Dans son rapport « Le financement et les effectifs de lâapprentissage », le Cnefop dresse un portrait de l’apprentissage en France.
Le Cnefop a publiĂ© un rapport sur « Le financement et les effectifs de lâapprentissage« . Il permet d’une part de voir l’Ă©volution de l’apprentissage en France et ses effectifs actuels, et d’autre part d’analyser les financements de cette modalitĂ© de formation.
Baisse des effectifs et hausse du niveau de qualification en apprentissage
Les effectifs dâapprentis baissent pour la premiĂšre fois depuis le dĂ©but des annĂ©es 2000, pour atteindre le nombre de 433 000 en 2013 (- 1% par rapport Ă 2012) :
- la part des apprentis parmi les jeunes de 16 Ă 25 ans passe de 4,5 % en 2004 Ă Â 5,5 % en 2012 et 5,4 % en 2013 ;
- la part des apprentis au sein des jeunes en formation professionnelle continue baisse plus fortement, passant de 20,1 % en 2012 Ă 19,4 % en 2013, tout en Ă©tant supĂ©rieur au niveau de lâannĂ©e 2004 (17,6 %).
Le socle de lâapprentissage reste constituĂ© par les formations de niveaux V et IV qui regroupent prĂšs de 70 % des apprentis. Cependant cette part, qui Ă©tait encore de 80 % en 2007, diminue du fait de deux phĂ©nomĂšnes :
- lâaugmentation des niveaux supĂ©rieurs (+ 53 % entre 2007 et 2013, + 2 % en 2013) ;
- la baisse des effectifs des niveaux V et IV (- 15 % sur la mĂȘme pĂ©riode, et – 6 % en 2013), en partie dĂ» pour le niveau IV Ă la rĂ©forme du bac pro en 3 ans.
A noter : si la part du supĂ©rieur atteint 32 % des effectifs dâapprentis en 2013, c’est le BTS occupe toujours une place prĂ©pondĂ©rante avec 44 % des apprentis du supĂ©rieur.
En volume, un apprenti sur cinq est formé en Ile-de-France et 43 % des apprentis sont formés dans quatre régions :
- Ile-de-France ;
- RhĂŽne-Alpes ;
- Provence-Alpes-CĂŽte dâAzur ;
- Pays-de-la-Loire.
En proportion de la population de jeunes de 18 Ă 25 ans de leur territoire, trois RĂ©gions – Poitou Charentes, Franche-ComtĂ© et Centre – prĂ©sentent un taux dâapprentis dĂ©passant 6,5 % alors que la moyenne nationale est de 5 %.
Les apprentis ? Une majoritĂ© d’hommes… dans la production !
Lâapprentissage reste une voie de formation majoritairement masculine (68 % des apprentis sont des garçons) et concentrĂ©e dans le domaine de la production (59 % des effectifs).
La fĂ©minisation est trĂšs lente (+ 2 points depuis 2004) ; cependant les filles dominent dans les spĂ©cialitĂ©s de service oĂč elles reprĂ©sentent 78 % des effectifs.
Dans les niveaux supérieurs la situation est sensiblement plus équilibrée avec 47 % de filles en niveau II et 38 % en niveau III.
Une insertion remarquable
Lâinsertion professionnelle est meilleure pour les apprentis que pour leurs homologues diplĂŽmĂ©s sous statut scolaire, le niveau dâĂ©tudes restant dĂ©terminant quelle que soit la voie suivie :
- 62 % des apprentis sortis en juin 2013 sont en emploi sept mois aprĂšs.
- Plus les jeunes sont diplĂŽmĂ©s, plus ils ont de chances de trouver un emploi. Ainsi les diplĂŽmĂ©s de niveau CAP ou BEP ont un taux dâemploi de 54 % ; ce taux atteint plus de 67 % pour les titulaires du baccalaurĂ©at et prĂšs de 80 % pour les diplĂŽmĂ©s dâun BTS ou de niveaux I ou II.
Augmentation du coĂ»t de l’apprentissage
Le coût global par apprenti a augmenté de 32 % sur la période étudiée, en passant de 14 200 euros en 2004 à 19 100 euros en 2011 pour légÚrement fléchir en 2012 à 18 700 euros.
En 2013, la baisse des effectifs (- 1%) est accompagnĂ©e dâune hausse de 3 % du financement total, entrainant une augmentation de 3,7 % du coĂ»t par apprenti contre une baisse de 2,1% en 2012.
Cette Ă©volution sâaccompagne dâune modification de la structure de dĂ©penses : lâoffre de formation qui recevait 41% des financements en 2004, nâen reçoit plus que 36 % en 2013, alors que les apprentis (rĂ©munĂ©rations) voient leur part augmenter.
Ainsi, en 2013, 19 400 euros ont été dépensés en moyenne par apprenti dont 13 200 euros hors rémunération des apprentis.
Qui finance l’apprentissage en France ?
PrĂšs de 8,4 milliards dâeuros sont consacrĂ©s au financement de lâapprentissage :
- 3,8 milliards dâeuros soit 45 % proviennent des entreprises (entreprises assujetties et employeurs) ;
- 2,1 milliards dâeuros de lâEtat (24 %) ;
- 2,1 milliards dâeuros des RĂ©gions (24%) ;
- 113 millions dâeuros des organismes gestionnaires des centres de formation (1,3 %) ;
- 53 millions dâeuros par les apprentis et leur famille (0,7 %) ;
- Autres contributeurs (5%) dont 40 millions d’euros par les communes et dĂ©partements.
Hors des rĂ©munĂ©rations des apprentis, le financement de lâapprentissage se monte Ă 5,7 milliards dâeuros en 2013 avec 36 % provenant de lâEtat, 36 % des RĂ©gions et 19% des entreprises.
Chaque contributeur finance selon des modalités différentes :
- Les entreprises versent la taxe dâapprentissage aux CFA mais aussi dâautres contributions des branches dont elles relĂšvent. Celles qui emploient des apprentis leur versent des rĂ©munĂ©rations.
- LâEtat intervient principalement auprĂšs des employeurs sous forme de dĂ©penses fiscales et sociales (exonĂ©rations de cotisations ou dâimpĂŽts).
- Les RĂ©gions apportent des subventions aux CFA. Elles versent Ă©galement des primes aux employeurs dâapprentis et des aides aux apprentis.
- Les apports des organismes gestionnaires ne sont pas entiÚrement retracés dans les comptes des CFA, notamment en ce qui concerne les investissements, les mises à disposition totales ou partielles de personnel administratif.
- Les frais des familles et des apprentis sont concentrĂ©s sur le transport, lâhĂ©bergement et la restauration des apprentis. Une partie de cette somme provient dâaides attribuĂ©es par les RĂ©gions directement aux apprentis.
De plus, les branches professionnelles peuvent prĂ©voir, par voie conventionnelle et selon des pourcentages quâelles dĂ©terminent, lâaffectation de fonds mutualisĂ©s au financement de âapprentissage. Ainsi les entreprises versent Ă©galement aux CFA, par lâintermĂ©diaire des OPCA, des sommes issues des fonds mutualisĂ©s de la professionnalisation pour 120 millions dâeuros. Sâajoutent des taxes fiscales collectĂ©es dans les secteurs de la rĂ©paration automobile (ANFA) et du transport-logistique (AFT) ainsi que la cotisation professionnelle, du bĂątiment et des travaux publics (CCCA-BTP), soit 83 millions dâeuros pour ces trois branches.
Bon Ă savoir : toutes les entreprises ne sont pas assujetties Ă la taxe dâapprentissage (trĂšs petites entreprises qui emploient un apprenti mais dont la masse salariale est infĂ©rieure Ă 6 SMIC, secteurs public, associatif, agricole en grande partie).
Par ailleurs, les entreprises qui emploient des apprentis sont Ă©galement bĂ©nĂ©ficiaires dâexonĂ©rations de cotisations salariales et patronales au titre de lâapprentissage.
Pour consulter le rapport du Cnefop sur l’apprentissage en France :
http://www.cnefop.gouv.fr/rapports/rapports/le-financement-et-les-effectifs-de-l-apprentissage-donnees-2013




