Sénatrice des Alpes-Maritimes et Vice-Présidente du groupe Les Républicains, Dominique Estrosi-Sassone a interpelé le ministre du Travail, par deux fois cette année sur la formation professionnelle. Nous avons souhaité lui donner la parole sur le CPF.
« Alors que la formation professionnelle a fait l’objet d’une rĂ©forme en 2018, certaines entreprises ont tĂ©moignĂ© ces derniers mois rencontrer des difficultĂ©s Ă pouvoir former leurs salariĂ©s. Face Ă cette problĂ©matique, jâai donc interrogĂ© le Gouvernement.Â

En effet, le sous-financement chronique nuit Ă l’application d’une formation professionnelle ouverte au plus grand nombre et donne aux employeurs le sentiment de cotiser sans que leurs salariĂ©s n’obtiennent les formations souhaitĂ©es.
Si la consommation des crĂ©dits budgĂ©taires rĂ©servĂ©s Ă la formation professionnelle s’est essentiellement faite via le compte personnel de formation (CPF), pour l’apprentissage et pour la formation des chĂŽmeurs, force est de constater un sous-dimensionnement chronique pour les programmes destinĂ©s Ă la reconversion et ceux rĂ©servĂ©s Ă la formation en entreprise comme l’illustre par exemple lâimportant dĂ©caissement de 2022 par l’Ătat de 4 milliards d’euros Ă France CompĂ©tences qui rĂ©gule l’ensemble des fonds de formation.
A lâoccasion de lâexamen des lois de finances rectificatives I et II pour 2022, le SĂ©nat nâa pas manquĂ© de pointer les deux rallonges de 2 milliards dâeuros chacune apportĂ©es Ă la trĂ©sorerie de France CompĂ©tences dont les dĂ©penses semblent naviguer Ă vue.
Dans sa rĂ©ponse Ă ma question, le Gouvernement a exposĂ© le panorama des investissements rĂ©alisĂ©s au service de la formation depuis cinq ans. En tout Ă©tat de cause, si la rĂ©forme de 2018 a permis de dĂ©mocratiser lâaccĂšs Ă la formation professionnelle Ă lâinitiative des actifs, le recours rĂ©pĂ©tĂ© aux lois de finances rectificatives ne saurait devenir un mode courant de gestion ou dâattĂ©nuation de la soutenabilitĂ© financiĂšre de France CompĂ©tences.
Au regard de ces montants et alors mĂȘme que le Gouvernement ne parvient plus Ă faire redescendre le budget de lâĂtat des sommets atteints en 2020, lâidĂ©e selon laquelle les salariĂ©s assumeraient une partie du coĂ»t de leur formation via le CPF au travers dâun reste Ă charge fait son chemin. Câest en tout cas une des recommandations dâun rapport dâinformation sĂ©natorial transpartisan consacrĂ© Ă la gestion de France CompĂ©tences mais Ă la condition que le reste Ă charge soit modique et rĂ©servĂ© aux seules formations ne dĂ©bouchant pas sur une certification professionnelle pour ne pas remettre en cause la libertĂ© des actifs dâaccĂ©der Ă la formation professionnelle de leur choix ni les en dĂ©courager.
Câest au prix de dĂ©cisions structurelles fortes que la formation professionnelle pourra ĂȘtre assurĂ©e et rester performante. «Â
A noter : la sénatrice avait également interpellé le MinistÚre du travail (Question écrite N° 2365) le le 11 août dernier sur la fraude au compte personnel CPF de formation :
« La cellule de renseignements financiers Tracfin a soulignĂ© dans son rapport annuel une hausse trĂšs importante des cas de fraude aux dispositifs de formation avec de faux organismes qui dĂ©marchent par tĂ©lĂ©phone ou en ligne pour un prĂ©judice de 43,2 millions d’euros en 2021 contre 7,8 millions en 2020. Elle lui demandait ce qu’il entendait mettre en Ćuvre pour mettre fin Ă ces pratiques frauduleuses qui dĂ©tournent l’argent public destinĂ© Ă la formation professionnelle. »

Je cite Madame Dominique Estrosi-Sassone :
– « Au regard de ces montants et alors mĂȘme que le Gouvernement ne parvient plus Ă faire redescendre le budget de lâĂtat des sommets atteints en 2020, lâidĂ©e selon laquelle les salariĂ©s assumeraient une partie du coĂ»t de leur formation via le CPF au travers dâun reste Ă charge fait son chemin. Câest en tout cas une des recommandations dâun rapport dâinformation sĂ©natorial transpartisan consacrĂ© Ă la gestion de France CompĂ©tences mais Ă la condition que le reste Ă charge soit modique et rĂ©servĂ© aux seules formations ne dĂ©bouchant pas sur une certification professionnelle pour ne pas remettre en cause la libertĂ© des actifs dâaccĂ©der Ă la formation professionnelle de leur choix ni les en dĂ©courager. »
Je constate que dans certaines branches de mĂ©tiers, il n’est pas nĂ©cessaire d’avoir, une, deux ou encore trois certifications… avant d’ĂȘtre Ă©ligible au CPF (Compte personnel formation), ce qui est pourtant exigĂ© actuellement, il faut le savoir quâelles sont payantes bien Ă©videmment !… De plus, c’est comme si vous donniez Ă quelqu’un son diplĂŽmĂ©… une deuxiĂšme fois, voir une troisiĂšme fois ! Il est des mĂ©tiers, notamment culturels, oĂč la formation tout au long de la vie est un bloc de compĂ©tence, devenu indispensable pour un artiste et, qu’il est en soit suffisant au plan de sa carriĂšre. De plus, il faut savoir aussi ce que doit possĂ©der un artiste pour sa crĂ©ativitĂ©, une technologique de pointe, son outil de travail principal. Ce qui revient Ă dire que financiĂšrement, il est dĂ©jĂ trĂšs sollicitĂ©, il faudrait qu’en plus, il paie une partie de sa formation !!!… Je pense que Madame Estrosi-Sassone, n’a pas tout Ă fait connaissance des diffĂ©rents niveaux, aux conditions de vie de certains mĂ©tiers, notamment dans le spectacle vivant et qui perd du terrain face au virtuel !