Depuis aujourd’hui, la création d’entreprise sans certification n’est plus éligible au CPF. Cette réforme marque la fin du code 203, qui a longtemps permis de financer des formations parfois controversées, ouvrant la porte à des abus. Faut-il s’attendre à voir l’histoire se répéter, mais cette fois avec l’intelligence artificielle (IA) ?
Le MEDEF, en collaboration avec Numeum, propose déjà un vaste plan pour financer des formations en IA y compris avec le CPF. Une initiative ambitieuse qui pourrait permettre à la France de prendre le virage de l’IA… mais à quel prix ? Si nous ne tirons pas les leçons des dérives passées, allons-nous voir émerger une nouvelle bulle de formations opportunistes ? Ou au contraire, cette fois, avons-nous appris de nos erreurs pour faire de l’IA un véritable levier de compétitivité et d’innovation ?
Un Plan de Formation Massif
Le MEDEF propose un plan de formation ambitieux visant Ă former 300 000 personnes chaque annĂ©e en France. Ce plan inclut l’orientation de 100 000 jeunes vers des carrières scientifiques, la formation de 100 000 salariĂ©s Ă l’utilisation de l’IA, et la crĂ©ation de 100 000 experts en IA. Ces formations permettraient d’acquĂ©rir des compĂ©tences certifiĂ©es dans des domaines tels que le machine learning, la data analyse, et le deep learning.
Des Formations Adaptées et Accessibles
Les formations en IA Ă©ligibles au CPF sont variĂ©es et adaptĂ©es Ă diffĂ©rents niveaux de compĂ©tences. Elles vont de courtes sensibilisations de quelques heures Ă des formations longues de plusieurs mois, voire plus d’un an, avec des certifications reconnues Ă la clĂ©. Ces formations peuvent ĂŞtre suivies Ă distance ou en prĂ©sentiel, offrant ainsi une grande flexibilitĂ© aux apprenants.
Les Avantages de l’IA pour les Entreprises
L’intĂ©gration de l’IA dans les entreprises prĂ©sente de nombreux avantages, tels que des gains de productivitĂ©, une compĂ©titivitĂ© accrue, une expĂ©rience client amĂ©liorĂ©e, et une sĂ©curitĂ© renforcĂ©e. En formant leurs salariĂ©s Ă l’IA via le CPF, les entreprises peuvent non seulement s’adapter aux Ă©volutions technologiques, mais aussi innover et se dĂ©marquer sur le marchĂ©.
Une Facilitation d’Accès Ă l’IA ?
Il n’est pas impossible de penser que les formations Ă l’IA pourraient bĂ©nĂ©ficier prochainement d’une facilitation d’accès. En effet, il est encore difficile de certifier des compĂ©tences Ă peine naissantes dans le domaine de l’IA. Actuellement, nous sommes plus Ă un stade d’Ă©vangĂ©lisation qu’Ă une vĂ©ritable formation Ă des compĂ©tences opĂ©rationnelles en situation de travail. De ce fait, il est assez logique de penser que la nĂ©cessitĂ© de passer une certification en fin de formation a peu de sens dans le cadre d’une sensibilisation Ă l’IA et Ă son monde. L’IA pourrait donc bĂ©nĂ©ficier d’une dĂ©rogation, comme cela a Ă©tĂ© le cas pendant des annĂ©es pour la crĂ©ation d’entreprise, qui a d’ailleurs permis des arnaques incroyables que nous ne souleverons pas dans cet article.
Notre Crainte
Nous avons déjà vu ce qui s’est passé avec le code 203 : des millions d’euros dépensés en formations pour la création d’entreprise… sans pour autant aboutir à une vague massive de nouveaux entrepreneurs. Allons-nous répéter le même schéma avec l’IA ? Investir massivement dans la formation, sans pour autant produire les experts dont la France a réellement besoin ?
Certes, il est complexe de déposer des certifications sur des compétences émergentes comme l’IA. Mais cela ne doit pas pour autant dénaturer la vocation du CPF : il ne s’agit pas d’un simple annuaire de formations, mais d’un moteur de certification. Son objectif reste l’employabilité, et non simplement la montée en compétences pour le plaisir d’apprendre comment générer un texte en quelques secondes ou animer une vidéo du président de la République en train de danser.
Encourager la montée en compétences sur l’IA est essentiel, et nous ne rejetons pas l’initiative du MEDEF. Mais cette fois, il faudra s’assurer que ces formations débouchent sur de véritables certifications reconnues et des compétences applicables en entreprise, plutôt que de devenir un énième produit de consommation ludique financé par des fonds publics.




Entièrement d’accord sur le risque liĂ© Ă l’IA dans le cadre du CPF !
Le principal problème vient du dĂ©calage entre l’intitulĂ© des formations et celui des certifications visĂ©es. En 2025, on observe dĂ©jĂ des situations aberrantes oĂą certaines formations « IA » conduisent Ă des titres professionnels sans lien direct.
Selon moi, tout repose sur la rigueur du certificateur propriĂ©taire d’un titre RS/RNCP, car c’est lui qui engage sa responsabilitĂ© dans l’habilitation des organismes Ă former et/ou certifier.
Finalement, tout dépendra effectivement du niveau d’exigence que les certificateurs RS/RNCP placeront dans leurs procédures d’habilitation, surtout sur les sujets sensibles comme l’IA.