Dans une tribune cosignée par son président Jean Hédou, son vice-président Laurent Barthélémy et l’ensemble de ses administrateurs, AKTO alerte sur les réductions budgétaires envisagées par le ministère du Travail et des Solidarités. L’opérateur de compétences y voit une décision susceptible d’affecter directement le financement des formations dans les secteurs des services, qualifiés de « clés » et de « services essentiels ».
Une mission centrale pour 27 branches professionnelles des services
AKTO rappelle que sa mission consiste à favoriser la formation continue des salariés et le recrutement des jeunes en alternance au sein de 27 branches professionnelles des services. Ces métiers propreté, hôtellerie-restauration, travail temporaire, sécurité privée, commerce de gros ou encore secteur aérien font face à des transformations écologiques, numériques, démographiques et réglementaires majeures. Selon l’organisation, une politique publique cohérente devrait au contraire renforcer l’effort de montée en compétences.
Un projet de coupe budgétaire jugé incohérent
Le projet gouvernemental évoqué porterait sur une réduction de près de 200 millions d’euros à horizon 2028, dont 50 % applicables dès 2026. Une telle trajectoire amputerait les moyens de fonctionnement des opérateurs de compétences de 30 %. AKTO estime que cette baisse ne présente « aucune cohérence » avec les besoins réels en matière d’emploi et de formation et mettrait en péril sa capacité d’action territoriale, assurée aujourd’hui par 1 100 salariés auprès de 400 000 entreprises représentant près de 6 millions de salariés.
Des engagements respectés, des résultats concrets
L’opérateur souligne avoir respecté, au cours des cinq dernières années, les frais de gestion fixés par les gouvernements successifs et même dépassé plusieurs objectifs assignés. Dans ce contexte, l’imposition d’un plan d’économies est jugée « irréalisable » et pourrait conduire à la suspension d’une partie des services d’accompagnement aux entreprises et aux alternants.
Formation et alternance : des chiffres qui parlent
Pour appuyer son propos, AKTO met en avant ses résultats récents :
- plus de 400 000 alternants accompagnés vers l’entreprise sur la période 2023-2025 ;
- 1,5 million de salariés ayant eu accès à une formation ;
- près de 200 000 entreprises bénéficiaires chaque année de diagnostics RH, de parcours de formation clés en main et de qualifications.
Les PME en première ligne
La tribune insiste également sur la réalité économique des secteurs concernés : 80 % de PME, véritables « poumons » du tissu productif, qui n’auraient ni le temps ni les moyens d’assumer seules la formation des salariés ou l’intégration d’un alternant. AKTO revendique donc un rôle d’appui collectif indispensable à la continuité et au développement de ces activités essentielles pour le quotidien des Français.
Un appel à la cohérence des politiques publiques
En conclusion, l’opérateur appelle les pouvoirs publics à garantir les moyens de son action pour les années à venir et à poursuivre le soutien à la formation et à la montée en compétences des salariés des services. Sans ce socle financier, AKTO redoute un recul des recrutements et de l’insertion professionnelle dans des métiers qui avaient pourtant démontré leur utilité et leur résilience durant la crise du Covid.
