La question de la formation professionnelle constitue un chantier pour l’Europe, porteur de forts enjeux politiques qui concerne pour le MinistĂšre du travail la formation professionnelle, l’enseignement supĂ©rieur en alternance et la formation des adultes. Il s’applique Ă une large gamme de sujets, de la transparence des certifications Ă la mobilitĂ© en passant par lâorientation et la validation des acquis de l’expĂ©rience.
L’Europe et formation professionnelle
Dans le cadre de la coopération européenne (Education formation 2020), les conclusions de Riga adoptées le 22 juin 2015 ont défini cinq priorités, auxquelles répondent les politiques menées en France :
- promouvoir la formation par le travail sous toutes ses formes particuliĂšrement par lâapprentissage
- continuer Ă dĂ©velopper des mĂ©canismes dâassurance qualitĂ©
- amĂ©liorer lâaccĂšs Ă la formation professionnelle et aux certifications pour tous
- continuer à renforcer les compétences essentielles
- permettre le développement professionnel des enseignants, formateurs et tuteurs.
Dans ce contexte, la Commission (DG emploi) a lancĂ© en juin 2016, une initiative « nouvelle stratĂ©gie en matiĂšre de compĂ©tences pour lâEurope » (Skills Agenda), qui invite les Etats membres Ă amĂ©liorer la qualitĂ© des compĂ©tences et leur adĂ©quation aux besoins du marchĂ© du travail.
Cette initiative a dĂ©bouchĂ© sur plusieurs textes europĂ©ens dont la recommandation du 19 dĂ©cembre 2016 relative Ă des parcours de renforcements des compĂ©tences des adultes. Un bilan de sa mise en oeuvre en France a Ă©tĂ© adressĂ© Ă lâĂ©tĂ© 2018 Ă la Commission europĂ©enne, mettant en avant les chantiers du plan investissement compĂ©tences de 15 milliards dâeuros sur cinq ans (2018-2022) et les dispositions de la loi n°2018-771 du 5 septembre 2018 pour la libertĂ© de choisir son avenir professionnel.
Par ailleurs, le rythme des travaux en cours sâaccĂ©lĂšre avec le lancement des nĂ©gociations sur lâavenir de la coopĂ©ration europĂ©enne en matiĂšre dâĂ©ducation formation aprĂšs 2020. Les directeurs gĂ©nĂ©raux de la formation professionnelle des Etats membres seront consultĂ©s en novembre 2018 (lors de leur rĂ©union semestrielle « DGVT ») pour une adoption sous prĂ©sidence roumaine en 2019.
La prioritĂ© accordĂ©e par lâUnion europĂ©enne aux thĂ©matiques de la formation professionnelle tout au long de la vie a Ă©tĂ© renforcĂ©e en 2017 Ă lâoccasion de la proclamation le 17 novembre 2017 du Socle europĂ©en des droits sociaux. Le socle contient 20 droits dont le premier consacre le droit de « toute personne Ă une Ă©ducation, une formation et un apprentissage tout au long de la vie inclusifs et de qualitĂ©, afin de maintenir ou dâacquĂ©rir des compĂ©tences lui permettant de participer pleinement Ă la sociĂ©tĂ© et de gĂ©rer avec succĂšs les transitions sur le marchĂ© du travail ».
Enfin, les recommandations adressĂ©es Ă la France dans le cadre de lâexercice du Semestre europĂ©en 2018 sâinscrivent dans la continuitĂ© des recommandations 2016 et 2017 : poursuivre les rĂ©formes du systĂšme dâenseignement et de formation professionnelle, renforcer son adĂ©quation aux besoins du marchĂ© du travail et amĂ©liorer lâaccĂšs Ă la formation en particulier des travailleurs peu qualifiĂ©s et des demandeurs dâemploi.
La promotion de la mobilité en Europe des apprentis à des fins de formation
Un ensemble dâinitiatives menĂ©es au niveau europĂ©en et au niveau national visent Ă renforcer la mobilitĂ© europĂ©enne des apprentis et notamment la mobilitĂ© longue.
Le rapport de lâIGAS sur la mobilitĂ© europĂ©enne des apprentis remis en novembre 2017 et le rapport de Jean Arthuis, ancien ministre et dĂ©putĂ© europĂ©en, sur Erasmus pro (levers les feins Ă la mobilitĂ© des apprentis en Europe) remis en janvier 2018, ont nourri les dĂ©bats sur la loi pour la libertĂ© de choisir son avenir professionnel. La loi prĂ©voit des dispositions dont lâobjectif est de porter Ă 15 000 le nombre dâapprentis mobiles dâici 2022.
Extrait du jaune budgétaire 2019 publié le 5 décembre 2018

