Le dĂ©cret 2025-1156, publiĂ© le 4 dĂ©cembre 2025, modifie en profondeur lâordre dans lequel la Caisse des DĂ©pĂŽts mobilise les ressources pour financer une formation CPF.
Câest un volet essentiel de la construction du CPF coconstruit, qui sâappuie sur une logique simple : clarifier comment sont utilisĂ©s les financements avant quâun employeur nâabonde ou ne planifie une montĂ©e en compĂ©tences.
Voici ce que les entreprises doivent retenir.
1. Une nouvelle hiĂ©rarchie dans lâusage des financements
Lorsquâun salariĂ© sâinscrit Ă une formation, la Caisse des DĂ©pĂŽts suit dĂ©sormais un ordre strict pour financer le dossier.
PremiÚre étape : les dotations et alimentations spécifiques
Avant toute chose, la Caisse des DépÎts utilise les ressources suivantes :
- dotations prĂ©vues par les accords dâentreprise ou de branche
- dotations employeurs versées en amont
- budgets dĂ©diĂ©s, lorsquâils ont Ă©tĂ© versĂ©s dans les conditions prĂ©vues par le Code du travail
- dotations issues dâaccords collectifs
- dotations prévues dans certains dispositifs légaux (dont la loi du 9 décembre 2016)
Ces ressources passent en premier, ce qui a une conséquence directe :
si votre entreprise choisit dâalimenter le CPF de certains salariĂ©s, cette enveloppe sera utilisĂ©e avant leurs droits individuels.
Câest un changement majeur par rapport Ă lâancien fonctionnement.
DeuxiÚme étape : les droits individuels du salarié
Une fois les dotations spécifiques consommées, la CDC mobilise les droits acquis par le titulaire :
- droits cumulés sur le CPF
- éventuels reliquats issus du DIF encore présents
TroisiÚme étape : les abondements tiers
Si le coût de la formation dépasse ce qui précÚde, la CDC utilise les abondements :
- employeurs
- France Travail
- OPCO
- assurance maladie
- collectivités
- autres financeurs autorisés
2. Pourquoi ce changement est important pour les entreprises
Cette nouvelle hiérarchie a été pensée pour rendre les abondements employeurs plus lisibles et mieux articulés avec les droits individuels.
Pour les entreprises, cela apporte trois bénéfices immédiats.
1. Une meilleure maĂźtrise des budgets internes
Toute dotation que vous versez avant lâinscription est utilisĂ©e en prioritĂ©.
Cela Ă©vite les situations oĂč un employeur alimente le CPF dâun salariĂ© alors que celui ci avait dĂ©jĂ suffisamment de droits.
2. Une cohérence accrue avec les dispositifs de montée en compétences
Ce dĂ©cret sâintĂšgre dans le mouvement du CPF coconstruit.
Lâentreprise est mieux placĂ©e pour piloter la montĂ©e en compĂ©tences sur les compĂ©tences critiques :
- langues étrangÚres
- techniques métier
- certifications obligatoires
- compétences logicielles
3. Une simplification dans les plans de financement
Lâordre de mobilisation devient transparent.
Vous pouvez anticiper le reste Ă charge Ă©ventuel ou lâintĂ©grer dans un accord collectif.
3. Ce que les employeurs doivent faire maintenant
- Vérifier si votre entreprise souhaite alimenter ou abonder le CPF de maniÚre proactive en 2025 et 2026.
- Mettre à jour les procédures RH internes pour intégrer cette nouvelle hiérarchie.
- Communiquer auprÚs des salariés sur le fonctionnement du CPF coconstruit.
- Anticiper les besoins en formation et vĂ©rifier lâintĂ©rĂȘt dâutiliser les dotations prĂ©vues par les accords dâentreprise.
Conclusion
Le dĂ©cret 2025-1156 donne un cadre clair Ă lâusage des financements du CPF.
Il permet aux entreprises dâorganiser leurs dotations avant les droits individuels pour mieux maĂźtriser leur stratĂ©gie de montĂ©e en compĂ©tences.
Câest une Ă©tape essentielle dans la modernisation du CPF et dans lâĂ©quilibre entre initiative individuelle et stratĂ©gie collective.
