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CPF 2026 : ce que les entreprises doivent comprendre maintenant

Arnaud29 janvier 202629 janvier 2026

La transformation du CPF engagée cette année ne concerne pas uniquement les actifs.
Elle modifie en profondeur la place de l’entreprise dans le système de formation professionnelle.

Pendant plusieurs années, beaucoup d’organisations ont vécu le CPF comme un dispositif périphérique, largement individuel, parfois subi, rarement piloté. Cette période touche à sa fin.

Le retour de l’entreprise au centre du jeu

Avec le plafonnement des droits mobilisables par formation et la restriction de certains usages, le CPF ne peut plus fonctionner comme un outil autonome.
Il devient un levier incomplet, qui nécessite presque systématiquement un arbitrage ou un complément.

Pour les entreprises, cela signifie une chose essentielle.
Le CPF redevient un sujet de dialogue social et managérial, et non plus un mécanisme parallèle échappant aux politiques internes.

Ce retour au centre n’est pas anodin > Il redonne de la cohérence aux stratégies compétences, mais impose aussi un changement de posture.

D’un risque subi à une responsabilité assumée

Pendant longtemps, le CPF a été associé à deux sentiments contradictoires chez les employeurs.
D’un côté, l’impression de perdre la main sur les parcours de formation.
De l’autre, la crainte de mécanismes contraignants, comme l’abondement correctif, vécus comme des sanctions automatiques.

Les évolutions récentes modifient cet équilibre.

  • Moins de risques juridiques imprévisibles CF : Fin de l’abondement correctif.
  • Moins de sanctions mécaniques.
  • Mais en contrepartie, une responsabilité plus directe dans l’orientation des parcours.

La formation cesse d’être un risque à éviter. Elle redevient un levier à piloter.

Le cofinancement devient la norme

Dans le nouveau cadre, le CPF seul permet rarement de financer une formation structurante.
Plafonds, ticket modérateur, restrictions d’usage conduisent mécaniquement à une conclusion simple.

Sans cofinancement, beaucoup de projets resteront inaboutis.

Pour les entreprises, cela ouvre un champ stratégique.
En abondant de manière ciblée, elles peuvent :

  • orienter les choix de formation,
  • sécuriser les parcours,
  • neutraliser certains freins financiers,
  • et surtout aligner les compétences développées avec les besoins réels.

Le cofinancement n’est plus une exception. Il devient un outil de gouvernance des compétences.

Des priorités compétences plus lisibles

Le recentrage du CPF favorise indirectement certaines catégories de formations.
Celles qui ont un impact direct sur l’employabilité, la performance et l’adaptation des équipes.

Les entreprises sont particulièrement concernées sur :

  • les compétences linguistiques appliquées au contexte professionnel,
  • la bureautique et les outils numériques avancés,
  • l’intelligence artificielle et ses usages métiers,
  • les soft skills directement mobilisables dans l’activité quotidienne.

Dans ce nouveau cadre, les formations opportunistes reculent. Les formations utiles, contextualisées et mesurables prennent davantage de valeur.

Un changement de posture pour les RH

Le rôle des RH évolue profondément.

Il ne s’agit plus seulement d’informer sur les droits CPF ou de valider des demandes.
Il s’agit d’accompagner des choix, de structurer des parcours et d’arbitrer des priorités.

Les responsables formation deviennent des architectes de compétences.
Ils traduisent les contraintes réglementaires en décisions stratégiques.
Ils transforment un dispositif contraint en outil de performance collective.

Ce changement de posture est exigeant, mais il est aussi porteur de sens.

Anticiper plutôt que subir

Les entreprises qui subiront le plus ces évolutions seront celles qui continueront à considérer le CPF comme un sujet périphérique. À l’inverse, celles qui s’en saisiront dès maintenant pourront transformer ces contraintes en avantage compétitif.

  • Anticiper les règles.
  • Clarifier les priorités compétences.
  • Structurer les politiques d’abondement.
  • Dialoguer avec les salariés.

Le CPF 2026 n’est pas une fin : c’est un nouveau cadre !

Transformer la contrainte en stratégie

Les évolutions réglementaires récentes ne signent pas la fin de la formation.
Elles marquent la fin d’un modèle déséquilibré.

Pour les entreprises, une opportunité s’ouvre. Celle de reprendre la main sur les compétences, sans subir des mécanismes opaques ou punitifs.

C’est précisément dans cette phase de transition que l’accompagnement stratégique prend tout son sens ! Qu’en pensez-vous ?

abondement, compétences, CPF, plafonnement des droits mobilisables, reforme

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6 thoughts on “CPF 2026 : ce que les entreprises doivent comprendre maintenant”

  1. Dimitri dit :
    29 janvier 2026 à 12 h 06 min

    Soyons franc, cela signifie aussi qu’un salarié qui souhaite se reconvertir dans un domaine porteur ne pourra plus le faire.

    Répondre
    1. Arnaud dit :
      29 janvier 2026 à 12 h 20 min

      Oui, dans le cadre 2026, une reconversion financée uniquement par le CPF devient difficile sans abondement complémentaire…
      Exception importante toutefois : lorsque la formation mène à une certification inscrite au RNCP, le plafonnement ne s’applique pas de la même façon et ainsi la reconversion reste finançable !

      Répondre
  2. Jerome Chouraqui dit :
    30 janvier 2026 à 2 h 24 min

    Merci pour vos analyses, que je lis régulièrement : elles sont généralement claires, structurées, et utiles pour comprendre les évolutions du CPF.

    En revanche, je reste très partagé à la lecture de cet article (et des derniers sur le changement de régime du CPF), car le ton me semble excessivement “béat” face aux nouvelles règles, comme si ces changements allaient naturellement dans le bon sens – alors qu’ils posent, à mon sens, de vrais problèmes de fond.

    1. CPF “au centre de l’entreprise” : en quoi est-ce différent du Plan de développement des compétences ?
    Historiquement, la différence était simple :

    – le PDC = formation choisie/pilotée par l’employeur,

    – le CPF = choix du salarié, donc un espace d’autonomie.
    Si le CPF devient structurellement dépendant d’un cofinancement et donc, de fait, d’un arbitrage employeur, on réduit mécaniquement la capacité d’un salarié à se former “hors ligne” de l’entreprise. Avant, le CPF permettait justement de financer une formation qui n’était pas forcément “du goût” de l’employeur. Demain, beaucoup n’auront tout simplement plus les moyens, donc ils renonceront.

    2. Heures de travail / hors temps de travail : quel régime concret désormais ?
    Le “P” de CPF, c’est “personnel”. Dans l’esprit, cela s’exerçait souvent en dehors du temps de travail (sauf accord).
    Or si l’entreprise est désormais appelée à cofinancer / co-piloter, qu’en est-il :

    – la formation bascule-t-elle plus souvent sur le temps de travail ?

    – quels sont les principes, les limites, les arbitrages, et les conséquences managériales/DRH ?
    C’est un point très concret, et il manque ici.

    3. Et les publics non-salariés / sans employeur : demandeurs d’emploi, intermittents, indépendants, créateurs d’activité…
    Votre article raisonne comme si le CPF se jouait principalement dans un face-à-face salarié/entreprise. Or une partie importante des titulaires du CPF ne rentre pas dans ce schéma :

    – demandeurs d’emploi : comment financent-ils le “reste à charge” si le CPF est plafonné et si les formations (notamment certifiantes) dépassent souvent le montant disponible ? Qui abonde, selon quelles règles, avec quels délais ?

    – intermittents, indépendants, personnes qui quittent une entreprise et deviennent libéraux : comment fait-on si l’“entreprise au centre” n’existe pas, ou plus ?
    Sans clarification, on a l’impression que le système devient viable surtout pour les salariés en poste dans des entreprises qui acceptent d’abonder – et beaucoup moins pour les autres.

    En bref : oui, vos articles sont utiles, mais sur ce sujet j’aimerais une approche moins “communication institutionnelle” et plus critique/terrain : qui perd réellement en autonomie ?, qui finance quoi ?, et que se passe-t-il pour tous ceux qui n’ont pas (ou plus) d’employeur pour cofinancer ?
    Si vous traitiez ces cas (demandeurs d’emploi, intermittents, indépendants, transitions pro), vos analyses gagneraient encore en crédibilité et en valeur.

    Répondre
    1. Arnaud dit :
      30 janvier 2026 à 23 h 30 min

      Merci Jerome pour ce retour. Honnêtement, c’est l’un des commentaires les plus construits et les plus utiles que nous ayons reçus sur le sujet, donc merci d’avoir pris le temps.

      Vous mettez le doigt sur des points de fond très réels. Autonomie du salarié, bascule implicite vers l’arbitrage employeur, zones grises sur le temps de travail, angle mort des publics sans employeur. Ce sont exactement les sujets que nous voulons creuser.

      Pour être transparent, cet article précis était volontairement écrit du point de vue des employeurs, car c’est aujourd’hui eux qui cherchent à comprendre ce que l’État attend d’eux dans ce nouveau cadre. Cela explique le prisme choisi, pas une adhésion “béate” au mécanisme.

      La suite arrive très vite. Nous allons traiter ces sujets sur plusieurs publications, avec une approche beaucoup plus terrain et critique. Une tribune collective des acteurs de la compétence paraîtra mardi à l’AEF, que nous relaierons, car elle met en lumière des déséquilibres réels et des injustices dans le dispositif actuel.

      Vos remarques nourrissent directement cette réflexion. Ne les voyez pas comme perdues dans un fil de commentaires, elles sont clairement dans la pile des sujets à traiter dès la semaine prochaine.

      Répondre
  3. Jerome Chouraqui dit :
    31 janvier 2026 à 15 h 37 min

    Merci Arnaud pour ta réponse – et pour la transparence sur le prisme “employeurs”, je comprends totalement l’intention (et ça a du sens).

    Je suis rassuré que tu voies les angles morts comme des sujets à traiter, parce que c’est là que, sur le terrain, ça coince déjà (ou ça va coincer très vite).

    Si je peux te suggérer 3 axes très “opérationnels” à creuser, qui aideraient vraiment à sortir du débat théorique :

    1. Temps de travail / hors temps de travail
    Quand il y a cofinancement employeur (ou “accord” implicite), on passe sur quel régime concret ?
    Quelles règles, quelles pratiques attendues, et surtout quels risques (pression managériale, inégalités selon les boîtes, etc.) ?

    2. Publics sans employeur
    Demandeurs d’emploi : qui abonde, comment, dans quels délais, avec quels critères ?
    Intermittents / multi-employeurs / indépendants / créateurs d’activité : on fait comment quand “l’entreprise au centre” n’existe pas ?

    3. Effet réel du plafonnement + ticket modérateur
    Dans la vraie vie, sur une formation certifiante un peu sérieuse (souvent > montant CPF dispo), qui met la différence ?
    Et si personne ne la met, on ne crée pas juste un CPF “à deux vitesses” (ceux qui ont une entreprise qui abonde vs les autres) ?

    Je note pour la tribune AEF de mardi : je la lirai avec attention. Si tu veux, je peux aussi te partager quelques cas très concrets issus de nos échanges avec des actifs en transition et des publics “hors CDI classique” (ça illustre bien les injustices que tu évoques).

    Encore merci pour l’écoute – et bravo si vous arrivez à traiter ça de manière terrain, parce que le sujet mérite vraiment mieux qu’un discours lisse.

    Répondre
    1. Arnaud dit :
      2 février 2026 à 10 h 29 min

      Merci Jérôme pour votre message, il est précieux parce qu’il remet exactement le débat au niveau du terrain.

      En attendant la tribune de demain, j’ai publié samedi un article sur la vision des acteurs de la compétence.
      https://cpformation.com/plafonnement-du-cpf-les-acteurs-de-la-competence-denoncent-des-mesures-brutales/
      Je pense qu’il devrait vous parler, justement parce qu’il pose ces tensions sans les lisser.

      Et nous allons suivre vos suggestions très concrètement : cette semaine on creuse cible par cible, avec des cas réels. Si vous souhaitez partager des situations terrain, n’hésitez pas à témoigner en précisant d’où vous parlez, et dites-nous aussi si vous êtes à l’aise pour être cité dans nos développements. https://cpformation.com/plafonnement-du-cpf-comment-le-marche-va-t-il-reagir/

      Merci encore pour la qualité de l’échange.

      Répondre

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