RĂ©forme CPF : on ne parle plus de baisse de chiffre d’affaire…
L’arrivĂ©e du CPF dĂ©clenche une vague de problĂšme et Ouest France ouvre le bal aujourd’hui : Liquidation judiciaire de Success Story Pro. Les 13 salariĂ©s de deux sites dâenseignement linguistique stopperont dĂ©finitivement leur activitĂ© aprĂšs 10 ans d’activitĂ© demain samedi 9 mai 2015.
« Le remplacement du DIF par le CPF nous a pĂ©nalisĂ©s. Pendant cinq mois, quasiment aucun dossier nâa Ă©tĂ© acceptĂ© et comme 80 % de notre clientĂšle est professionnelle, ça a forcĂ©ment eu un effet »
Pauline Lacroix, directrice des deux établissements.
Pendant que nos dirigeants font le pont, nos Ă©coles n’arrivent plus Ă Â Joindre les deux bouts
Les tĂ©moignages de la pĂ©tition sont unanimes, ça n’est que le dĂ©but de l’hĂ©catombe. Notez bien que ces commentaires ont tous Ă©tĂ©s postĂ©s aujourd’hui seulement !
Nous sommes un OF spécialisé sur les jeunes en contrat aidé. Non seulement la réforme va bientÎt faire fermer notre structure mais elle ne permet pas à des jeunes en difficulté de se pré former avant de commencer une formation diplÎmante.
Zenou Elsa, posté le vendredi 8 mai 2015
Les indépendants qui ne se font pas entendre :
Je suis formatrice en anglais et cette rĂ©forme ne correspond pas aux besoins des entreprises en apprentissage de l’anglais.
Kathryn Bohme, posté le vendredi 8 mai 2015
Un autre :
Depuis la crĂ©ation du CPF je n’ai eu aucun nouveau contrat en entreprise pour enseigner l’anglais !
Clare Deny, posté le vendredi 8 mai 2015
Qu’en penses les titulaires :
« J’ai besoin de me former pour Ă©voluer dans ma carriĂšre. »
Jessica Audinot, posté le vendredi 8 mai 2015
Un autre :
« Je ne trouve aucune formation compatible avec mon projet professionnelle. Seule des formations longues sont possible. »
Florent Almirall, posté le vendredi 8 mai 2015
Qu’en pense le ministre :
Jâentends les critiques qui sont faites et qui dĂ©jĂ disent que le CPF piĂ©tine⊠4 mois aprĂšs sa date dâentrĂ©e en vigueur ! Mais câest parce que la rĂ©forme de la formation professionnelle est profonde, structurelle, quâelle demande du temps pour que les acteurs sâapproprient les enjeux et quâils aient conscience des transformations qui en dĂ©coulent.
Extrait du discours de François Rebsamen du 4 mai 2015. Discours commenté par Antoine un #Hiboux Anonyme :
Monsieur le Ministre,
Pourquoi le nom « Pangloss » me tourne dans la tĂȘte en lisant votre discours?
Monsieur le Ministre, permettez moi de vous ramener un peu sur terre. Ayez la bontĂ© dâĂ©couter pendant quelques instants ce que votre rĂ©forme signifie pour les gens ordinaires, que vous dites vouloir protĂ©ger.
Un organisme de formation qui coule en attendant la mise en place de votre rĂ©forme, câest :
â un traumatisme brutal pour un entrepreneur, souvent ancien formateur parmi les plus dynamiques, qui a travaillĂ© 18 heures par jour pendant des annĂ©es pour dĂ©velopper son entreprise,. Du jour au lendemain, il passe de crĂ©ateur dâemplois Ă gestionnaire de plan sociaux et voit tout ce quâil a crĂ©e se liquĂ©fier. Au Tribunal de Commerce, on parle des 3 D dans ces cas-lĂ â dĂ©pot de bilan, dĂ©pression, divorce,
Ils vous saluent, ces entrepreneurs-lĂ , Monsieur le Ministre.â des formateurs, salariĂ©s, souvent avec des statuts prĂ©caires et des revenus modestes, aujourdâhui sans travail, se prĂ©parant Ă faire la queue devant PĂŽle Emploi dans lâhypothĂ©tique espoir de trouver un autre poste Ă lâavenir.
Eux vous saluent aussi.â des formateurs indĂ©pendants, qui jonglent avec des contrats et des statuts â un peu de vacatariat par-ci, un peu de CDD par lĂ , quelques contrats en sous-traitance ou en direct, aujourdâhui les bras ballants faute de contrats (ils sont les premiers Ă pĂątir lorsque le travail baisse), incapables de payer leur loyer ou de nourrir leur famille, sans indemnitĂ© de chĂŽmage.
Eux aussi vous saluent bien bas.â des familles de toutes ces personnes qui vont se trouver dans des situations prĂ©caires, avec un avenir incertain, avec la crainte de perdre leur logement, de ne plus pouvoir rembourser leurs crĂ©dits, de se retrouver en surendettement.
Eux vous saluent aussi.â des salariĂ©s qui hier pouvaient choisir (un peu) leur formation, qui avaient enfin compris le dispositif du DIF et qui aujourdâhui ne comprennent plus rien, perdus dans une machinerie infernale de dĂ©marches conçues par des gestionnaires Ă©loignĂ©s de la rĂ©alitĂ© du terrain, et qui ne trouvent aucun interlocuteur capable de les renseigner.
Eux vous saluent aussi, Monsieur le Ministre.Vous qui bĂ©nĂ©ficiez de confortables revenus Ă vie, dâune situation sociale enviable et de toute la considĂ©ration de la RĂ©publique française, avez-vous pensĂ© un instant Ă ces gens -lĂ et aux dĂ©gĂąts que votre rĂ©forme , qui a totalement ignorĂ© les acteurs sur le terrain, est en train de causer dans un pays dĂ©jĂ mal en point, oĂč le record du chĂŽmage vient dâĂȘtre Ă nouveau battu? Fallait-il ajouter encore quelques dizaines de milliers de chĂŽmeurs supplĂ©mentaires au bilan dĂ©jĂ peu reluisant de votre gouvernement? Nâavez-vous pas pensĂ© quâune restructuration Ă©conomique de cette envergure nĂ©cessite un minimum dâaccompagnement et de temps pour les acteurs du marchĂ©?
Monsieur le Ministre, de grĂące, venez constater sur le terrain la situation dans laquelle vous avez plongĂ© les acteurs de ce marchĂ©, ayez la bontĂ© de les Ă©couter et de les aider Ă trouver des solutions aujourdâhui, ne dites pas, Ă lâinstar de Marie-Antoinette « Quâils mangent de la brioche ».
Parce quâen lisant votre beau discours, câest cette phrase-lĂ qui mâest venue Ă lâesprit.
Que peut-on faire ?
N’attendez pas qu’il soit trop tard pour vous faire entendre et signez la pĂ©tition.
Contactez aussi tous vos amis journalistes, amis d’amis de journalistes, blogueurs, amis de blogueurs pour qu’il se penchent sur ce sujet qui semble trop souvent ne pas les concerner et qui pourtant nous touche tous !


Quelques observations et au prĂ©alable un petit point juridique…
L’un des principaux « verrous » du CPF (pour reprendre l’expression de Jean Pierre Willems) est liĂ© Ă ces fameuses « listes » et la liaison du CPF Ă des formations « diplĂŽmantes », ou « certifiantes ».
Au point oĂč nous en sommes, je pense qu’il ne s’agit mĂȘme pas d’ouvrir ces listes.
Il faut les supprimer purement et simplement mĂȘme si je conçois que ce ne sera pas simple. Sauf peut-ĂȘtre s’il y a pĂ©ril en la demeure ce qui pourrait ĂȘtre le cas si le sinistre Ă©conomique et social majeur constatĂ© se poursuit.
Il faut bien voir que la mĂ©diatisation de la situation pourrait ĂȘtre d’autant plus embarrassante pour la majoritĂ© politique actuellement au pouvoir qu’elle en est largement Ă l’origine. Et on ne manquera pas, le cas Ă©chĂ©ant, Ă le faire savoir.
Pour en revenir aux listes il faudrait revenir au rĂ©gime du DIF mĂȘme si je conçois qu’il est nĂ©cessaire de barrer la route aux personnes qui proposent des « formations » farfelues.
Maintenant, il faut avoir conscience que cela ne peut pas se faire du jour au lendemain.
Le plus simple à supprimer, ce sont les certifications liées au socle.
En effet, celles-ci n’avaient pas Ă©tĂ© prĂ©vues par la loi du 5 mars 2014, l’article L 6323-6 du code du Travail prĂ©voyant seulement que ces formations devaient ĂȘtre dĂ©finies par dĂ©cret.
Sans plus.
Dans ce texte, il n’est, en rĂ©alitĂ©, nullement fait mention de certifications et a fortiori de la nĂ©cessitĂ© d’en crĂ©er. Elles n’ont en rĂ©alitĂ© Ă©tĂ© prĂ©vues que par un simple dĂ©cret (on ne s’y attendait d’ailleurs pas) et ces dispositions rĂ©glementaires peuvent par consĂ©quent ĂȘtre abrogĂ©es assez facilement et assez rapidement.
Il n’en pas de mĂȘme pour les formations hors socle. En effet, le principe selon lequel les formations Ă©ligibles devaient figurer sur diverses listes a Ă©tĂ© prĂ©vu par la loi elle-mĂȘme.
Or, ce que la loi a fait, seule une loi peut le défaire ce qui nécessite de convoquer le Parlement.
Une ordonnance peut Ă©ventuellement ĂȘtre prise mais cela suppose le vote d’une loi d’habilitation. A la limite, il pourrait y avoir une loi d’habilitation d’ores et dĂ©jĂ existante dont le champ pourrait inclure ces dispositions contestĂ©e de la loi du 5 mars 2014. C’est possible mais je n’en sais rien.
Pour ce qui est de la procĂ©dure qui devrait ĂȘtre suivie par le salariĂ© pour bĂ©nĂ©ficier de son CPF (autre « verrou » Ă©voquĂ© par Jean PĂŻerre Willems) , force est de constater qu’elle n’est guĂšre dĂ©taillĂ©e par la loi du 5 mars 2004. C’est le moins que l’on puisse dire.Tout au plus sait-on que le salariĂ© doit obtenir un accord de son employeur dans certaines hypothĂšses. Mais c’est tout.
Toutefois, ici encore, un simple dĂ©cret pourrait combler cette lacune ce qui peut toujours se faire rapidement (en tout cas plus rapidement que par la voie parlementaire). Pour le moment, nous sommes dans l’improvisation la plus totale.
Comme je l’ai dĂ©jĂ dit Ă plusieurs reprises, tout n’est pas Ă jeter. Le compte personnel de formation est manifestement un progrĂšs par rapport au DIF sur certains points ne serait-ce que, par exemple, toutes les dispositions concernant la portabilitĂ© dans le cadre du DIF ont Ă©tĂ© supprimĂ©es.
Maintenant, il faut aussi en revenir au bon sens et rappeler que pour bénéficier du CPF, il faut que le salarié en demande le bénéfice.
DĂ©jĂ que les demandes n’affluaient pas Ă l’Ă©poque du DIF, et ce alors mĂȘme que le salariĂ© bĂ©nĂ©ficiait au moins d’une grande libertĂ© de proposition et d’une procĂ©dure simple (on ne pouvait faire plus simple d’ailleurs), je vois mal pourquoi cela fonctionnerait maintenant qu’ il se retrouve face Ă des listes qui pour le moment sont indigentes et qui ne peuvent devenir qu’indigestes si par impossible, ledit salariĂ© se retrouvait en prĂ©sence de listes infiniment plus fournies.
Et si, en plus, on lui demande de se soumettre Ă des « interros » ou Ă passer des examens…
C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, de toute façon, je pense que le CPF ne fonctionnera pas s’il n’est pas rĂ©formĂ© vite , ni pour les petits organismes ni mĂȘme pour les gros.
Pour terminer, je pense que les formateurs indĂ©pendants devraient d’avantage se faire entendre.
Le gouvernement semble obnubilĂ© par la « qualité ». Le souci est bien Ă©videmment louable et n’est d’ailleurs contestĂ© par personne.
Mais, dans cette optique, mieux vaudrait aider les artisans de la formation plutĂŽt que les grosses structures qui ne font en rĂ©alitĂ© que du marketing et de l’organisation en faisant de toute façon appel aux premiers comme sous-traitants…
Qui « fait » la qualitĂ© dans un tel contexte ? La structure en tant que telle ou le formateur ? Labelliser la structure n’a guĂšre de sens dĂšs lors que la qualitĂ© dĂ©pend du formateur. C’est du simple bon sens complĂštement perdu de vue par certains. Par ailleurs, le propre de l’artisan est de pouvoir offrir du « sur mesure » et il ne peut pas se permettre la mĂ©diocritĂ©.
Une sociĂ©tĂ© de formation n’a aucune compĂ©tence en tant que telle. et ne saurait pas en avoir puisque ce n’est pas sa finalitĂ© : elle ne fait qu’Ă©laborer une offre de formation, la promeut et l’organise matĂ©riellement. Ce n’est pas elle, concrĂštement, qui se trouve en face des « apprenants ».
En rĂ©alitĂ©, ce qui fait la qualitĂ© de la formation, ce sont les compĂ©tences du formateur. Toute la responsabilitĂ© repose sur lui et si quelqu’un doit ĂȘtre contrĂŽlĂ© et Ă©ventuellement ĂȘtre « certifié » c’est d’abord lui et personne d’autre car lui seul peut ĂȘtre le garant de la qualitĂ©.
Maintenant, le problĂšme des formateurs indĂ©pendants, c’est l’isolement. Il faudrait peut-ĂȘtre rĂ©flĂ©chir et agir pour le briser tout en gardant intact l’autonomie de chacun bien Ă©videmment. Il y a dĂ©jĂ eu des tentatives mais elles sont avortĂ©es. Peut-ĂȘtre que sous l’aiguillon de la nĂ©cessitĂ©, les choses pourraient changer…
Bruno Callens
Docteur en Droit
Il faut aussi fĂ©liciter le patronat (medef et hors cgpme) et les syndicats (hors cgt) qui ont pondu cet accord et qui se retrouvent dans toutes les commissions qui Ă©tablissent les listes de formation accessibles au CPF : ils confirment 2 choses : qu’ils n’ont jamais Ă©tĂ© autant Ă©loignĂ©s du marchĂ© du travail et qu’ils ont bien prĂ©servĂ©s leurs Ă©moluments !
Il est clair aujourd’hui que l’application de cette loi fourmille de paradoxes d’autant plus visibles que la communication Ă©tatique Ă©tait extatique. Cette loi va niveler l’accĂšs Ă la formation: comme pour l’Ă©ducation nationale, la formation professionnelle se dĂ©clinera d’ici quelques mois en plusieurs vitesses: ceux qui pourront payer, ceux qui ne pourront pas, ceux qui seront salariĂ©s avec soutien de leur entreprise…
N’oublions pas les entreprises qui ont aussi leur rĂŽle Ă jouer et qui ne le prennent pas!
Encore une petite chose…
Il faut s’opposer au « compte personnel d’activité » et ce pour une raison simple…
Ce compte aurait pour objet d’agrĂ©ger, sous un mĂȘme intitulĂ©, divers « comptes » dont l’actuel compte personnel de formation.
Un dispositif comme le CPF devrait faire l’objet d’une utilisation rĂ©guliĂšre par les salariĂ©s.
Or, s’il est « noyé » au milieu d’autres comptes, les salariĂ©s finiront par oublier l’existence de leurs droits Ă la formation. Cela risque d’ĂȘtre un frein supplĂ©mentaire.
Il est impératif que le CPF garde sa spécificité.
Bruno Callens
Docteur en Droit
Il n’y a pas que des formations « diplĂŽmantes » qui sont concernĂ©es par le CPF loin de lĂ (bien que d’aucuns considĂ©reront qu’avec les certifications cela revient au mĂȘme).
En rĂ©alitĂ©, le CPF (comme le DIF en son temps) n’est pas « taillé » pour les formations diplĂŽmantes mĂȘme en prenant en considĂ©ration les possibilitĂ©s d’abondement.
Il faut laisser les formations diplĂŽmantes (qui sont toutes des formations longues) Ă la formation initiale ou alors via le CIF (voire pas de dispositif du tout comme c’est le cas le plus souvent pour une capacitĂ© en droit
Normalement, mis Ă part les frais de dĂ©placement, cela ne coĂ»te que les frais d’inscription.
En tout Ă©tat de cause, comme cela ne pourra ĂȘtre que du hors temps de travail en pratique, cela ne peut concerner que des salariĂ©s trĂšs motivĂ©s, prĂȘt Ă sacrifier des soirĂ©es et des week-end.
Comme le DIF, le CPF est un outil qui devrait normalement ĂȘtre dĂ©diĂ© Ă des formations courtes certes (1 Ă 3 jours) mais frĂ©quentes et diversifiĂ©es.
PlutĂŽt que du « poids Ă©touffant du diplĂŽme », je prĂ©fĂšre parler de « dĂ©lire technocratique » car c’est de cela qu’il s’agit en rĂ©alitĂ©.
Si la formation est un droit, pourquoi devoir choisir une formation diplĂŽmante ? Je veux apprendre pas nĂ©cessaire me diplĂŽmer, voici ce que j’entends. Encore le poids Ă©touffant du diplĂŽme en France.
Il ne faut pas se leurrer : dans un premier temps, on nous promettra d’accĂ©lĂ©rer le processus d’Ă©laboration des listes. Il ne faut pas tomber dans ce piĂšge qui vise essentiellement Ă gagner du temps.
Il faut insister sur leur suppression. Au moins cela ne peut qu’ĂȘtre rapide et cela donnera une immense bouffĂ©e d’oxygĂšne mĂȘme s’il y a encore des problĂšmes Ă rĂ©soudre.
J’ai signĂ© la pĂ©tition mais il me semble que nous devrions faire plus car manifestement, personne ne se soucie du sort de toutes ces structures qui vont droit vers la liquidation judiciaire. Mon groupe fĂ©dĂšre des indĂ©pendants qui souffrent tous de la rĂ©forme, malgrĂ© leur pluridisciplinaritĂ©, et il n’est pas impossible que nous soyons les prochains sur la longue liste des centres de formation en faillite …
Nous sommes d’accord. Que proposez-vous ? Vendredi nous devons avoir le prĂ©sident du SYCFI pour voir s’il souhaite rejoindre le mouvement.
On pourrait bloquer et faire brĂ»ler des pneus sur l’A1, ce n’est pas puni par la loi et on obtient gain de cause !
Je n’ai jamais participĂ© Ă la moindre manifestation (faisant partie de ceux qui travaillent 18 heures par jour) mais il est peut-ĂȘtre temps d’aller dans la rue : professionnels et salariĂ©s. Je ne reprĂ©sente que 20 personnes mais nous devons pouvoir rĂ©ussir, chacun dans nos rĂ©gions, Ă mobiliser et Ă faire parler les journalistes (qui ne semblent guĂšre prĂ©occupĂ© par le sujet de la formation professionnelle …).
C’est le moins que l’on puisse dire en effet.
Nous sommes trop peu nombreux pour cela. Et puis cela ne fonctionne qu’Ă certaines conditions (il n’y a vĂ©ritablement que les manifestations d’Ă©tudiants qui ne marchent vraiment).
Je pense plutĂŽt Ă une opĂ©ration mĂ©diatique avec des articles dĂ©libĂ©rĂ©ment alarmistes, en des termes ne faisant pas dans la dentelle et mettant en avant la circonstance qu’il s’agit d’une catastrophe provoquĂ©e.
Que fait la FFP ?? Que fait la CSCBC (Chambre Syndicale des Centres de Bilans de CompĂ©tences), car le Bilan de compĂ©tences n’est pas Ă©ligible au CPF alors qu’il l’Ă©tait au DIF ?? Que fait le SYNTEC ?? et l’ANDRH ? SYNOFDES ? Et tant d’autres …
Nous sommes bien seuls …
Nous devons trouver un moyen de faire parler de nous mais comment ?
En tout cas, merci pour vos actions, vos articles, votre engagement !
Le bilan de compĂ©tence a Ă©tĂ© dĂ©libĂ©rĂ© exclu du CPF, c’est voulu.
Je parle autour de moi de la formation professionnelle, personne n’est au courant de ce qui se passe. On vit un vĂ©ritable cauchemar, pendus au tĂ©lĂ©phone toute la journĂ©e pour essayer de vendre nos formations. AprĂšs 30 ans notre organisme va mourir. Avec mes collaborateurs, nous sommes prĂȘts Ă descendre si il le faut. On a l’impression que les entreprises, les salariĂ©s vont laisser la formation de cĂŽtĂ© et reporter tout Ă plus tard. Trop compliquĂ© Ă gĂ©rer, il n’ont pas que cela Ă faire ! Ils ont des besoins certes, mais on verra cet automne ! Bref une annĂ©e de foutue ! et on va fermer nos boĂźtes ! J’en ai assez, c’Ă©tait dĂ©jĂ difficile de vendre des formations, mais alors lĂ c’est le pompon !
Descendre dans la rue (je ne l’ai jamais fait mĂȘme quand j’Ă©tais Ă©tudiant…) ne sert strictement Ă rien sur un sujet tel que la formation professionnelle qui n’est pas vraiment mobilisateur. La formation professionnelle ce n’est pas la rĂ©forme du collĂšge ni le « mariage pour tous ».
Par contre, la mĂ©diatisation peut apporter quelque chose mais Ă la condition de ne pas s’engluer dans des discours policĂ©s. Il faudra ĂȘtre particuliĂšrement virulent, direct, agressif et mettre l’accent sur le fait que c’est une rĂ©forme qui est la cause directe de la situation actuelle.
Vous ne pensez pas qu’il faudrait envoyer un courrier « bien senti » aux rapporteurs de la loi pour leur faire connaĂźtre notre façon de penser ?
C’est dĂ©jĂ fait par ce site Catherine. MĂȘme la FFP a pondu une lettre alarmiste, avec un rĂ©sultat peu probant. En tout cas, rien n’a filtrĂ© de la rĂ©union privĂ©e entre le Ministre et le PrĂ©sident de la FFP, ce qui est dommage. Dans notre beau pays, tout se rĂšgle entre personnes de qualitĂ©, les autres attendent Ă l’entrĂ©e fournisseurs qu’on veuille bien leur adresser la parĂŽle. Le Ministre a simplement dĂ©cidĂ© de se hĂąter un peu moins lentement et d’exhorter les OPCA à « faire un peu plus ». Allez les gars!
Mais il faut prendre un peu d’hauteur. On a Ă la fois massivement fait baisser la collecte avec la fin du 0,9%, privant la formation professionnelle d’un tiers au moins de ses ressources, et dans un tour de passe-passe digne de Houdini, transfĂ©rĂ© des millions d’heures de DIF qui dormaient dans les comptes des entreprises sur les budgets publics de formation. Cela a satisfait Bruxelles et le MEDEF, mais c’Ă©tait une bombe Ă retardement pour les finances publiques.
Avec 31 millions de bĂ©nĂ©ficiaires potentiels, qui ont maintenant droit Ă initier les formations de leur choix, le danger Ă©tait rĂ©el d’une explosion en vol du systĂšme, par manque de financement. Il fallait trouver une parade, limiter l’accĂšs. Et un peu Ă dessin, un peu par imprĂ©paration, un peu par ignorance, on a crĂ©e un entonnoir qui limite massivement l’accĂšs. Et mis beaucoup de rouge Ă lĂšvres sur le cochon (formation tout au long de la Vie, portabilitĂ©, compte personnel, CEP, etc…). N’empĂȘche, c’est bien un cochon qu’on a vendu Ă la population.
L’Ă©tat est content, car il a atteint ses buts sans que la grogne ne dĂ©borde trop et il y a de fortes chances qu’il pourra rĂ©cupĂ©rer les fonds non utilisĂ©s en fin d’annĂ©e, les grands organismes publics et privĂ©s ne se plaignent pas trop, car ils attendent que les petits coulent pour rĂ©cupĂ©rer leurs parts de marchĂ©, les OPCA et les Partenaires Sociaux se hĂątent lentement car le destin de quelques centaines de milliers de formateurs ou de petits entrepreneurs est le cadet de leurs soucis et ils doivent eux aussi se dĂ©pĂȘtrer du mistigri que l’Etat leur a refilĂ©, les syndicats reprĂ©sentatifs des indĂ©pendants restent cois, sans doute par crainte d’Ă©nerver les autoritĂ©s ou les clients.
En fin d’annĂ©e, si ça continue comme ça, on va se retrouver avec quelques dizaines de milliers de chĂŽmeurs en plus, quelques milliers d’indĂ©pendants au RSA, une sĂ©rie de drames privĂ©s, personnels, silencieux, pendant que des entrepreneurs voient tout ce qu’ils ont construit tomber en miettes, mais l’omelette sera faite et il fallait bien casser quelques Ćufs, n’est-ce pas?
Alors patience Messieurs, Mesdames, Rome ne fut pas construite en un jour tout de mĂȘme!
N’hĂ©sitez pas Ă m’envoyer un email, mais aprĂšs les congĂ©s de mai, s’il vous plaĂźt. Merci! Merci!
D’oĂč l’importance de la mĂ©diatisation…C’est le seul langage qu’ils comprennent.
Des stagiaires contents, des prescripteurs contents, des OPCA contents, des entreprises contentes, des questionnaires de satisfaction collectĂ©s pour en tĂ©moigner…… Et pourtant gouvernement visiblement pas content…. Si ça ne change pas, je ferme en automne. Super, je vais pouvoir utiliser mes allocations chĂŽmage et mon CPF…
Bonjour, j’aimerais avoir des renseignements et je ne sais pas vers qui me tournĂ©… je m’explique… je voulais faire une formation via le CNAM, une licence, les secrĂ©taires m’ont dit qu’en 2015 il y avait une autre, et que l’etait « offré » 100h de formation via le CPF, j’ai donc montĂ© un dossier, je suis allez voir pole emploi, aprĂ©s une prise de tĂȘte et la venus dans le bureau du directeur de l’agence (dans le 37), ont m’as dit que, oui, en effet, j’y avait bien droit, que cette formation etait prise en charge Ă hauteur de 100h, mais que son supĂ©rieur sur la rĂ©gion d’OrlĂ©ans, lui Ă dit que non, il n’y avait plus de budget, et que je n’aurais rien.
Donc comme ce sont des connards, hein faut dire ce qui est, et que j’imagine bien qu les directives doivent ĂȘtre d’essayer de ne pas filer d’argent quand bien mĂȘme c’est une rĂ©forme que le gouvernement Ă passĂ©… j’aimerai savoir vers qui me tourner ? qui puis-je appeller pour qu’on me prouve qu’il n’y a plus de budget ? bref que faire ??? Je ne peux evidĂ©ment pas m’auto-financĂ© pour cette formation, sinon je n’aurais mĂȘme pas chercher Ă me la faire financĂ©.
Merci d’avance.
Vous avez bien le droit Ă 100H de formation ! Vous pouvez contacter la personne en charge de l’emploi de votre marie ou le maire afin qu’il demande des explications Ă votre centre PĂŽle emploi. Il est fort Ă parier que cela dĂ©bloque votre dossier.
je trouve cette idĂ©e … byzarre ? lol ^ ^ je vit dans une ville de 350 000 habitants, quand bien mĂȘme ils prendraient le temps d’aider un pauvre petit prolo, le pĂŽle emploi dĂ©pend de l’etat, et donc si l’ordre de sĂ©rrer le budget Ă etait donner… je suppose qu’il vient d’eux…
Il n’y a jamais eu d’ordre de serrer les budgets bien au contraire l’Ă©tat souhaite que plus de personne se forme et utilise le CPF.
vu qu’il n’y a plus de budget dans le 37 selon le directeur du PĂŽle Emploi et de ses supĂ©rieurs… j’ai des doutes. alors qu’ils n’ont validĂ© que 60 000 dossiers dans toute la france, Ă mon avis, c’est une vĂ©ritable volontĂ© de NE PAS donner ces 100h « gratuites » d’ailleurs, le directeur Ă dĂ» appeller son rĂ©fĂ©rent, qui lui Ă lui mĂȘme dit que non il n’y avait plus de budget. Et quel intĂ©rĂȘt pour direct pour ce directeur ? je veux dire quest ce que ça peu lui faire Ă lui ? il n’a aucune raison de ne pas attribuĂ© ces 100h si on y rĂ©flĂ©chis, donc, l’hypothĂ©se d’un ordre donnĂ© par une instance supĂ©rieure (il l’a d’ailleurs clairement Ă©voquĂ© le fait qu’il ait reçu un ordre) est clairement la plus probable.
6 000* pas 60 000 désolé
Nous avons perdu 80 % de notre CA avec le CPF et 12 consultants ont perdu leur emploi. Les salaries doivent payer leurs formations. Honte a cette reforme