Sur CPFormation, on ne fait pas de politique.
Ce n’est pas le sujet.
Notre ligne est simple et constante : informer sur les règles réelles du CPF, leurs évolutions, et leurs conséquences concrètes pour les utilisateurs et les acteurs de la compétence.
Et sur le financement du permis de conduire via le CPF, un dernier épisode institutionnel est en train de se jouer.

Ce qui a été voté
Dans le cadre du projet de loi de finances pour 2026, le gouvernement a acté une restriction majeure :
le financement du permis de conduire par le CPF est désormais réservé aux seuls demandeurs d’emploi.
Les salariés en poste en sont exclus, alors même que le permis peut constituer une condition d’accès, de maintien ou d’évolution dans l’emploi.
Cette mesure figure bien dans le texte budgétaire définitivement adopté, après recours à l’article 49.3 et rejet du budget par le Sénat.
Pourquoi le Conseil constitutionnel entre en jeu
Une fois le budget adopté par le Parlement, il ne reste plus qu’un seul levier institutionnel pour en contester certaines dispositions :
la saisine du Conseil constitutionnel.
C’est un ultime recours, strictement juridique, qui ne porte pas sur l’opportunité politique d’une mesure mais sur sa conformité à la Constitution.
C’est précisément ce qu’a décidé de faire un groupe parlementaire.
Les arguments avancés
Dans sa saisine, le groupe explique que la restriction du CPF au seul public des demandeurs d’emploi méconnaît le principe d’égalité devant la loi.
Je cite :
« Les demandeurs d’emploi et les travailleurs liés par un contrat de travail en cours sont aussi bien les uns que les autres susceptibles d’avoir besoin d’un permis de conduire pour les nécessités de leur travail en cours ou à venir. »
Le groupe estime également que cette limitation ne répond pas à « un motif d’intérêt général suffisant », condition pourtant nécessaire pour justifier une différence de traitement entre citoyens.
Autrement dit, l’argument n’est pas budgétaire ou idéologique, mais juridique :
le permis de conduire serait une compétence professionnelle transversale, utile indépendamment du statut sur le marché du travail.
Un point important pour les utilisateurs du CPF
Cette démarche ne remet pas en cause le principe du CPF, ni l’ensemble des arbitrages budgétaires de 2026.
Elle vise un point précis, très concret, très opérationnel :
l’éligibilité du permis de conduire comme action mobilisable via le CPF.
Si le Conseil constitutionnel venait à censurer cette disposition, le cadre pourrait évoluer à nouveau.
S’il la valide, la restriction deviendra pleinement définitive.
Et le parti à l’origine de ce recours est…
Le Rassemblement national.
D’autres formations politiques, y compris issues de l’opposition ou de la majorité, ont déjà annoncé ou pourraient annoncer leur propre saisine sur le budget 2026.
Rien n’exclut donc que ce sujet précis fasse l’objet de convergences inattendues.
Nous continuerons à suivre cette séquence, sans commentaire politique, mais avec un seul prisme :
celui de la compétence, du droit et des impacts concrets pour les utilisateurs du CPF.
