concerne donc pas seulement un individu. Elle envoie un signal clair : la compétence linguistique est reconnue comme une compétence professionnelle à part entière, finançable, structurée, certifiable.
Le CPF change la logique de la formation
Le Compte Personnel de Formation n’a pas été conçu comme un simple dispositif administratif. Il marque une rupture dans la manière dont les actifs accèdent à la formation. Avant le CPF, la formation dépendait largement des décisions internes de l’entreprise. Avec le CPF, chaque individu devient acteur de son parcours.
Dans ce nouveau cadre, la question n’est plus seulement “quelles formations sont disponibles”, mais “quelles compétences sont stratégiques pour l’avenir professionnel”. Et sur ce point, les langues arrivent systématiquement en tête.
Dans un marché du travail de plus en plus ouvert, les entreprises françaises interagissent en permanence avec des clients, fournisseurs et partenaires étrangers. Les PME exportent, les startups naissent internationales, les grands groupes opèrent sur plusieurs continents. La capacité à travailler en anglais conditionne directement la compétitivité.
Former des équipes aux langues n’est donc pas un confort. C’est une décision économique rationnelle.
L’anglais : compétence clé de l’employabilité
Toutes les études sur l’employabilité convergent vers la même conclusion : la maîtrise de l’anglais augmente les opportunités professionnelles. Elle facilite la mobilité interne, l’accès à des postes à responsabilité, et l’intégration dans des environnements internationaux.
Mais au-delà des carrières individuelles, la langue agit comme un multiplicateur de compétences. Un salarié compétent techniquement mais incapable de communiquer en anglais voit son potentiel réduit. À l’inverse, un professionnel capable d’exprimer clairement ses idées dans un contexte international devient immédiatement plus visible, plus utile, plus stratégique pour son organisation.
C’est précisément ce que le CPF permet d’encourager : investir dans une compétence transversale qui bénéficie à la fois à l’individu et à l’entreprise.
Une première validation qui ouvre la voie
La validation de ce premier dossier CPF en anglais montre que le système fonctionne. Les circuits administratifs sont opérationnels, les certifications sont reconnues, et les formations linguistiques ont pleinement trouvé leur place dans le dispositif.
Les formations préparant au Toeic, certification internationale largement utilisée dans le monde professionnel, sont désormais finançables dans le cadre du CPF. Ce point est crucial. Il ne s’agit pas seulement d’apprendre une langue de manière informelle, mais de s’inscrire dans une logique de compétence mesurable, attestée et reconnue.
La certification joue un rôle structurant. Elle permet de traduire un niveau linguistique en indicateur lisible par les recruteurs et les entreprises. Elle crée un langage commun entre formation et marché du travail.
Se former aux langues : un investissement stratégique
Se former en anglais via le CPF ne relève pas d’une démarche scolaire tardive. C’est un investissement stratégique dans son avenir professionnel.
Dans de nombreux secteurs, la barrière linguistique agit comme un plafond invisible. Des professionnels compétents se retrouvent limités dans leurs responsabilités simplement parce qu’ils ne se sentent pas à l’aise pour travailler en anglais. Cette situation génère frustration, perte de confiance, et parfois stagnation de carrière.
La formation linguistique permet de lever ce plafond. Elle redonne de la fluidité, de l’assurance, et surtout de l’autonomie. Pouvoir participer activement à une réunion internationale ou échanger directement avec un client étranger transforme profondément la posture professionnelle.
Le CPF rend cet investissement accessible. Il réduit le frein financier et responsabilise chacun dans son parcours.
Une dynamique appelée à s’accélérer
Ce premier dossier validé n’est qu’un point de départ. La demande de formation linguistique est massive, et elle répond à des besoins très concrets du terrain. Les entreprises cherchent des collaborateurs capables d’évoluer dans des environnements multiculturels. Les salariés cherchent à sécuriser leur avenir professionnel.
Le CPF agit comme un catalyseur. Il structure l’offre, encourage la qualité pédagogique, et favorise les formations certifiantes. À mesure que le dispositif se déploie, les langues devraient continuer à occuper une place centrale dans les parcours de formation.
Cette dynamique n’est pas une mode. Elle reflète une transformation durable de l’économie du travail.
Vous aussi, vous pouvez activer votre CPF pour l’anglais
Cette première validation montre que la formation linguistique via le CPF n’est pas théorique. Elle est concrète, accessible et opérationnelle.
Chaque actif dispose aujourd’hui d’un levier pour renforcer ses compétences. Attendre que l’entreprise décide n’est plus une fatalité. Le CPF permet de prendre l’initiative.
Se former en anglais, c’est :
- augmenter sa valeur professionnelle
- élargir ses opportunités de carrière
- gagner en autonomie dans un contexte international
- sécuriser son employabilité à long terme
- transformer une faiblesse en avantage compétitif
La question n’est plus de savoir si l’anglais sera utile. Il l’est déjà. La vraie question est de savoir quand chacun décide d’investir dans cette compétence.
Le premier dossier CPF validé ouvre la voie. D’autres suivront. La formation linguistique n’est plus un luxe ni un supplément. Elle devient une composante normale du parcours professionnel moderne.
Et désormais, elle est finançable.

Enfin une bonne nouvelle dans le monde du CPF!
Par contre est-ce que vous avez plus de détails sur la mise en place et le déroulement d’une telle formation: tarifs horaires pris en charge, nombres d’heures max, est-ce que le Test TOEIC doit être passé au centre qui prépare, ou bien la préparation peut-elle avoir lieu dans n’importe quel OF? Merci 😉
Bonne question, et vous avez raison de vouloir rentrer dans le concret car c’est exactement là que tout se joue 🙂
À ce stade, le CPF ne fixe pas un tarif horaire national pour les formations en langues. Il ne dit pas “une heure d’anglais vaut X euros”. Le financement dépend du coût pédagogique proposé par l’organisme et du nombre d’heures mobilisées sur votre compte. En pratique, c’est donc un arbitrage entre votre crédit disponible, la durée de formation nécessaire pour atteindre l’objectif, et la cohérence du programme.
Concernant le nombre d’heures, il n’y a pas de plafond unique imposé par principe pour l’anglais. Ce qui prime, c’est la logique de parcours certifiant. La formation doit être construite en vue de la certification, avec une durée justifiée par votre niveau de départ et votre objectif. On sort de la logique “forfait standard” pour aller vers du sur-mesure.
Pour le TOEIC, le point important est la traçabilité. La préparation peut être réalisée par un organisme de formation habilité à proposer un parcours éligible CPF. En revanche, le passage de la certification doit se faire dans un centre agréé pour organiser le test. Ce n’est pas une obligation que ce soit physiquement le même lieu que la formation, mais l’ensemble doit s’inscrire dans un parcours cohérent, déclaré comme tel.
L’esprit du CPF est justement d’éviter les formations génériques sans débouché mesurable. La certification n’est pas un “bonus”, elle fait partie intégrante du dispositif.
Le plus simple reste de partir de votre situation : niveau actuel, objectif professionnel, délai souhaité. À partir de là, on peut dimensionner un parcours réaliste, compatible avec votre CPF, et orienté vers un résultat concret.
Merci !!! Par contre, désolé nous ne pouvons répondre à toutes ces interrogations
Y a t-il du nouveau concernant le CPF d’anglais? Existe-il d’autres possibilités sans passage à un examen?
J’ai vu « Diplôme de compétence en langue étrangère professionnelle anglais « code 139161 mais il est indiqué pour certaines brnaches professionnelles pas tous… Cela veut dire que seulement les personnes appartenant à ces branches peuvent en bénéficier?
Oui il y a du nouveau, mais la logique du CPF n’a pas changé sur le fond : pour être financée, la formation doit déboucher sur une certification. L’idée est de garantir un résultat mesurable, pas juste des heures de cours.
Donc non, dans le cadre du CPF, il n’existe pas vraiment de parcours “sans examen”. En revanche certains tests sont pensés comme des évaluations professionnelles plus que comme des examens scolaires. Le LILATE par exemple est un test orienté situation de travail, avec un échange en conditions réelles, ce qui rassure beaucoup de personnes qui ne se reconnaissent pas dans le format académique classique.
Concernant le diplôme que vous mentionnez, quand une certification est rattachée à certaines branches, ça ne veut pas dire que les autres salariés sont exclus du CPF. Ça veut surtout dire que cette certification a été construite en priorité pour ces secteurs. Si elle n’est pas mobilisable dans votre cas, il existe d’autres certifications transverses comme le LILATE ou le TOEIC qui, elles, ne sont pas limitées à une branche particulière.
Le plus simple reste de regarder les certifications accessibles depuis votre espace CPF et de choisir celle qui correspond le mieux à votre objectif pro.