La Commission nationale de la certification professionnelle (CNCP) livre son bilan pour l’annĂ©e 2016. Elle a notamment cherchĂ© Ă renforcer la lisibilitĂ© de son rĂ©pertoire et Ă dĂ©velopper le dĂ©ploiement des blocs de compĂ©tences dans les fiches RNCP.
Créée par la loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002, la CNCP, Commission nationale de la certification professionnelle, est placĂ©e sous l’autoritĂ© du ministre en charge de la formation professionnelle.
Rappel des missions de la CNCP
- RĂ©pertorier lâoffre de certifications professionnelles (rĂ©pertoire national des certifications professionnelles (RNCP) : enregistrement de droit et enregistrement sur demande).
- Veiller Ă la cohĂ©rence, Ă la complĂ©mentaritĂ© et au renouvellement des diplĂŽmes et des titres ainsi qu’Ă leur adaptation Ă l’Ă©volution des qualifications et de l’organisation du travail.
- Rendre un avis public prĂ©alablement Ă lâĂ©laboration et Ă la crĂ©ation des certifications professionnelles enregistrĂ©es de droit dans le rĂ©pertoire national.
- RĂ©aliser lâĂ©valuation publique des certificats de qualification professionnelle.
- Signaler les éventuelles correspondances entre certifications.
- Elaborer une nouvelle nomenclature des niveaux de certification.
- Recenser dans un inventaire spécifique les certifications et habilitations correspondant à des compétences transversales exercées en situation professionnelle.
Soucieuse de la qualitĂ© des certifications enregistrĂ©es dans son RĂ©pertoire, la Commission a renforcĂ© Ă nouveau ses exigences en ce qui concerne dâune part la construction des certifications en termes dâingĂ©nierie( de sorte Ă favoriser une plus grande maĂźtrise de la logique « compĂ©tences »), et en ce qui concerne dâautre part les donnĂ©es dâinsertion sur le marchĂ© de lâemploi.
Elle a aussi recherchĂ© une plus grande lisibilitĂ© du rĂ©pertoire en accentuant ses propositions de changement dâintitulĂ© des certifications pour tendre vers une plus grande harmonisation des libellĂ©s en lien avec le niveau dâenregistrement accordĂ© et une mise en Ă©vidence du mĂ©tier visĂ© par la certification.
La Commission sâest prononcĂ© sur 670 dossiers (15 dossiers ont fait lâobjet dâun retrait), 80 % dâentre eux ont fait lâobjet dâun avis favorable, 11 % dâun avis dĂ©favorable, 7 % dâun ajournement et 2 % ont connu un report.
80 % des certifications ayant fait lâobjet dâun avis favorable, certificats de qualification professionnelle compris, proviennent dâĂ©tablissements privĂ©s. Les plus reprĂ©sentatifs sont les sociĂ©tĂ©s anonymes â sociĂ©tĂ© par actions simplifiĂ©es (46 %) et les associations Ă but non lucratif – loi 1901 (45 %).
Les certifications de niveau II représentent 29 % des certifications délivrées par les organismes privés ; 21,7 % relÚvent du niveau I ; 16,4 % du niveau III.
Le déploiement des blocs de compétences
La mise en Ćuvre des blocs de compĂ©tences est entrĂ©e en vigueur dĂšs le 1er janvier 2015. Faisant partie des dispositions de la Loi du 5 mars 2014, ils sont dĂ©crits comme « parties identifiĂ©es de certification professionnelle ».
Les blocs de compĂ©tences ont pour objectif la sĂ©curisation des parcours professionnels. Ils doivent ĂȘtre facilement repĂ©rables et utilisables dans le cadre de la formation tout au long de la vie. Ils sâinscrivent aussi dans une logique dâĂ©ligibilitĂ© aux dispositifs de financement.
La procĂ©dure dâenregistrement des blocs de compĂ©tences sur des fiches RNCP dĂ©jĂ publiĂ©es a Ă©tĂ© dĂ©finie par la Commission dĂšs le printemps 2015. Un document dĂ©crivant ses caractĂ©ristiques et modalitĂ©s a Ă©tĂ© publiĂ© Ă lâattention des organismes certificateurs.
En 2016, des organismes certificateurs ont sollicité le secrétariat de la Commission pour que soient insérés les premiers blocs de compétences. 187 certifications déjà enregistrées sur demande au RNCP étaient ciblées.
Parmi ces demandes, 163 fiches RNCP ont intégré des blocs de compétences. Pour les 24 certifications restantes, des échanges ont été noués avec les autorités certificatrices afin que celles-ci se conforment aux recommandations de la commission.
A noter : la structuration en blocs de compétences a conduit à la mise à jour de nombreuses fiches du RNCP.
Quelles questions posent les internautes ?
Parmi les 3 000 demandes reçues par mail par la CNCP, 58 % portent sur le rĂ©pertoire et l’inventaire. Les internautes sollicitent la Commission sur lâenregistrement au RNCP, la rĂ©glementation et la consultation du rĂ©pertoire.
17 % concernent l’inventaire de la CNCP et le CPF. Les questions gĂ©nĂ©rales du type « comment rendre mes formations certifiantes et Ă©ligibles au CPF ? » restent majoritaires, suivies par les demandes concernant le CPF, l’inscription dâune formation sur les listes ou sur le compte du demandeur, puis par les questions plus prĂ©cises sur la procĂ©dure de recensement Ă lâinventaire, et enfin sur sa (difficile) consultation.
La CNCP est perçue comme lâorganisme compĂ©tent pour le CPF : elle enregistre et recense des certifications, elle Ă©tablit les listes de formations Ă©ligibles au CPF et attribue les codes CPF, etc.
PrĂšs de 4 % des questions portaient sur les formations : Les questions de cette rubrique portent sur les dates, programme et durĂ©e des dispositifs, les modalitĂ©s de recrutement, les possibilitĂ©s de financement, les possibilitĂ©s dâallĂšgement de formation, les formations existantes dans une rĂ©gion dĂ©terminĂ©e, le « sĂ©rieux » de la formation ou dâun organisme, les demandes de conseil, etc.
Les possibilités de formation à distance sont également présentes. Les internautes sont adressés aux certificateurs ou à leurs organismes partenaires, ou encore à leur CARIF/OREF.
Et la CNCP dans les mois Ă venir ?
En 2017, la CNCP s’est engagĂ©e dans une nouvelle Ă©tape visant Ă favoriser la reconnaissance de blocs de compĂ©tences entre diffĂ©rents certificateurs, ce qui serait de nature Ă faciliter lâaccĂšs Ă une certification par Ă©tapes tout au long de la vie.
Dans son rapport sur les CQP, le CESE a mis lâaccent sur des perspectives dâĂ©volution pour la CNCP qui passent notamment par un changement potentiel de statut, une augmentation de ses moyens, un accroissement de son rĂŽle comme Ă©valuateur.
Rapport d’activitĂ©s 2016 CNCP :
http://www.cncp.gouv.fr/sites/default/files/media/r2016v123finalga.pdf
