La FĂ©dĂ©ration de la formation professionnelle dĂ©voile son Livre blanc « LibĂ©rer la formation » quâelle a rĂ©alisĂ© en collaboration avec le cabinet AstĂ©rĂšs dirigĂ© par Nicolas BOUZOU.

AprĂšs une Ă©tude Ă©tayĂ©e sur lâimportance croissante de la formation professionnelle pour notre pays, trois dĂ©fis sont identifiĂ©s pour la formation professionnelle :
1. CrĂ©er un vĂ©ritable continuum de formation pour tous, qui se fonde notamment sur une formation initiale plus performante ; Les cinq piliers dâune formation continue efficace
2. Optimiser et simplifier lâarchitecture du systĂšme, qui doit ĂȘtre centrĂ© sur lâindividu ;
3. LibĂ©rer lâoffre de formation pour favoriser lâinnovation dans les pratiques et une meilleure rĂ©ponse aux besoins.
Pour rĂ©pondre Ă ces dĂ©fis, la FFP formule cinq propositions fortes et systĂ©miques quâelle souhaite soumettre au dĂ©bat public :
1. Pour tous, rendre effectif un droit Ă la formation dâinitiative individuelle, universel et portable en faisant du CPF un outil simple et ouvert Ă tous types de formation
- Fusionner le CPF et le Congé Individuel à la Formation (CIF)
- Ouvrir le CPF à tous les actifs, dont agents publics et travailleurs indépendants.
- Permettre Ă chacun de mobiliser son CPF pour financer la formation quâil souhaite y compris non certifiante, sous la seule rĂ©serve que lâorganisme de formation soit « de qualitĂ© » (reconnaissance par un âlabelâ QualitĂ©).
- Confier Ă lâEtat la gestion du CPF, en sâappuyant sur la crĂ©ation dâun Fonds national pour la formation tout au long de la vie financĂ© par une contribution des entreprises payĂ©e Ă lâURSSAF Ă hauteur de 0,5% de leur masse salariale.
Ensemble des propositions pour rendre effectif un droit Ă la formation dâinitiative individuelle, universel et portable
2. Pour les jeunes, gĂ©nĂ©raliser lâalternance pour leur insertion professionnelle durable en les dotant dâun « CPF jeunes » leur permettant de financer la formation en alternance de leur choix
- Offrir Ă tous les jeunes de 15 Ă 30 ans un « CPF Jeunes » lui permettant de financer la formation en alternance de son choix (contrats dâapprentissage et de professionnalisation).
- Soutenir lâinvestissement des entreprises dans lâalternance par une exonĂ©ration pĂ©renne et complĂšte des charges sociales (exceptĂ© retraite et accidents du travail) pour tous les contrats en alternance (pro. et app.).
- Supprimer la carte rĂ©gionale des formations en apprentissage et limiter les subventions dâĂ©quilibre aux CFA Ă trois exercices.
Ensemble des propositions pour les jeunes
3. Pour les plus Ă©loignĂ©s de lâemploi, faciliter et accĂ©lĂ©rer lâaccĂšs Ă la formation en mettant un terme Ă la logique de prescription et en dĂ©veloppant un marchĂ© efficace et pluriel de lâaccompagnement professionnel
- Mettre un terme Ă toute subvention publique dâorganisme rĂ©alisant des activitĂ©s de conseil et de formation, y compris pour les personnes les plus Ă©loignĂ©es de lâemploi.
- Abonder le CPF des salariĂ©s licenciĂ©s pour cause Ă©conomique en prĂ©voyant le flĂ©chage dâune fraction des indemnitĂ©s perçues vers leur CPF en sâappuyant sur un rĂŽle pilote des RĂ©gions.
- RĂ©former le systĂšme de certification professionnelle pour lâadapter aux nouvelles modalitĂ©s de reconnaissance de la compĂ©tence (badges numĂ©riques, rĂ©seaux sociaux professionnels etc.) et pour lâĂ©largir aux compĂ©tences transverses et transfĂ©rables qui sont essentielles Ă lâemployabilitĂ©.
Ensemble des propositions faciliter et accĂ©lĂ©rer lâaccĂšs Ă la formation
4. Pour les entreprises et les individus, encourager lâinvestissement dans les compĂ©tences par une incitation fiscale et par la crĂ©ation dâun label « capital humain » pour les PME
- Instaurer un crĂ©dit dâimpĂŽt formation pour les employeurs qui investissent dans la formation de leurs salariĂ©s,
- Instaurer un crĂ©dit dâimpĂŽt formation pour les individus abondant eux-mĂȘmes leur CPF.
- Etudier la possibilitĂ© et lâopportunitĂ© de confier Ă BPIFrance la crĂ©ation dâun label « Capital humain » pour les PME investissant dans la formation de leurs salariĂ©s.
Ensemble des propositions encourager lâinvestissement dans les compĂ©tences
5. Pour notre pays, adapter la gouvernance du systĂšme au XXIe siĂšcle en limitant le nombre dâacteurs, en clarifiant les responsabilitĂ©s de chacun et en renforçant lâĂ©valuation des politiques publiques de formation
- Renforcer lâĂ©valuation des politiques publiques de formation en la confiant Ă un organisme indĂ©pendant composĂ© dâexperts en nombre restreint.
- Organiser chaque année une consultation nationale et régionale sur la formation professionnelle qui fasse participer les bénéficiaires de la formation.
- Clarifier les responsabilités des acteurs : Etat, Régions, Partenaires sociaux, Employeurs (publics et privés) et Individus
Ensemble des propositions pour adapter la gouvernance du systĂšme de formation
Ces propositions ont Ă©tĂ© remises au cabinet du Premier ministre lundi 20 juin, a annoncĂ© le prĂ©sident de la FFP. Des tables-rondes seront organisĂ©es autour dâelles Ă partir du mois dâoctobre, et un colloque se tiendra le 18 novembre au Conseil Ă©conomique, social et environnemental (Cese) sur le âCapital humain et la formationâ.
Télécharger les 74 pages du livre Libérer la formation sur le site de la FFP

Jamais la Gauche ne voudra admettre qu’elle s’est totalement fourvoyĂ©e avec ses partenaires sociaux et le dĂ©comptage d’heures de formation (une heure financĂ©e pour 24 h portĂ©es sur le CPF).
On pourra tordre le CPF dans tous les sens, tenter de l’aligner sur le CIF, ou lui octroyer 0,5 % de la masse salariale (hors TPE on imagine) on ne sortira pas ainsi du marasme Ă©ducatif qui touche toute la formation depuis la « rĂ©forme » de 2014.
Cette dĂ©marche de comptage d’heures de formation est totalement vaine, contre productive, couteuse en temps et en Ă©nergie pour tout le monde.
Si je comprends bien, cette proposition, si elle Ă©tait adoptĂ©e, signifierait la fin des OPCA et des organismes publics et parapublics de formation? Et peut-ĂȘtre aussi de l’implication des branches et des rĂ©gions dans la gouvernance du systĂšme?
Autre question : le financement. Si on ouvre ainsi largement le CPF en rendant non obligatoire les parcours certifiĂ©s et en simplifiant les dĂ©marches, mĂȘme avec une contribution accrue de 0,5% de la masse salariale de la part des entreprises, y aurait-il suffisamment de fonds pour rĂ©pondre aux besoins?
Au stade oĂč on en est, c’est un livre noir qu »il faudrait Ă©crire. Et ce n’est pas le CPF superstar qui va sauver le secteur de la formation du marasme. J’aime bien ce : « Mettre un terme Ă toute subvention publique dâorganisme rĂ©alisant des activitĂ©s de conseil et de formation, y compris pour les personnes les plus Ă©loignĂ©es de lâemploi. », qui montre du doigt sans oser le faire.