Un nouveau dĂ©cret publiĂ© fin janvier 2026 vient prĂ©ciser le financement des pĂ©riodes de reconversion des salariĂ©s. Sur le papier, câest un texte technique. Dans la pratique, il touche directement la maniĂšre dont les entreprises pourront accompagner leurs collaborateurs en transition professionnelle.

Voici ce quâun DRH doit retenir, sans jargon.
De quoi parle ce décret exactement?
Le texte encadre le financement des pĂ©riodes de reconversion prĂ©vues par le code du travail. Ces pĂ©riodes permettent Ă un salariĂ© de se former pour Ă©voluer vers un autre mĂ©tier, souvent dans une logique dâadaptation ou de maintien dans lâemploi.
Lâobjectif est clair: sĂ©curiser les parcours professionnels des salariĂ©s expĂ©rimentĂ©s tout en donnant un cadre financier stable aux opĂ©rateurs de compĂ©tences.
Un tarif par dĂ©faut fixĂ© Ă 9,15 ⏠de lâheure
Premier point clĂ©: si une branche professionnelle nâa pas dĂ©fini son propre montant de prise en charge, un tarif national sâapplique automatiquement.
đ 9,15 ⏠par heure de formation
Câest un filet de sĂ©curitĂ©. Cela Ă©vite les zones grises oĂč aucun financement clair nâĂ©tait prĂ©vu. Les entreprises disposent dĂ©sormais dâun repĂšre minimal garanti.
Un plafond moyen de 5 000 ⏠par reconversion
Le décret fixe également un montant moyen de référence:
đ 5 000 ⏠par pĂ©riode de reconversion et par opĂ©rateur de compĂ©tences
Ce nâest pas un plafond individuel rigide pour chaque salariĂ©, mais un cadre budgĂ©taire global pour les OPCO. ConcrĂštement, cela signifie que les financements devront sâinscrire dans une enveloppe maĂźtrisĂ©e.
Pour les DRH, cela introduit une logique de priorisation. Toutes les reconversions ne pourront pas ĂȘtre financĂ©es sans arbitrage.
Qui paie lâĂ©cart de salaire pendant la reconversion?
Câest un point souvent mal compris.
Quand un salariĂ© entre en reconversion, sa rĂ©munĂ©ration peut Ă©voluer. Le dĂ©cret prĂ©voit que si un accord dâentreprise ou une dĂ©cision unilatĂ©rale mentionne une prise en charge de cet Ă©cart sans en prĂ©ciser le montant, alors câest lâOPCO qui fixe les rĂšgles.
MĂȘme logique pour:
- les frais de transport
- lâhĂ©bergement
- la restauration
Autrement dit, lâabsence de prĂ©cision dans lâaccord ne bloque pas le financement. LâOPCO prend le relais pour dĂ©finir les modalitĂ©s.
Ce que cela change concrĂštement pour les DRH
Trois impacts pratiques émergent:
1. Plus de lisibilité budgétaire
Les entreprises disposent désormais de références chiffrées nationales.
2. Un rÎle renforcé des OPCO
Ils deviennent arbitres des niveaux de prise en charge quand les accords sont flous.
3. Une incitation Ă formaliser les accords internes
Plus un accord dâentreprise est prĂ©cis, moins il y a dâincertitude dans la mise en Ćuvre.
Pourquoi ce dĂ©cret sâinscrit dans une logique plus large
Ce texte ne sort pas de nulle part. Il dĂ©coule de la rĂ©forme de 2025 sur lâemploi des salariĂ©s expĂ©rimentĂ©s. LâidĂ©e de fond est simple: encourager les reconversions plutĂŽt que subir les ruptures de parcours.
Pour les DRH, câest un signal fort: la reconversion devient un outil stratĂ©gique de gestion des compĂ©tences, pas un dispositif marginal.
Ă retenir
Ce dĂ©cret ne crĂ©e pas un nouveau dispositif. Il clarifie le financement dâun outil dĂ©jĂ existant.
Mais dans un contexte de transformation des mĂ©tiers, cette clarification est majeure. Elle sĂ©curise les entreprises qui hĂ©sitaient Ă sâengager dans des parcours de reconversion par peur de lâincertitude financiĂšre.
En 2026, la reconversion nâest plus seulement un sujet social. Câest un levier RH central.
