
Thierry DEZ, directeur gĂ©nĂ©ral de l’OPCA Uniformation qui reprĂ©sente 53 346 entreprises adhĂ©rentes, 1,118 million de salariĂ©s, et gĂšre 384,907 millions dâeuros de contributions Ă la formation professionnelle (chiffres 2015).
Retrouvez notre Ă©change ci-dessous ainsi qu’un extrait vidĂ©o de notre rencontre avec Mr Dez qui nous parle des principaux projets de son OPCA et nous fait un point sur le CPF chez Uniformation :
Quelles sont les actualitĂ©s dâUniformation ?
Nos actualitĂ©s sont le projet MutĂ©co, la qualitĂ© de lâoffre de formation mais aussi l’offre de formation clĂ©s en main transverses aux mĂ©tiers couverts par Uniformation. Le BaromĂštre emploi/formation ainsi que le bilan dâactivitĂ© 2015.
Concernant le BaromÚtre Emploi Formation. Depuis combien de temps ce travail est-il effectué ? pouvez-vos partager avec nous les résultats de cette étude ?
LancĂ© en 2014, ce baromĂštre est un cycle dâobservation annuel sur lâemploi et la formation au sein de lâĂ©conomie sociale, protection sociale, habitat social. Il permet de disposer dâune vision des pratiques, intentions et besoins des employeurs par branche et rĂ©gion en matiĂšre de recours aux dispositifs emploi-formation.
Dâabord initiĂ© sur lâemploi-formation des jeunes en 2014 et 2015, il porte depuis 2016 sur lâensemble des salariĂ©s couverts. Notre prochaine Ă©dition 2017 est en cours de lancement.
Plusieurs donnĂ©es et pistes de travail sâen dĂ©gagent, que ce soit sur lâĂ©tat de lâemploi dans nos structures, leurs besoins en recrutement, les mĂ©tiers prioritaires ciblĂ©s, les mĂ©tiers les plus en tension, les profils attendus, les formations qui seront demandĂ©es, le recours Ă lâalternance…
Les rĂ©sultats sont disponibles en dĂ©but de chaque annĂ©e et permettent de nous Ă©clairer sur les enjeux prioritaires en termes dâemplois et formation tant par secteurs que par territoires.
Avec plus de 6200 répondants, nous pouvons nous appuyer sur des résultats significatifs.
Parmi les principaux résultats :
48% des rĂ©pondants envisageaient de recruter en 2016, soit du fait de leur activitĂ© dâinsertion (donc dâaccueil permanent pour les ACI et RĂ©gies de quartiers) ou saisonniĂšre, (TSF, Animation, FSJTâŠ) ou soit en prĂ©vision de remplacements de dĂ©parts (habitat social, Aide Ă domicile).
La principale raison du recrutement reste le remplacement dâun ou plusieurs salariĂ©s sur des postes prĂ©-existants pour plus de 59% des rĂ©pondants.
Toutes branches confondues, les métiers identifiés comme prioritaires pour les recrutements sur nos secteurs en 2016 :
- Les animateurs socio-culturel / sportif / périscolaire / animateur technicien / professeur (24%),
- Le personnel administratif, de gestion ou comptabilité (10,4%),
- LâĂ©ducateur sportif (8%),
Les contrats les plus souvent envisagĂ©s : des contrats aidĂ©s comme les CDDI, CUI CAE par 46% des rĂ©pondants et les Emplois dâavenir (20% des rĂ©pondants) puis CDI (30%) et CDD (30%) (plusieurs rĂ©ponses possibles), mĂȘme sâil est Ă©vident que les pratiques diffĂšrent dâune branche Ă lâautre.
35 % des jeunes travaillant dans les branches adhĂ©rentes dâUniformation ont Ă©tĂ© recrutĂ©s en contrats aidĂ©s ;
Les freins Ă lâembauche ? Le manque de moyen financier est le principal obstacle Ă lâembauche (53%) ainsi que le manque de candidats correspondant au(x) poste(s) Ă pourvoir (38%), puis des conditions dâemploi peu attractives (horaires, rĂ©munĂ©ration, saisonnalitĂ©, temps partielâŠ).
Ainsi 45 % des employeurs interrogĂ©s semblent assez favorables Ă lâidĂ©e de partager un recrutement pour constituer un poste Ă temps plein, pourcentage Ă plus de 51% dans les entreprises de moins de 10 salariĂ©s.
Des tensions en recrutement sont plus particuliĂšrement pointĂ©es sur les mĂ©tiers de gardiens dâimmeubles, des intervenants Ă domicile, des aides-soignants.
Plus de 1 structure sur 5 envisagent le recours Ă lâalternance sur leur mĂ©tier prioritaire citĂ©, surtout pour des mĂ©tiers comme tĂ©lĂ©conseiller et tĂ©lĂ©vendeur (53 %), moniteur-Ă©ducateur (39 %) , Ă©ducateur sportif (39 %) et conseiller en Ă©conomie sociale familiale (35 %).
Les besoins en formation ? Les rĂ©sultats du baromĂštre tĂ©moignent de la recherche dâune opĂ©rationnalitĂ© immĂ©diate au cours des premiĂšres semaines de la prise de poste, avec essentiellement des formations techniques cĆur de mĂ©tier de courte durĂ©e (43% des rĂ©pondants) ou un transfert en interne de compĂ©tences pratiques de salariĂ©s expĂ©rimentĂ©s (40%).
Une bonne nouvelle que nous avons pu lire : lâaugmentation de votre collecte ! Ă quoi cela est-il dĂ» ?
Au titre de lâannĂ©e 2015, Uniformation a collectĂ© 384,907 millions dâeuros auprĂšs de ses adhĂ©rents, soit une hausse de 9,80 % par rapport Ă lâexercice 2014. Ces bons rĂ©sultats devraient se confirmer en 2016. Ils intĂšgrent lâarrivĂ©e de la branche du Sport mais tĂ©moignent aussi du niveau de confiance Ă©levĂ© que nous avons su maintenir avec nos branches professionnelles, la collecte dâUniformation augmentant de 2,2% Ă pĂ©rimĂštre constant.
Le nombre de structures adhérentes augmente : il passe de 49 308 à 53 346. Conséquence, les effectifs de salariés ont eux aussi augmenté, de 1,09 million à 1,118 millions.
Quelles sont les formations les plus populaires dans la branche des sports ?
Les formations suivies sont essentiellement : des CQP , BPJEPS et DEJEPS ainsi que des formations diverses types BTS (n gestion RH, manager, communication , comptabilitĂ© ) profession immobiliĂšre a Ă©tĂ© indiquĂ©e par rapport Ă la reconversion dâun sportif professionnel donc ceci nâest pas Ă propos pour lâensemble de la branche sport
Le projet Mutéco : quelles sont les régions éligibles ? comment les futurs stagiaires peuvent-ils postuler à ce genre de formation ?
Uniformation, avec lâappui financier du FPSPP, du Conseil RĂ©gional PACA et de la DIRRECTE PACA pour cette rĂ©gion, a Ă©laborĂ© un projet ambitieux afin dâaccompagner ses adhĂ©rents pour les aider Ă anticiper les mutations auxquelles ils doivent faire face.
A ce titre, apporter une réponse à nos adhérents confrontés à ces mutations est un enjeu à la fois de développement et de consolidation et maintien des emplois
MutĂ©co, câest trois axes pour se former : la transition numĂ©rique, la consolidation des emplois (reconversion des salariĂ©s, La mutualisation des emplois et la lutte contre le temps partiel et passerelles vers dâautres emplois, reconversion des sportifs professionnels et de haut niveau, accompagnement des dirigeants confrontĂ©s aux Ă©volutions lĂ©gislatives ou rĂ©glementaires) et la transition Ă©nergĂ©tique.
Régions éligibles : Bretagne, Auvergne-RhÎne-Alpes, PACA, Guadeloupe, ßle-de-France, Nouvelle-Aquitaine Sur chacune de ces régions, les avis COPAREF favorables ont été reçus.
Les futurs stagiaires en parlent avec leurs employeurs et ce sont eux qui prennent contact avec Uniformation. Des formations clĂ©s en mains sont aussi proposĂ©es par Uniformation pour la transition numĂ©rique et la transition Ă©nergĂ©tique. 209 sessions de formation au total, 12 thĂ©matiques sur la transition numĂ©rique et 9 thĂ©matiques sur la transition Ă©nergĂ©tique. Pour sâinscrire, il faut se rendre sur le site offredeformation.uniformation.fr â les inscriptions sont ouvertes jusquâau 28 dĂ©cembre 2016.

Pour tout projet de formation dans ce cadre (pour un conseil, pour valider lâĂ©ligibilitĂ©, ou une demande de financement), il est possible de se faire accompagner en contactant son conseiller en rĂ©gion.
Un des objectifs de MutĂ©co est de former les entreprises Ă la transition numĂ©rique. Le numĂ©rique est-il au cĆur de cette formation ?
Le numĂ©rique est un des trois axes du projet MutĂ©co. Ce nâest pas le « cĆur « de MutĂ©co, qui est Ă©galement rĂ©parti en trois axes : transition numĂ©rique, transition Ă©nergĂ©tique, consolidation des emplois.
Sâagissant du numĂ©rique, il nous est apparu que les nouveaux outils digitaux sont au cĆur de lâinnovation en entreprise ; tous nos usages sont impactĂ©s : animation dâune communautĂ©, outils connectĂ©s, tĂ©lĂ©gestion, applications en ligneâŠtous ces outils font dĂ©sormais partis de notre environnement professionnel. Leur connaissance et leur mode de fonctionnement deviennent incontournables. Nos adhĂ©rents, surtout certaines petites structures, ne sont pas forcĂ©ment Ă lâaise avec ces nouveaux modes de gestion/communication/outils de travail.
Les mutations propres au secteur de la formation, liĂ©es Ă lâĂ©volution des besoins et des technologies, imposent aux organismes de sâadapter et dâinnover.
Les organismes de formation doivent inventer des formats conciliant la souplesse des NTIC, lâefficacitĂ© pĂ©dagogique et la satisfaction des participants. Uniformation doit aussi pouvoir accompagner la transition numĂ©rique des organismes de formation adhĂ©rents Ă lâOPCA : impacts sur le contenu et les pratiques pĂ©dagogiques, les outils du formateur 2.0, les mĂ©thodes pĂ©dagogiques adaptĂ©es aux nouvelles technologies.
Parmi les formations que nous proposons dans le cadre de lâoffre de formation collective « Transition numĂ©rique», AmĂ©liorez votre connaissance de lâoutil web, dĂ©veloppez votre visibilitĂ© sur le web, impacts des NTIC sur les pratiques pĂ©dagogiques⊠sur 1 Ă trois jours.
Certains OPCA signent des accords pour faciliter leurs activités. Est-ce le cas chez Uniformation ?
Un rendez-vous a eu lieu le 13 juillet avec Isabelle RIVIERE, Responsable de la qualitĂ© et des relations avec les OPCA de la FFP, pour voir dans quelle mesure Uniformation pourrait partager cette dĂ©marche qui ambitionne de simplifier les relations administratives, de sĂ©curiser les relations Ă©conomiques et de dĂ©matĂ©rialiser lâensemble des documents demandĂ©s par les OPCA.
Il a Ă©tĂ© constatĂ© que lâabsence de toute subrogation chez Uniformation rendait trĂšs difficile la signature dâun « Pacte de confiance » tel quâil a Ă©tĂ© signĂ© le 30-06 avec Opcalia. Il faut dĂ©sormais voir comment lâadapter Ă notre contexte particulier tout en en gardant lâesprit. Lâambition est donc modeste sur ce dossier.
En revanche le paiement dâun acompte de 30% est exclu, Uniformation privilĂ©giant le paiement rĂ©gulier et rapide sur factures intermĂ©diaires Ă lâavancement (pour les formations longues).
Nous nous sommes rapprochĂ©s de divers partenaires avec lesquels nous travaillons sur les territoires : Apec, Carif-Oref, agefiph,⊠, principalement dans le cadre du conseil en Ă©volution professionnel et cela nous permet dâĂȘtre prĂ©sents partout.
Vous ĂȘtes un des seuls OPCA Ă mettre en avant les moyens de vous contacter (trois lignes tĂ©lĂ©phoniques : employeurs, salariĂ©s, prestataires). Pouvez-vous nous en dire plus ?
Nous avons créé des services tĂ©lĂ©phoniques qui touchaient toutes nos cibles : plateforme tĂ©lĂ©phonique dâinformations pour les salariĂ©s, sur les mĂ©tiers, les parcours et les financements, accompagnement renforcĂ© des entreprises au moment de la collecte, cellule dĂ©diĂ© Ă lâapprentissage, etc. Nous recevons environ 20 000 appels par mois
Nous avions bien trop de numéros de téléphone dédiés.
Nos adhĂ©rents nous disaient rĂ©guliĂšrement quâil Ă©tait difficile de nous joindre. Nous avons donc souhaitĂ© amĂ©liorer la relation Ă nos adhĂ©rents, en amĂ©liorant le taux de dĂ©crochĂ© et les plages de contact possibles. Cela est effectif pour le tĂ©lĂ©phone et les premiers retours aprĂšs enquĂȘte sont trĂšs positifs : 83,5% dâadhĂ©rents et salariĂ©s satisfaits lors de notre derniĂšre enquĂȘte de juin 2016. Mais nous pouvons encore faire mieux. Nous avons pu ainsi Ă©valuer la qualitĂ© de notre accueil et de lâĂ©coute de nos collaborateurs, soit 95% dâentreprises et de salariĂ©s satisfaits.
Nous travaillons aussi aux mails, câest en cours. Notre ambition est de mieux traiter les demandes dâinformation qui nous arrivent. Rien que la boĂźte du webmestre draine prĂšs de 10000 contacts annuels.
Ceci est indispensable pour entretenir une relation de qualitĂ© avec nos adhĂ©rents et leurs salariĂ©s dans une pĂ©riode oĂč nous travaillons sur une offre de services. Il serait inconscient de ne pas se prĂ©occuper de la qualitĂ© de la relation avec nos adhĂ©rents dans un tel contexte. Je nâen dis pas plus, câest un sujet pour le dernier trimestre 2016.
Pourriez-vous faire un constat de la situation du CPF chez Uniformation. Sont-ils en hausse, en baisse ? quelles sont les formations les plus demandées ?
Ce nouveau dispositif de formation Ă lâinitiative du salariĂ©, le CPF, est au cĆur de lâingĂ©nierie pĂ©dagogique et financiĂšre quâUniformation mobilise pour les salariĂ©s.
Des Ă©quipes ont Ă©tĂ© dĂ©diĂ©es Ă la gestion du CPF, et ont permis de mobiliser 11 millions dâeuros, pour 2400 stagiaires et 345 000 heures de formation en 2015.
A fin aout 2016: déjà 4.153 dossiers pris en financement sur 2016.
