Quand les Ă©lus demandent des comptes au Ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation Professionnelle et du Dialogue Social
Lettre d’Alain Bocquet, dĂ©butĂ© maire de SAINT-AMAND-LES-EAUX, le 10 juin 2015.
Monsieur le Ministre,
J’ai l’honneur d’attirer votre attention sur la rĂ©forme de la formation professionnelle et sur l’application de la loi du 5 mars 2014 s’y rapportant.
Le remplacement depuis le 1er janvier 2015 du « droit individuel Ă formation » par le « compte personnel de formation » se heurte Ă de grandes difficultĂ©s car les salariĂ©s accumulent leurs heures de formation faute parfois d’avoir la possibilitĂ© de les prendre et les organismes ne peuvent plus travailler.
De nombreux emplois sont en jeu car selon les professionnels de ce secteur<< certifier ses services représente une somme immensurable et les formations imposées sont parfois hors contexte pour les salariés ».
Par ailleurs, les organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA) qui gĂšrent les fonds formation des entreprises mais qui sont Ă©galement« prescripteurs et parfois mĂȘme acheteurs de formation» viennent de faire l’objet d’un rapport de l’Inspection gĂ©nĂ©rale des Affaires Sociales (IGAS).
Ce document « Le contrÎle par les OPCA du service fait par les organismes de formation » rendu public en février dernier, pointe certaines déficiences.
Lors de l’examen de ce texte, les dĂ©putĂ©s communistes avaient Ă©galement soulignĂ© la baisse massive de l’obligation de financement de la formation professionnelle par les employeurs, de l’ordre de 2.5 milliards d’euros.
C’est pourquoi, je vous remercie de me faire connaĂźtre la connaissance qu’a le gouvernement de ces difficultĂ©s et les mesures envisagĂ©es pour y remĂ©dier.
Je vous prie de recevoir, Monsieur le Ministre, l’assurance de ma haute considĂ©ration.
La version PDF :
Alain Bocquet, né le 6 mai 1946 à Marquillies (Nord), est un homme politique français.
Il est Ă©lu dĂ©putĂ© pour la premiĂšre fois en 1978, et constamment réélu depuis. Il a Ă©tĂ© prĂ©sident du groupe communiste de 1993 Ă 2007. Il fait partie du groupe de la Gauche dĂ©mocrate et rĂ©publicaine depuis 2007. Le 17 juin 2012, il est réélu pour un neuviĂšme mandat de dĂ©putĂ© sous l’Ă©tiquette Front de gauche.


Bonjour,
Il ne faut pas trop se rĂ©jouir de ce genre de rĂ©action de la part d’un Ă©lu (isolĂ© qui plus est) qui peut trĂšs bien n’ĂȘtre qu’une posture dilatoire dont l’objet est surtout de faire baisser la garde.
La rĂ©ponse du Gouvernement (Ă supposer qu’il y en ait une…) est Ă mon sens trĂšs prĂ©visible. Elle se bornera Ă dire que la mise en application de la rĂ©forme a pris du retard et qu’il convient par consĂ©quent d’accĂ©lĂ©rer l’allure…C’est assez classique
Or, c’est vĂ©ritablement une rĂ©forme de la rĂ©forme qu’il convient de faire et pour ce qui concerne le CPF de supprimer toutes les listes et de mettre en place une procĂ©dure simple de demande (je passe sur les questions de financement).
La remise Ă plat ne sera pas facilement acceptĂ©e et il faut en avoir conscience d’autant qu’il sera nĂ©cessaire de court-circuiter les partenaires sociaux ce qui est juridiquement possible mais compliquĂ© politiquement (il ne faut pas mĂ©sestimer le rĂŽle des syndicats dans cette affaire comme l’a d’ailleurs notĂ© Jean-Pierre Willems dans son dernier billet )
willemsconsultants.hautetfort.com/archive/2015/06/17/boomerang-5641615.html
En conclusion, je pense qu’il faut ignorer cette lettre.
Je n’y crois pas une seconde…
Je vous invite Ă lire cet article :
managementdelaformation.fr/regards-croises/2015/06/17/francois-galinou-qualite-reforme-2/
Je cite la fameuse phrase :
« Le DIF Ă©tait utilisĂ©, bien financĂ© et bien organisĂ© dans les grandes entreprises. Câest le remplacement de « ce DIF là » qui pose problĂšme aujourdâhui. Pour faire court, je suis persuadĂ© que le CPF fonctionnera quand on aura rĂ©duit le nombre dâorganismes de formation enregistrĂ©s avec le volet qualitĂ© de la rĂ©forme. »
Tout est dit : il s’agit bien d’un massacre organisĂ© !
Ces propos sont proprement scandaleux ! Pour qui se prend-il ce monsieur ? Va-t-on se laisser insulter toujours de la sorte ?
Bruno
Si je comprends bien, François Galinou n’est pas un reprĂ©sentant officiel des pouvoirs public ni des instances paritaires : dans ce cas, la phrase n’engage que lui; ce n’est pas un « smoking gun » qui dĂ©montre la volontĂ© officielle de rĂ©duire le nombre d’organismes. Y a-t-il un?
Par ailleurs, la rĂ©duction du nombre d’organismes ayant accĂšs Ă l’argent public de la formation ne veut pas nĂ©cessairement dire qu’on veut les Ă©liminer, puisqu’ils peuvent continuer Ă fonctionner en travaillant directement avec les entreprises et les institutions grĂące au plan de formation.
On pourrait mĂȘme justifier une sĂ©lection d’organismes ayant accĂšs au CPF sur la base de critĂšres de qualitĂ© (labels qualitĂ©, satisfaction des utilisateurs ou certification des formateurs), car cela constituerait une sĂ©lection « vertueuse » et non un nivellement par le bas, par le prix, par exemple.
Aujourd’hui, le « massacre organisé » vient de la rĂ©duction drastique, brutale des crĂ©dits publics finançant le CPF depuis le 1er janvier, pour toutes sortes de raisons, la principale Ă©tant le dĂ©clenchement d’une rĂ©forme profonde du DIF sans que le systĂšme pour l’accompagner soit en place, sans communication et sans le moindre accompagnement.
Cette politique-lĂ , qui est sans doute aussi le fruit d’arriĂšres pensĂ©es non avouĂ©es, dĂ©truit des organismes et des emplois de maniĂšre indiffĂ©renciĂ©e, car elle ne garantit pas que les meilleurs seront encore debout en fin d’annĂ©e, loin de lĂ . Avec la pression constante sur les prix, qui dans mon secteur des formations linguistiques a rĂ©duit la valeur du tarif horaire de prĂšs de 30% en 15 ans (compte tenu de l’inflation), cet Ă©lagage Ă la hussarde risque au contraire d’Ă©liminer certains parmi les meilleurs : on aura certes moins d’organismes, mais Ă©galement une qualitĂ© dĂ©gradĂ©e. Le serpent se mord la queue.
oui ! un grand massacre organisé, plus de formation pour les salariés, dépots de bilans en masse pour les organismes de formation, monopole pour une formation appauvrie et normative
J’ai conversĂ© avec ce François GALINOU, il prĂȘche uniquement pour sa paroisse. Il est gĂ©rant d’un organisme certificateur et promeut la certification de service. Il s’agit d’un commercial agressif prĂšs Ă cracher sur prĂšs de 50000 organismes de formation. Il m’a mĂȘme envoyĂ© une brochure bas de gamme de ICPF. C’est Ă cause de personnes comme lui, qui se permettent de juger une profession sans en connaĂźtre le fond, que des ignares (les politiques) rĂ©agissent en crachant sur toute une profession.
Bonjour Ă tous,
Je vois que mes propos et mon nom sont utilisés pour justifier des peurs. Je vais donc tenter de rassurer tout le monde.
Tout d’abord, je vais rĂ©pondre aux propos de Monsieur Callens sur le « massacre des organismes de formation ».
1 – Depuis le dĂ©but de l’annĂ©e plus de 4000 nouveaux « organismes de formation » ont Ă©tĂ© enregistrĂ©s par les Services de ContrĂŽle de la Formation.
https[deux points]//www.listeof[point]travail[point]gouv[point]fr/
Il faut donc relativiser la notion de « massacre ». J’avais dĂ©jĂ d’ailleurs Ă©changĂ© avec Bruno Callens sur ce point.
2 – Vis Ă vis du DIF, mes propos sont dĂ©formĂ©s. Je n’ai jamais dit que le CPF fonctionnera quand on aura rĂ©duit le nombre des organismes de formation. En revanche, je dis qu’il n’y a pas 90 000 (nombre d’OF enregistrĂ©s) ou 50 000 organismes de formation (nombre d’OF enregistrĂ©s ayant dĂ©posĂ© un bilan pĂ©dagogique) en France. Je dis que l’objectif de la rĂ©forme est d’orienter les financements publics vers les organismes de formation prouvant leur aptitude Ă faire de la qualitĂ©. Je dis qu’aujourd’hui il y a une dispersion des fonds publics sur des organismes de formation qui n’en sont pas vĂ©ritablement. Je dis Ă©galement que le formateur est au coeur de la qualitĂ© de la formation et qu’il est invisible. Les professionnels de la formation qui se lancent aujourd’hui dans une dĂ©marche qualitĂ© seront les professionnels qui seront financĂ©s par les fonds publics. Les autres devront s’en passer. C’est possible. Il suffit d’avoir des clients.
3- Sur l’accusation de « commercial agressif » et le jugement « documentation bas de gamme », je ne me rappelle pas avoir Ă©changĂ© avec Monsieur ou Madame Gautrand. Je tiens Ă vous dire que l’ICPF & PSI existe depuis plus de 20 ans et est le seul organisme de certification Ă proposer une certification qualitĂ© pour les personnes physiques professionnels de la formation et du conseil. Depuis 20 ans, nous sommes impliquĂ©s dans la normalisation que nous avons financĂ©e. Nous dĂ©fendons la position et l’importance de l’homme ou de la femme dans la qualitĂ© de la formation et du conseil. VoilĂ ma paroisse. J’ajoute que nous sommes complĂštement indĂ©pendants et non subventionnĂ©s. Nous avons pour objectif de faire connaĂźtre notre offre aux plus grands nombres de formateurs et de consultants possibles.
4- Sur la qualitĂ© de la formation professionnelle, aujourd’hui boiriez-vous de l’eau du robinet si il vous Ă©tait dit que sa qualitĂ© n’est pas contrĂŽlĂ©e par un laboratoire indĂ©pendant des fournisseurs. Il est temps de grandir et d’accepter que la qualitĂ© de la formation soit contrĂŽlĂ©e.
Bonne journée à tous !