Le Cnefop a publiĂ© son 2e rapport annuel sur la mise en Ćuvre du Compte personnel de formation et du Conseil en Ă©volution professionnelle. Il porte Ă la fois sur sur le Conseil en Ă©volution professionnelle (CEP) et sur le Compte personnel de formation (CPF).
Le CEP s’ancre dans les pratiques mais reste peu connu du grand public
Lâambition globale du CEP est de permettre Ă tout actif, quel que soit son statut et lâopĂ©rateur CEP auquel il sâadresse, dâaccĂ©der Ă tout moment de sa vie et en tout point du territoire Ă une mĂȘme offre de services, structurĂ©e par un cahier des charges autour de 3 niveaux qui nâont pas vocation Ă ĂȘtre mis en Ćuvre de maniĂšre systĂ©matique, linĂ©aire ou continu :
- Un accueil individualisé ;
- Un conseil personnalisé ;
- Un accompagnement personnalisé.
Lâintensification du dĂ©ploiement du CEP a gĂ©nĂ©rĂ© en 2016 de nouvelles dynamiques au sein des rĂ©seaux d’opĂ©rateurs conduisant ceux-ci Ă engager une vĂ©ritable rĂ©flexion stratĂ©gique sur le mĂ©tier et les organisations. Le CEP devient progressivement un Ă©lĂ©ment central autour duquel se redessinent les diffĂ©rentes offres de services et la façon de les dĂ©livrer (Agefiph, PĂŽle Emploi, missions locales, etc.).
Quel que soit le niveau dâautonomie des bĂ©nĂ©ficiaires, la plus-value du CEP est dâoffrir Ă chaque bĂ©nĂ©ficiaire un appui et une aide Ă la dĂ©cision prenant en compte lâensemble des Ă©lĂ©ments de sa situation quâaucun outil numĂ©rique ne peut encore aujourdâhui remplacer.
Au-delĂ des outils, la mise en Ćuvre du CEP suppose une Ă©volution importante du mĂ©tier de lâaccompagnement sur laquelle tous les acteurs sâaccordent dĂ©sormais, avec un changement de posture et un dĂ©veloppement des compĂ©tences d’ingĂ©nierie de parcours.
La question de lâadaptation des ressources des opĂ©rateurs et du modĂšle Ă©conomique du CEP pour financer le dĂ©veloppement quantitatif et qualitatif attendu est cependant posĂ©e. Par ailleurs, la question de lâarticulation entre les enjeux nationaux et les enjeux rĂ©gionaux reste entiĂšre.
Le CPF, une montée en puissance et une stratégie de pilotage à renforcer
497 501 dossiers de formation ont Ă©tĂ© validĂ©s en 2016 (contre 207 825 en 2015) soit une progression de + 139 %. Ces 497 501 dossiers de formation reprĂ©sentent plus de 12,3 millions dâheures de CPF/DIF financĂ©es. Au total, ce sont prĂšs de 216.270.000 heures de formation qui ont Ă©tĂ© financĂ©es via le CPF depuis son lancement.
Bon Ă savoir : la durĂ©e moyenne des formations rĂ©alisĂ©es en 2016 est plus longue cĂŽtĂ© demandeurs dâemploi avec 370 h lĂ oĂč les formations suivies par les salariĂ©s sont en moyenne de 87 h.
Presque 59 % des dossiers de salariés sont financés par les OPCA, viennent ensuite par ordre décroissant les entreprises (18,2%) et les Opacif (13,3%).
52,5% des dossiers de demandeurs dâemploi correspondent Ă une prise en charge par le FPSPP, 20,5% par les RĂ©gions et 19,5% par PĂŽle Emploi.
La part de dossiers financĂ©e en propre par le titulaire sâĂ©lĂšve Ă 5,9 % pour les demandeurs dâemploi et Ă 8,1% pour les salariĂ©s.
Un aspect des usages du CPF interpelle au regard de lâambition certifiante de ce dispositif : câest lâextrĂȘme concentration des choix de certifications Ă©ligibles qui est le plus remarquable (10% des certifications Ă©ligibles sont sĂ©lectionnĂ©es dans 90% des cas) et le poids prĂ©pondĂ©rant des certifications inscrites Ă lâinventaire : 41% des dossiers de demandeurs dâemploi et 73% des dossiers de salariĂ©s.
Le renforcement du pilotage du CPF passe par deux leviers distincts : la régulation par les listes de certifications éligibles et la régulation par les financements.
La solution doit ĂȘtre recherchĂ©e dans la simplification des conditions dâutilisation qui passera nĂ©cessairement par lâamĂ©lioration qualitative des conditions dâĂ©laboration (et de consultation) des listes et le renforcement de la mise en rĂ©seau et de la convergence des pratiques des financeurs.
Ainsi le rapport plaide pour un pilotage renforcĂ© du CPF afin de mieux assurer la nĂ©cessaire agilitĂ© de gestion du CPF. Dans cette perspective, en premier lieu, la rĂ©gulation par les listes de formations Ă©ligibles implique de renforcer le travail dâobservation des besoins en compĂ©tences et des statistiques dâinsertion.
Quels moyens pour le CPF ?
En 2016, Au regard des donnĂ©es dĂ©clarĂ©es par les OPCA sur les neuf premiers mois de lâannĂ©e, la tendance pour 2016 est une hausse significative des engagements pris : sur la base des chiffres disponibles au moment de la rĂ©daction du prĂ©sent rapport, environ 114.000 stagiaires ont bĂ©nĂ©ficiĂ© dâun CPF pour un montant dâengagements qui avoisine les 420 millions dâeuros.
Pour 2017, si une telle tendance se confirmait, avec lâajout des nouvelles catĂ©gories dâactions Ă©ligibles (bilans de compĂ©tence et crĂ©ation / reprise dâentreprise), il est probable que, dĂšs 2017, Ă conditions de prises en charge Ă©quivalentes, les financements du CPF pourraient ne pas satisfaire lâensemble des demandes. En revanche, le financement des heures inscrites acquises ne pose pas de difficultĂ©, celles-ci ne reprĂ©sentant quâune part minoritaire des dĂ©penses jusquâĂ prĂ©sent constatĂ©es : 85 M⏠en 2015 (51 h CPF / DIF mobilisĂ©es en moyenne pour un coĂ»t horaire moyen de 20 âŹ/ h) et 309 M⏠en 2016 (en moyenne 47 h de CPF).
A terme, en revanche, Ă moyen constant, au regard de la dynamique actuelle de mobilisation du CPF, et sans savoir anticiper lâimpact de lâĂ©ligibilitĂ© au CPF du permis de conduire et du bilan de compĂ©tences, les 855.400 ⏠de la collecte OPCA, auxquels sâajoute le budget dâintervention du FPSPP dĂ©diĂ© au financement des heures acquises des demandeurs dâemploi, pourraient ĂȘtre consommĂ©s dâici peu de temps. Il faudra alors rĂ©interroger les conditions de financement du CPF.
Recommandations du Cnefop pour assurer le développement du CPF
- Assurer lâautomaticitĂ© de lâouverture du CPF pour mieux communiquer sur les droits associĂ©s.
- Prendre le dĂ©cret sur les bases rĂ©gionales dâinformation sur la formation.
- Restructurer lâinformation sur la certification (dont Ă©quivalence et reconnaissances) et lâoffre de formation associĂ©e par catĂ©gorie de certificateurs.
- DĂ©velopper lâensemble des fonctionnalitĂ©s servant lâautonomie dâusage du CPF (notamment outil de simulation financiĂšre adossĂ©e Ă la production de la R14) et renforcer ses liens avec le Site du CPA (lui-mĂȘme renforcĂ© sur les aspects CEP).
- DĂ©velopper les fonctionnalitĂ©s nĂ©cessaires aux opĂ©rateurs du CEP et relancer la campagne dâaccrochage associĂ©e.
- DĂ©velopper les fonctionnalitĂ©s nĂ©cessaires au pilotage du CPF notamment la capacitĂ© de suivre les dispositifs de financement mobilisĂ©s Ă titre dâabondement.
- Conduire le projet Agora qui doit assurer lâindispensable mutualisation des donnĂ©es sur les parcours de formation,
- RĂ©aliser le cadre national de rĂ©fĂ©rence de lâingĂ©nierie du CPF, ainsi que la mĂ©thode dâadaptation rĂ©gionale pour faciliter et promouvoir les stratĂ©gies dâabondements, notamment au bĂ©nĂ©fice des personnes en cumul dâemploi et de statut, mais Ă©galement la connaissance et lâanticipation des droits mobilisables avec le CPF.
- Finaliser et analyser la cartographie des formations réglementaires en France.
- Promouvoir les conférences des financeurs en région.
Consultez le rapport complet du Cnefop :

Pour un salarié en poste, qui souhaite évoluer dans son entreprise le CEP ne sert à rien, ce sont les managers, les RH, le service formation ou les collÚgues qui peuvent aider un salarié à évoluer dans son entreprise (tout en se formant si nécessaire)
Pour un salariĂ© souhaitant quitter son entreprise, le CEP n’est pas plus utile (en 2 ou 3 heures de RDV que faire ?)
Dans ce cas de figure il y a Ă©videmment le bilan de compĂ©tences qui existait depuis 20 ans mais qui a Ă©tĂ© torpillĂ© par la « rĂ©forme » de 2014 (avant d’ĂȘtre restaurĂ© depuis janvier 2017).
Il y a enfin les chĂŽmeurs, pour ceux-ci le CEP pourrait servir si le rĂ©fĂ©rent pĂŽle emploi n’est pas disponible mais sur quelles compĂ©tences, connaissances du secteur privĂ© ces conseillers pourraient-ils s’appuyer ?