La circulaire DGEFP n°2001-22 du 20 juillet 2001
Formation professionnelle continue
ContrĂŽle
MINISTĂRE DE LâEMPLOI
ET DE LA SOLIDARITĂ
DĂ©lĂ©gation gĂ©nĂ©rale Ă lâemploi
et Ă la formation professionnelle
Circulaire DGEFP no 2001-22 du 20 juillet 2001 relative aux formations ouvertes et/ou Ă distance « FOAD » : dĂ©finition, obligations des prestataires, imputabilitĂ© des dĂ©penses sur lâobligation de participation des employeurs
NORÂ :Â Â MESF0110049C
(Texte non paru au Journal officiel)
RĂ©sumé : la prĂ©sente circulaire a pour objet de prĂ©ciser les obligations des prestataires de formation et lâimputabilitĂ© des dĂ©penses sur lâobligation de participation des employeurs, dans le cas de mise en Ćuvre de formations ouvertes et/ou Ă distance.
La dĂ©lĂ©guĂ©e gĂ©nĂ©rale Ă lâemploi et Ă la formation professionnelle Ă Madame et Messieurs les prĂ©fets de rĂ©gion (directions rĂ©gionales du travail, de lâemploi et de la formation professionnelle) ; Mesdames et Messieurs les prĂ©fets de dĂ©partement (directions dĂ©partementales du travail, de lâemploi et de la formation professionnelle).
    Lâouverture de la formation professionnelle Ă de nouvelles modalitĂ©s de formation et Ă lâusage des technologies de lâinformation et de la communication ouvre un champ trĂšs Ă©tendu pour des initiatives novatrices en vue dâune meilleure adaptation de la formation aux besoins des salariĂ©s et aux exigences de la vie professionnelle. A condition quâelles correspondent Ă une rĂ©elle valeur formative et quâelles respectent les rĂšgles et principes qui sont rappelĂ©s dans cette circulaire, ces Ă©volutions doivent ĂȘtre encouragĂ©es.
Les technologies de lâinformation et de la communication font intervenir dans le systĂšme de formation de nouveaux acteurs : producteurs de ressources, Ă©diteurs, opĂ©rateurs de tĂ©lĂ©communications, ainsi que de nouveaux services : de mĂ©diation, dâaccompagnement des personnes, etc.
De mĂȘme que lâadministration a pris en compte, en leur temps, lâusage des technologies se rapportant au Minitel (note GNC du 10 avril 1989) ou Ă lâenseignement assistĂ© par ordinateur (circulaire no 1360 du 16 mars 1983), la prĂ©sente circulaire a pour objet de prĂ©ciser les conditions de recours aux nouvelles modalitĂ©s techniques et pĂ©dagogiques et notamment Ă lâutilisation de lâInternet dans le cadre de la formation professionnelle.
1.  Principes généraux
1.1.  CaractĂ©ristiques de lâaction de formation professionnelle
    Les activitĂ©s de formation requiĂšrent la mise en Ćuvre de moyens humains, de supports pĂ©dagogiques et de matĂ©riels technologiques dont la nature et lâimportance varient en fonction du domaine de formation, du public bĂ©nĂ©ficiaire, des mĂ©thodes pĂ©dagogiques et des objectifs poursuivis.
Elles sont rĂ©gies par les dispositions combinĂ©es des articles L. 900-1 et L. 900-2 du code du travail et celles des premier et deuxiĂšme alinĂ©as de lâarticle R. 950-4 (dĂ©cret du 3 avril 1985) :
–  « Les actions de formation se dĂ©roulent conformĂ©ment Ă un programme qui, Ă©tabli en fonction dâobjectifs prĂ©alablement dĂ©terminĂ©s, prĂ©cise les moyens pĂ©dagogiques et dâencadrement mis en Ćuvre et dĂ©finit un dispositif permettant de suivre lâexĂ©cution de ce programme et dâen apprĂ©cier les rĂ©sultats » ;
–  « La formation est en principe dispensĂ©e dans des locaux distincts des lieux de production ».
1.2.  Définition des formations ouvertes et/ou à distance « FOAD »
    La diversification des modalitĂ©s dâorganisation de la formation (formation dans et hors temps de travail, sur le poste de travail, en centre de ressources, Ă lâextĂ©rieur de lâentreprise, etc.), la variĂ©tĂ© des situations pĂ©dagogiques (auto-formation, formation accompagnĂ©e dans un lieu-ressource, formation en situation de travail, formation Ă distance, etc.) et lâalternance entre des activitĂ©s dâapprentissage individuel et collectif sont autant dâĂ©lĂ©ments qui favorisent lâĂ©volution et lâouverture des systĂšmes de formation.
Les formations ouvertes et/ou à distance « FOAD » se distinguent des modalités de formation classiques appelées communément « formations présentielles ». Les « FOAD » recourent à des modalités de formation pouvant se combiner.
Une « formation ouverte et/ou Ă distance », est un dispositif souple de formation organisĂ© en fonction de besoins individuels ou collectifs (individus, entreprises, territoires). Elle comporte des apprentissages individualisĂ©s et lâaccĂšs Ă des ressources et compĂ©tences locales ou Ă distance. Elle nâest pas exĂ©cutĂ©e nĂ©cessairement sous le contrĂŽle permanent dâun formateur.
La rĂ©alisation dâune formation ouverte et/ou Ă distance implique de la part du prestataire la mise en Ćuvre de moyens humains et de moyens pĂ©dagogiques et techniques dont lâimportance et la nature dĂ©pendent Ă la fois du domaine et de lâobjectif de lâopĂ©ration, du public bĂ©nĂ©ficiaire, ainsi que du ou des types dâapprentissage retenu(s).
Le droit positif rĂ©gissant la formation professionnelle continue ne comporte aucune disposition susceptible de faire obstacle Ă la mise en Ćuvre de ces nouvelles modalitĂ©s de dĂ©roulement des actions de formation professionnelle.
2.  Obligations incombant aux dispensateurs de formation professionnelle exerçant leurs activités au moyen de formations ouvertes et à distance, recommandations et contrÎle
2.1.  Obligations des prestataires
    Il convient de rappeler les dispositions relatives à la réglementation des conventions de formation et des contrats de formation professionnelle.
Lâarticle L. 920-1 rĂ©git les conventions signĂ©es entre une entreprise et un organisme de formation dans le cas oĂč la formation est organisĂ©e par un organisme extĂ©rieur. Les actions de formation rĂ©pondant Ă la dĂ©finition des formations ouvertes et/ou Ă distance Ă©noncĂ©e au 1.2. ci-dessus, mettant en Ćuvre des modalitĂ©s de formation combinĂ©es, devront y ĂȘtre prĂ©cisĂ©es dans les conditions dĂ©veloppĂ©es ci-aprĂšs.
Les prestataires qui rĂ©alisent pour leurs clients des actions de formation professionnelle sous la forme de formations ouvertes et/ou Ă distance sont assujettis aux obligations lĂ©gales et rĂ©glementaires de droit commun encadrant lâexercice de cette activitĂ© professionnelle.
Les conventions de formation conclues aux fins de rĂ©alisation dâactions de formation ouverte et/ou Ă distance devront comporter :
a)  Dâune part, et au mĂȘme titre que toutes les autres conventions de formation, les mentions relatives :
–  aux opĂ©rations de formation exĂ©cutĂ©es par le centre de formation (intitulĂ©, pĂ©riodes, horaires, durĂ©es, lieux et prix unitaire et global, etc.) ;
–  à la nature, Ă la quantitĂ© et au prix des prestations de services ou de biens qui leurs sont Ă©troitement liĂ©es (logement, nourriture des stagiaires, fournitures de supports pĂ©dagogiques, etc.), fournies par lâoffreur de la formation ;
b)  Dâautre part, les mentions relatives :
–  aux sĂ©quences dâapprentissage Ă distance notamment : les objectifs poursuivis, la nature des travaux incombant aux stagiaires (les pĂ©riodes de rĂ©alisations de ces travaux, leurs durĂ©es estimĂ©es) ;
–  et aux prestataires (les moyens pĂ©dagogiques et techniques mis en Ćuvre directement ou par sous-traitance, le suivi et lâĂ©valuation des travaux accomplis par les stagiaires et le prix de ces diffĂ©rentes prestations).
Lâorganisme de formation devra mettre en place un systĂšme de suivi de lâaction afin de lever toute incertitude liĂ©e Ă la rĂ©alitĂ© et Ă la durĂ©e de la formation suivie par les stagiaires.
Les modalitĂ©s dâassistance pĂ©dagogique constitueront un Ă©lĂ©ment central dâapprĂ©ciation de la rĂ©alitĂ© de la formation et devront ĂȘtre clairement dĂ©finies par la convention.
Les mĂȘmes prĂ©cisions devront ĂȘtre apportĂ©es aux contrats de formation professionnelle conclus, en application de lâarticle L. 920-13 du code du travail, entre une personne physique entreprenant des formations Ă titre individuel et Ă ses frais et un organisme de formation.
2.2.  Recommandations concernant un protocole individuel de formation
    Si lâaction de formation professionnelle sâorganise autour dâun dispositif de formation individualisĂ©e, fil directeur de lâaction intĂ©grant diverses situations et modalitĂ©s pĂ©dagogiques, celui-ci devra ĂȘtre prĂ©cisĂ© Ă la convention.
Par consĂ©quent, la formalisation de lâaction de formation sous la forme dâun protocole individuel de formation facilitera la lisibilitĂ© de lâaction de formation. Ce protocole permettra notamment au stagiaire de connaĂźtre les conditions de rĂ©alisation de lâaction de formation et en particulier : le calendrier, les diffĂ©rentes modalitĂ©s pĂ©dagogiques, la durĂ©e estimĂ©e nĂ©cessaire pour effectuer les travaux ainsi que les modes dâĂ©valuation dans le cas de « FOAD ».
Ce protocole devra ĂȘtre Ă©tabli entre le dispensateur de formation et le stagiaire.
LâEtat, en ce qui le concerne, a prĂ©vu Ă lâarticle R. 961-3 du code du travail, un tel protocole intitulĂ© « plan de formation » pour les stages ouvrant droit Ă rĂ©munĂ©ration qui comportent un apprentissage en totalitĂ© ou en partie Ă distance.
Le protocole individuel de formation ne saurait se substituer Ă la convention de formation prĂ©cĂ©demment Ă©voquĂ©e. Il incite les prestataires de formation Ă optimiser la qualitĂ© de leur relation avec les usagers quels quâils soient.
2.3.  ContrÎle de la réalité et de la conformité des actions de « FOAD »
    Pour apprécier la réalité et la conformité des formations ouvertes et/ou à distance prévues aux conventions de formation professionnelle et ayant donné lieu à délivrance de facture, les agents de contrÎle procéderont à une analyse des circonstances dans lesquelles les prestations de formation ont été réalisées.
Les modalitĂ©s dâassistance pĂ©dagogique et dâencadrement constitueront un Ă©lĂ©ment central dâapprĂ©ciation de la rĂ©alitĂ© de la formation. Il en est de mĂȘme des moyens mis en Ćuvre pour Ă©valuer et valider les formations.
Ainsi la simple cession ou mise Ă disposition de supports (manuels, logiciels, matĂ©riels) Ă finalitĂ© pĂ©dagogique nâa pas la nature dâune action de formation professionnelle et doit ĂȘtre analysĂ©e, selon les circonstances, comme une livraison de prestation de services ou de biens.
Tel est le cas, notamment, des opĂ©rations dont le seul objet est la fourniture Ă un tiers de matĂ©riels (ordinateurs, matĂ©riel audiovisuel, etc.), ou bien de « cours en ligne » sans accompagnement humain technique et pĂ©dagogique, ou encore dâapplications pĂ©dagogiques livrĂ©es sous la seule forme de supports numĂ©riques (disquettes, CDROM) ou cĂ©dĂ©es par voie de tĂ©lĂ©chargement.
3.  Dépenses relatives aux actions de « FOAD » imputables
sur lâobligation de participation des employeurs
    Les rĂšgles dâimputation des dĂ©penses applicables aux « FOAD » sont les mĂȘmes que celles concernant les formations de droit commun.
De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, il sâagit du prix dâachat de lâaction de formation ouverte et Ă distance, du prix dâachat des documents pĂ©dagogiques ou des prestations de services qui leur sont Ă©troitement liĂ©es dans le respect des rĂšgles en vigueur, la partie de lâannuitĂ© dâamortissement des biens nĂ©cessaires Ă la rĂ©alisation de lâaction et des rĂ©munĂ©rations des stagiaires qui bĂ©nĂ©ficient de la formation.
Comme indiquĂ© prĂ©cĂ©demment, les services en charge des contrĂŽles sâassureront que les sĂ©quences pĂ©dagogiques Ă distance font lâobjet dâun encadrement pĂ©dagogique et technique.
A dĂ©faut, les dĂ©penses affĂ©rentes Ă ces sĂ©quences ne pourront ĂȘtre regardĂ©es comme dĂ©ductibles de la participation des employeurs.
Certaines prĂ©cisions doivent nĂ©anmoins ĂȘtre apportĂ©es :
a)  Encadrement :
Le formateur-tuteur est au cĆur du dispositif de formation mais sa participation au processus dâapprentissage ne doit pas se limiter Ă sa seule prĂ©sence in situ. Dâautres types dâencadrement existent, tels que lâaccompagnement pĂ©dagogique et technique dans le cadre dâun lieu-ressource, le tutorat Ă distance quâil soit synchrone ou asynchrone, etc.
b)  Durée de la formation :
En lâabsence de repĂšres habituels propres aux actions de formation en « prĂ©sentiel », il est possible pour certains apprentissages dispensĂ©s en totalitĂ© ou en partie Ă distance de dĂ©terminer la durĂ©e estimĂ©e nĂ©cessaire pour effectuer les travaux demandĂ©s. La durĂ©e totale de la formation pourra intĂ©grer lâensemble des situations pĂ©dagogiques concourant Ă la rĂ©alisation de lâaction de formation (auto-formation encadrĂ©e, sĂ©quences de face-Ă -face pĂ©dagogique, apprentissage Ă distance, etc.) et accessoirement dâautres activitĂ©s encadrĂ©es (auto-documentation, mise en pratique en situation de travail, etc.). Pour chacune des situations, la durĂ©e effective ou le cas Ă©chĂ©ant son estimation devra ĂȘtre prĂ©cisĂ©e.
c)  Regroupements :
Le regroupement ou dâautres formes de mise en situation collective des stagiaires rĂ©sulteront souvent de considĂ©rations pĂ©dagogiques. Compte tenu des Ă©volutions technologiques et des pratiques pĂ©dagogiques, ces regroupements ne constituent pas une exigence du point de vue du contrĂŽle, dĂšs lors quâil existe dâautres formes de suivi, dâencadrement et de contrĂŽle de lâassiduitĂ©.
En cas de difficultĂ©s dâapplication de la prĂ©sente circulaire, vous voudrez bien en saisir les services centraux sous le timbre « DĂ©lĂ©gation gĂ©nĂ©rale Ă lâemploi et Ă la formation professionnelle – Groupe national de contrĂŽle et Mission marchĂ© de la formation ».
| La dĂ©lĂ©guĂ©e gĂ©nĂ©rale Ă lâemploi et Ă la formation professionnelle, C.  Barbaroux |
