Le MinistĂšre du Travail, de lâEmploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social met en ligne un QUESTIONS / REPONSES Ă destination des prestataires de formation sur le dĂ©cret relatif Ă la qualitĂ© des actions de formation de la formation professionnelle continue.
Dans le prolongement de lâAccord national interprofessionnel (ANI) du 14 dĂ©cembre 2013 relatif Ă la formation professionnelle, et des dĂ©bats parlementaires qui se sont dĂ©roulĂ©s Ă lâoccasion de lâexamen du projet de loi sur la « rĂ©forme de la formation professionnelle », la loi n° 2014-288 du 5 mars 2014 relative Ă la formation professionnelle, Ă lâemploi et Ă la dĂ©mocratie sociale a créé Ă lâarticle 8 un Chapitre VI nouveau consacrĂ© Ă la : « QualitĂ© des actions de formation professionnelle continue ». Ce chapitre est constituĂ© dâun article unique (lâarticle L. 6316-1 du code du travail) qui invite lâEtat, les rĂ©gions, PĂŽle Emploi, lâAGEFIPH, les OPCA et les OPACIF Ă sâassurer de la capacitĂ© des prestataires de formation Ă dispenser des actions de qualitĂ©.
Par analogie avec la loi, le dĂ©cret n°2015-790 du 30 juin 2015 (publiĂ© au Journal Officiel du 1er juillet 2015) crĂ©e un chapitre spĂ©cifique Ă la qualitĂ© des actions de formation professionnelle continue et fixe six critĂšres dâapprĂ©ciation de la capacitĂ© du prestataire de formation Ă dispenser une formation de qualitĂ© et y ajoute un critĂšre de conformitĂ© rĂ©glementaire. Ces critĂšres ont tous pour vocation dâamĂ©liorer la lisibilitĂ© de lâoffre de formation, dâinciter les prestataires de formation Ă donner davantage dâinformations utiles aux financeurs et aux bĂ©nĂ©ficiaires, notamment sur les rĂ©sultats obtenus aux examens et dâaccĂšs Ă lâemploi, et dâaccroitre la capacitĂ© de lâoffre de formation Ă sâadapter aux besoins du public Ă former.
Les prestataires de formation peuvent rĂ©pondre Ă ces nouvelles exigences de deux maniĂšres : – en rĂ©pondant aux grilles dâĂ©valuation interne mises en place par les financeurs de formation – en justifiant dâune certification qualitĂ© ou dâun label inscrit sur une liste publiĂ©e par le CNEFOP. Les prestataires de formation dont la capacitĂ© a Ă©tĂ© vĂ©rifiĂ©e sont ensuite inscrits sur le catalogue de rĂ©fĂ©rence du financeur de formation. Au-delĂ du respect de ces critĂšres qualitĂ©, les financeurs continuent de fixer librement leurs prioritĂ©s et critĂšres de prise en charge et dĂ©finissent leurs clauses contractuelles notamment en matiĂšre de service fait.
La dĂ©tention dâun label ou dâune certification inscrite sur la liste du CNEFOP nâest pas suffisante pour dĂ©cider du financement dâune action. Pour permettre Ă lâoffre de formation, dans toute sa diversitĂ©, de sâadapter Ă cette dynamique en faveur de la qualitĂ© de la formation professionnelle, et aux OPCA de sâapproprier cette dĂ©marche, il a Ă©tĂ© souhaitĂ© que les critĂšres entrent en vigueur Ă compter du 1er janvier 2017. Dans ce contexte, il est apparu utile de proposer un questions-rĂ©ponses pour permettre aux prestataires de formation de sâapproprier les possibilitĂ©s qui leurs sont offertes pour rĂ©pondre aux nouvelles exigences de qualitĂ© et de faciliter la comprĂ©hension des nouvelles dispositions rĂ©glementaires. Ce document pourra ĂȘtre complĂ©tĂ© ou prĂ©cisĂ©.
Quelles sont les actions financées qui doivent répondre aux critÚres qualité ?
Lâarticle L. 6316-1 du code du travail dispose que les financeurs de formation (OPCA, OPACIF, Etat, RĂ©gions, PĂŽle emploi et Agefiph) sâassurent, lorsquâils financent une action de formation professionnelle continue, de la capacitĂ© du prestataire de formation mentionnĂ© Ă lâarticle L. 6351-1 Ă dispenser une formation de qualitĂ©. Les actions de formation ici visĂ©es sont celles dĂ©crites Ă lâarticle L. 6313-1 du code du travail qui admet une typologie dâactions large en incluant notamment les bilans de compĂ©tences et la validation des acquis de lâexpĂ©rience (VAE).
Les actions financées par des contributions conventionnelles ou volontaires sont-elles soumises aux critÚres de qualité ?
Oui. Lâarticle L. 6316-1 ne fait pas de distinction entre les actions financĂ©es au titre de la contribution lĂ©gale ou celles financĂ©es par les contributions conventionnelles ou volontaires. DĂšs lors, les critĂšres dĂ©finis Ă lâarticle R. 6316-1 pour sâassurer de la capacitĂ© des prestataires de formation Ă dispenser une formation de qualitĂ© sâappliquent donc Ă©galement dans le cas de financement dâactions de formation au titre des contributions conventionnelles ou volontaires.
A quoi servent les catalogues de rĂ©fĂ©rence publiĂ©s par les financeurs visĂ©s Ă lâarticle L. 6316-1 ?
Les financeurs visĂ©s Ă lâarticle L. 6316-1 (lâEtat, les RĂ©gions, PĂŽle Emploi, lâAgefiph, les OPCA et les OPACIF) doivent rĂ©fĂ©rencer dans un catalogue les prestataires de formation dont ils se sont assurĂ©s de la capacitĂ© Ă dispenser une action de formation de qualitĂ©. Ces catalogues doivent ĂȘtre rendus publics et chaque organisme doit en assurer lâactualisation, afin dây rĂ©pertorier les nouveaux organismes qui satisfont aux critĂšres ou afin de retirer, le cas Ă©chĂ©ant, ceux qui ne rempliraient plus les conditions du dĂ©cret. Ces catalogues visent Ă Ă©clairer le public (entreprises, mĂ©nagesâŠ) en lui proposant des repĂšres simples et utiles sur lâoffre de formation. Ils devront ĂȘtre mis Ă disposition du public par chaque financeur le 1er janvier 2017.
La dĂ©tention dâun label ou dâune certification qualitĂ© est-elle suffisante pour satisfaire aux critĂšres du dĂ©cret ?
Oui. La reconnaissance par le CNEFOP, point national de rĂ©fĂ©rence qualitĂ© pour la France auprĂšs de lâUnion europĂ©enne, de la conformitĂ© dâun label ou dâune certification qualitĂ© aux critĂšres de qualitĂ© dĂ©finis par le dĂ©cret et son inscription sur la liste mise Ă disposition du public est suffisante pour que la dĂ©tention dudit label ou certification qualitĂ© constitue une prĂ©somption simple de la capacitĂ© du titulaire Ă dispenser une action de qualitĂ© au sens de lâarticle L. 6316-1. Selon les modalitĂ©s de dĂ©livrance des certifications qualitĂ© ou labels, cette prĂ©somption peut ne concerner quâun pĂ©rimĂštre ou des domaines de formation pour lesquels la certification ou le label sont dĂ©livrĂ©s.
Comment rĂ©pondre aux financeurs lorsquâon ne dispose pas dâune certification qualitĂ© ou dâun label inscrit sur la liste du CNEFOP ?
Chaque financeur (lâEtat, les RĂ©gions, PĂŽle Emploi, lâAgefiph, les OPCA et OPACIF) doit sâassurer de la qualitĂ© des formations quâil finance et donc mettre en place les procĂ©dures adĂ©quates. Dans ce cadre, il lui appartient de vĂ©rifier que les prestataires de formation remplissent les conditions du dĂ©cret. Pour ce faire, les certifications et labels qualitĂ© facilitent le travail de ces organismes, notamment si la certification qualitĂ© ou le label est inscrit sur la liste du CNEFOP, mais la dĂ©tention dâune certification qualitĂ© ou dâun label nâest pas une obligation. Lorsque le prestataire de formation ne possĂšde ni une certification qualitĂ© ni un label, il devra apporter la preuve Ă chaque financeur concernĂ© de sa capacitĂ© Ă respecter ces critĂšres dans le cadre des dĂ©marches interne dâĂ©valuation mises en place par ces organismes. Pour faciliter cette dĂ©marche, les financeurs travaillent Ă la mise en place de grilles communes dâĂ©valuation des critĂšres qualitĂ©. Ils peuvent aussi dĂ©cider de reconnaĂźtre les procĂ©dures internes dâĂ©valuation mises en place par les autres financeurs ou de co-construire cette dĂ©marche, comme câest actuellement le cas des OPCA et des OPCACIF sous lâĂ©gide du FPSPP dans le cadre du mandat confiĂ© Ă ce dernier par les partenaires sociaux (COPANEF).
Que permet la reconnaissance dâune capacitĂ© Ă dispenser une action de qualitĂ© par un financeur ?
En cas de financement dâune action de formation, le prestataire de formation dont il a Ă©tĂ© vĂ©rifiĂ© quâil respectait les critĂšres du dĂ©cret sera rĂ©pertoriĂ© sur le catalogue de rĂ©fĂ©rence publiĂ© par le financeur.
La qualité est-elle conciliable avec le droit de la concurrence ?
Oui. Que ce soit au niveau national ou europĂ©en, les exigences ou critĂšres de qualitĂ© sont de plus en plus prĂ©gnants, y compris dans le secteur de la formation professionnelle comme lâillustre la prise en compte des dĂ©marches qualitĂ©, labels et certifications dans le cadre dâinitiatives publiques. La rĂ©fĂ©rence aux labels et aux certifications dans les cahiers des charges facilite le travail de lâacheteur. Toutefois, elle ne doit pas pour autant conduire Ă limiter lâaccĂšs au marchĂ© en le rĂ©servant aux seuls dĂ©tenteurs des labels ou certifications afin de ne pas heurter les rĂšgles de concurrence. Les prestataires de formation peuvent apporter par tous moyens la preuve quâils respectent les critĂšres de qualitĂ© mĂȘme sâils ne sont pas certifiĂ©s ou labellisĂ©s.
Les formateurs doivent-ils ĂȘtre certifiĂ©s ?
Non. Il nâexiste aucune obligation de certification des formateurs. En revanche, la qualification professionnelle et la formation continue des formateurs fait partie des critĂšres dâapprĂ©ciation de la capacitĂ© de lâorganisme Ă dispenser des actions de qualitĂ©. La notion de qualification professionnelle vise la capacitĂ© du formateur Ă exercer son mĂ©tier, apprĂ©ciĂ©e Ă lâexamen des titres et diplĂŽmes, et/ou selon lâexpĂ©rience professionnelle. A noter quâil existe des certifications de qualitĂ© spĂ©cifiques pour les personnes physiques.
Les organismes sous-traitants doivent-ils satisfaire aux critÚres qualité ?
Oui. Les organismes sous-traitants doivent satisfaire aux critĂšres qualitĂ©. Cela suppose de la part des financeurs et des organismes de formation une vigilance accrue sur les moyens et les modalitĂ©s de mise en oeuvre des actions. A ce titre, les contrats de sous-traitance doivent comporter tous les Ă©lĂ©ments utiles garantissant que la prestation respectera les critĂšres de qualitĂ© sous la responsabilitĂ© du donneur dâordre.
Les critĂšres sont-ils cumulatifs ?
Oui. Tous les critĂšres doivent ĂȘtre examinĂ©s par lâEtat, les RĂ©gions, PĂŽle Emploi, lâAgefiph, les OPCA et les OPACIF pour permettre dâapprĂ©cier la capacitĂ© des prestataires de formation Ă dispenser des actions de qualitĂ©. Cet examen doit ĂȘtre effectuĂ© en fonction de la commande du financeur. En effet, les critĂšres eux-mĂȘmes comprennent des Ă©lĂ©ments de souplesse, notamment les critĂšres relatifs Ă lâindividualisation et Ă lâadĂ©quation des moyens Ă lâoffre de formation qui sont fonction du type dâaction, de la durĂ©e, du public, ou de lâinnovation dĂ©ployĂ©e et de lâobjectif Ă atteindre (mise Ă niveau, adaptation au poste de travail, accĂšs Ă la qualification).
Peut-on appliquer les mĂȘmes critĂšres Ă des organismes de taille et de nature diffĂ©rente ?
Oui. Les critĂšres ont Ă©tĂ© dĂ©finis de maniĂšre Ă ce que tout organisme, quelle que soit sa taille et ses modalitĂ©s pĂ©dagogiques dâintervention, puisse y rĂ©pondre. Les spĂ©cificitĂ©s sont prises en compte notamment par les 2Ăšmes et 3Ăšmes critĂšres : lâadaptation des dispositifs dâaccueil, de suivi pĂ©dagogiques et dâĂ©valuation aux publics de stagiaires et lâadĂ©quation des moyens pĂ©dagogiques, techniques et dâencadrement Ă lâoffre de formation. Le dĂ©cret prĂ©voit Ă©galement la prise en compte de lâadĂ©quation financiĂšre des prestations achetĂ©es aux besoins de formation, de lâingĂ©nierie pĂ©dagogique dĂ©ployĂ©e par le prestataire et de lâinnovation des moyens mobilisĂ©s. Ces dispositions facilitent le recours aux diffĂ©rentes modalitĂ©s de formation comme par exemple celles qui font appel aux formations ouvertes et Ă distance (Cf. article L.6353-1).
Les prix de la formation sont-ils dorénavant encadrés ?
Non. Il est simplement demandĂ© aux financeurs de formation de veiller Ă lâadĂ©quation financiĂšre des prestations achetĂ©es aux besoins de formation, Ă lâingĂ©nierie pĂ©dagogique, Ă lâinnovation et aux tarifs pratiquĂ©s. Cela signifie la possibilitĂ© pour les financeurs de demander des prĂ©cisions sur ce qui peut justifier un prix trĂšs Ă©loignĂ© des tarifs pratiquĂ©s pour des prestations qui semblent comparables ou lors dâune offre anormalement basse. Ces financeurs peuvent aussi fixer des plafonds de prise en charge.
Les employeurs sont-ils soumis au décret ?
Non. Les employeurs, lorsquâils rĂ©alisent directement la formation en interne, ne sont pas soumis au dĂ©cret. Il en va de mĂȘme lorsquâils font appel Ă un organisme de formation sans demande de financement des organismes mentionnĂ©s au L. 6316-1. Toutefois, il leur est fortement conseillĂ© de sâen inspirer. Pour aider les entreprises et les organismes de formation, les financeurs doivent mettre Ă leur disposition les outils, mĂ©thodologies et indicateurs permettant dâapprĂ©cier la qualitĂ© de la formation.
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Question : chaque Opca devra-t-il établir sa propre liste contenant TOUS les prestataires de formation certifiés en France sans exception, quelque soit le domaine? Cette liste sera-t-elle unique et commune à tous les financeurs ou chaque financeur aura-t-il sa propre liste?
Alerte aux usines Ă gaz…..
la qualitĂ© des politiques qui ont cru bon rĂ©former la formation en 2014 sans mĂȘme la connaĂźtre Ă©tait-elle certifiĂ©e ?
Si non cela veut dire qu’on peut raconter et faire n’importe quoi une fois Ă©lu alors qu’un commerçant ou un OF peut ĂȘtre mis en cause Ă la moindre incartade. Tout cela ne tient pas debout, : l’Etat a lancĂ© sans appel d’offre ni cahier des charges l’invraisemblable site moncompteformation mais il resterait protĂ©gĂ©, au dessus de toute critique ou de tout soupçon d’incompĂ©tences.
Jadis, en janvier 2015, un prestataire avait parlĂ© de soviĂ©tisation de la formation, nous y sommes et aujourd’hui les pouvoirs publics ont le toupet de prĂ©tendre former 500 000 chĂŽmeurs supplĂ©mentaires aprĂšs avoir naufragĂ© notre systĂšme de formation.