Le Synofdes, Syndicat national des organismes de formation vient de publier un livre blanc sur sa vision de l’avenir de la formation professionnelle en France.
Dans son livre blanc intitulé « Quel avenir pour la formation professionnelle en France ?« , le Syndicat national des organismes de formation dresse le bilan des derniÚres décennies en matiÚre de formation professionnelle, axant son propos sur les évolutions réalisées depuis 2014. A travers ses propositions, il pointe les faiblesses du systÚme français actuel et propose une nouvelle dynamique.
Les transformations de lâĂ©conomie imposent la maĂźtrise de compĂ©tences transversales par lâensemble des actifs. Ces compĂ©tences recouvrent des compĂ©tences numĂ©riques gĂ©nĂ©rales, des compĂ©tences cognitives, et des compĂ©tences sociales et situationnelles. La question de ces compĂ©tences sâimpose dĂ©sormais comme un enjeu incontournable de la transformation de la SociĂ©tĂ© dans son ensemble.
Alors que lâaccĂšs Ă ces compĂ©tences transversales sâavĂšre dĂ©terminant, lâoffre de formation professionnelle continue reste encore fortement tournĂ©e vers lâacquisition de savoirs techniques.
Dans un contexte oĂč les parcours sont de moins en moins linĂ©aires, rendre effectif le droit Ă lâorientation tout au long de la vie professionnelle suppose dâamener chaque actif Ă dĂ©velopper sa capacitĂ© Ă faire des choix de façon Ă©clairĂ©e, en fonction des enjeux de territoire, Ă un moment donnĂ©. Cette capacitĂ© Ă se projeter nĂ©cessite de garantir une information claire et lisible sur les droits dont chaque actif dispose pour penser son parcours professionnel, afin de permettre Ă chacun de les mobiliser.
Vers une plus grande autonomie de l’individu
Le Synofdes prĂ©conise de rĂ©former en profondeur le CPF pour crĂ©er un vrai droit individuel opposable. Son ambition est d’augmenter Ă 900 h le nombre dâheures capitalisables par les publics non qualifiĂ©s (400 h aujourd’hui). Cet abondement systĂ©matique pourrait ĂȘtre conditionnĂ© par la mise en Ćuvre prĂ©alable dâun CEP, afin de garantir un intermĂ©diaire entre la personne et lâorganisme, capable de sâassurer de la bonne adĂ©quation et de la qualitĂ© de la formation envisagĂ©e et de son coĂ»t.
Pour allĂ©ger le dispositif du CPF, il Ă©met l’idĂ©e d’allĂ©ger lâintermĂ©diation dĂšs lors quâun demandeur dâemploi se positionne sur une formation conventionnĂ©e. Le Synofdes n’envisage pas toutefois la suppression totale de l’intermĂ©diation. Par contre, il propose de supprimer les listes de formation conditionnant lâaccĂšs au CPF : le CPF doit pouvoir sâexercer pour suivre toute formation inscrite au RNCP ou Ă lâinventaire des certifications professionnelles.
Par ailleurs, le Synfodes fait une proposition originale et solidaire : il propose d’envisager la possibilitĂ© pour les actifs de transfĂ©rer leurs droits CPF Ă la mutualisation. La solidaritĂ© du rĂ©gime via la mutualisation pourrait ĂȘtre confortĂ©e en autorisant des salariĂ©s proches de la retraite et nâenvisageant aucune formation Ă doter via la Caisse des dĂ©pĂŽts, un compte de mutualisation destinĂ© aux demandeurs dâemploi.
… Mais pas de monĂ©tisation du CPF
Craignant des rĂ©flexes opportunistes et inflationnistes chez certains opĂ©rateurs de formation, le Synofdes s’oppose Ă la monĂ©tisation du CPF. Le risque serait :
« dâinstaller une relation largement dĂ©sĂ©quilibrĂ©e entre la personne, souvent mal informĂ©e et parfois dĂ©munie face Ă la multiplicitĂ© des informations Ă analyser, et les opĂ©rateurs Ă©conomiques que sont les organismes de formation, dont la vocation, notamment sur le champ lucratif, est de « placer leurs produits ». »
Les 12 propositions du Synofdes
La position du Synofdes est claire :
« Pour construire une vĂ©ritable adĂ©quation Emploi-Formation, il est temps de sortir dâune approche exclusivement centrĂ©e sur le savoir technique dans une vision de lâemploi Ă court terme pour les demandeurs dâemploi ou de lâadaptation au poste sans vision prospective pour les salariĂ©s. Il est temps de faire le pari de lâĂ©mancipation de la personne et de lâaccompagnement dans la capacitĂ© dâagir. Il est temps de faire le pari de la qualitĂ©, de lâexigence et de lâĂ©valuation. Ces diffĂ©rents dĂ©fis requiĂšrent une rĂ©vision du rĂŽle des institutions – pouvoirs publics, partenaires sociaux et entreprises – mais aussi de nouveaux engagements de la part des opĂ©rateurs que nous sommes. »
- Une mobilisation concertĂ©e de lâensemble des acteurs dans une approche dâadĂ©quation Emploi-Formation dont les objectifs doivent ĂȘtre clarifiĂ©s ;
- Un parcours dâaccĂšs Ă la formation pour les demandeurs dâemploi Ă rĂ©former ;
- Une mobilisation et un plan dâactions concertĂ© au service de la maĂźtrise des soft skills ;
- Repenser la rémunération et le statut des personnes en formation ;
- Simplifier lâaccĂšs Ă lâinformation et Ă lâorientation pour les salariĂ©s comme pour les demandeurs dâemploi ;
- Renforcer le droit Ă lâaccompagnement, ce qui suppose dâassurer un droit financĂ© permettant de dĂ©ployer un service de qualitĂ© et de mettre en place une rĂ©elle coordination des acteurs ;
- Elargir et décloisonner le droit à la formation ;
- Sâengager vĂ©ritablement dans une politique de QualitĂ© exigeante et engageante ;
- AmĂ©liorer le recueil des donnĂ©es : les systĂšmes dâinformation ;
- Modifier les modalitĂ©s dâachat des formations ;
- Financer lâinnovation et lâingĂ©nierie ;
- Clarifier les compétences des acteurs.
Consultez l’intĂ©gralitĂ© du Livre blanc du Synofdes :
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 » 900 h le nombre dâheures capitalisables par les publics non qualifiĂ©s » Ridicule. Les salariĂ©s qui rĂ©alisent des travaux d’exĂ©cution ne parviennent mĂȘme pas Ă partir 20 h par an.
Pourquoi pas 9 000 heures pendant qu’on y est ? mais il faudra nous expliquer en quoi refaire l’Ă©cole permettra de faire progresser des adultes (qui n’ont en gĂ©nĂ©ral pas la moindre envie d’y retourner).