LâAFDET et le CĂ©req ont interrogĂ© les diffĂ©rents acteurs concernĂ©s par les certifications professionnelles. La publication « Les blocs de compĂ©tences dans le systĂšme français de certification professionnelle : un Ă©tat des lieux » fait part de leurs principaux constats et analyses.
Dans la publication « Les blocs de compĂ©tences dans le systĂšme français de certification professionnelle : un Ă©tat des lieux« , le CĂ©req s’interroge sur la place des blocs de compĂ©tences dans la formation : « est-ce que le dĂ©coupage en blocs de compĂ©tences constitue, pour les individus, un facteur facilitateur d’accĂšs Ă l’emploi par l’acquisition de certifications « intermĂ©diaires », avec le risque de leur faible reconnaissance sur le marchĂ© du travail ? Ou bien n’est-ce pas le ferment de remise en cause d’un systĂšme des certifications construit dans une logique d’acquisition d’une qualification complĂšte comportant les bases de savoirs permettant d’accompagner les personnes tout au long de leurs parcours professionnels, au dĂ©triment peut-ĂȘtre de leur « employabilitĂ© » immĂ©diate ? »
Les problĂ©matiques rencontrĂ©es au cours des enquĂȘtes ou auditions menĂ©es dans cette Ă©tude, rĂ©vĂšlent des oppositions entre logique de formation et logique dâemploi, entre formation initiale et continue, entre lâĂ©cole et lâentreprise, comme si chacune reprĂ©sentait un univers homogĂšne et radicalement Ă©tranger Ă lâautre.
Dans le contexte de la formation, le dĂ©coupage des diplĂŽmes ou des titres en unitĂ©s capitalisables, imaginĂ© dans les annĂ©es 1990 pour permettre un accĂšs progressif des jeunes non qualifiĂ©s Ă des certifications publiques dans le cadre de dispositifs de formation de type « seconde chance », trouve une nouvelle lĂ©gitimitĂ© aujourdâhui, pour un public plus large, dans le cadre du CPF.
A noter : selon certains des interlocuteurs interrogés, les blocs de compétences, les CQP, les unités capitalisables certifient au mieux la capacité à exercer une activité professionnelle déterminée (voire un poste de travail) mais non pas un métier.
La réflexion sur les blocs de compétences amÚne chaque certificateur à revisiter son ingénierie de certification et à en repréciser les éléments clés et les process.
La difficile dĂ©finition d’un bloc de compĂ©tences
L’Ă©tude pointe la difficultĂ© Ă donner une dĂ©finition acceptĂ©e unanimement par l’ensemble des professionnels de la formation. Elle prĂ©cise que :
« Si lâon considĂšre que les blocs issus du dĂ©coupage dâune certification doivent non seulement constituer une Ă©tape vers la certification, mais aussi faciliter lâaccĂšs Ă certains des emplois visĂ©s par celle-ci, le bloc ne peut ĂȘtre quâun assemblage cohĂ©rent dâun nombre suffisant de ressources mobilisables (savoirs, savoir-faire, savoir-ĂȘtre) pour faire face Ă une classe de situations professionnelles. En ce sens, un bloc ne peut se rĂ©sumer Ă un seul savoir-faire.
Par ailleurs, pour des raisons liĂ©es Ă la fois Ă la lisibilitĂ© des fiches RNCP, mais aussi Ă lâorganisation des dispositifs dâĂ©valuation, et au nombre maximum dâĂ©preuves auquel pourront ĂȘtre soumis les candidats, le nombre de blocs (dont dĂ©pend bien sĂ»r la taille de chacun), ne peut dĂ©passer un certain seuil. La CNCP avait, dans un premier temps, arrĂȘtĂ© Ă sept ce nombre, avant de prĂ©ciser que câĂ©tait Ă titre indicatif, pour tenir compte des rĂšgles strictes auxquels sont soumis certains certificateurs en matiĂšre dâĂ©preuves dâĂ©valuation. »
Toutefois, la majoritĂ© des interlocuteurs interrogĂ©s ont clairement positionnĂ© le bloc comme indissociable de la perspective dâobtention du diplĂŽme, titre ou certificat dont il est une composante.
Pour le COPANEF :
 » Les blocs de compĂ©tences se dĂ©finissent comme des Ă©lĂ©ments identifiĂ©s dâune certification professionnelle sâentendant comme un ensemble homogĂšne et cohĂ©rent de compĂ©tences. Ces compĂ©tences doivent ĂȘtre Ă©valuĂ©es, validĂ©es et tracĂ©es. Sous ces conditions, elles constituent une partie identifiĂ©e de la certification professionnelle. Le « bloc de compĂ©tences » sâapparente Ă une activitĂ© ou un domaine dâactivitĂ© au sein dâune certification professionnelle « .
Pour la CNCP :
 » Au sein d’une certification professionnelle enregistrĂ©e au RNCP, les blocs de compĂ©tences se dĂ©finissent comme des ensembles homogĂšnes et cohĂ©rents de compĂ©tences. Tout bloc de compĂ©tences ne fait aucunement rĂ©fĂ©rence Ă un bloc de formation ni Ă un contenu de formation. Chaque bloc doit donner lieu Ă une Ă©valuation et une validation. »
Quelle vision des compétences par les ministÚres certificateurs ?
Quel que soit le ministĂšre certificateur trois soucis majeurs se retrouvent :
- le maintien de la valeur du diplĂŽme ou titre professionnel en tant quâensemble structurĂ© de compĂ©tences caractĂ©risant un mĂ©tier et reconnu sur le marchĂ© du travail ;
- la nĂ©cessitĂ© de sortir dâune logique du « tout ou rien » afin de faciliter les constructions de parcours tant en formation initiale quâen formation continue et lâaccĂšs Ă la certification par la voie de la VAE ou de permettre une employabilitĂ© immĂ©diate par lâattestation de compĂ©tences liĂ©es Ă un poste de travail ;
- la recherche dâune fluiditĂ© accrue permettant lâaccĂšs au diplĂŽme ou au titre par lâidentification de blocs de compĂ©tences communs Ă diverses certifications permettant des articulations (par exemple, entre CQP et diplĂŽmes/titres, entre diplĂŽmes).
Pour aller plus loin :
Les blocs de compétences dans les diplÎmes professionnels

bonjour Sandrine,
tout ceci encore un peu flou pour moi; je suis un centre de formation en langues basĂ© en Guadeloupe; les gens veulent faire de l’anglais avec leur compte CPF; je suis dĂ©jĂ inscrite sur EDOF mais le n° rncp le plus proche serai quoi?
cordialement
Mme Desplan