6 mois après, où en sommes-nous ? Interview exclusive d’Emmanuelle Wargon

11 réponses

  1. Bruno Callens dit :

    Bonjour,

    On ne s’attend pas à une critique féroce de cette réforme dans un tel interview.

    Lorsqu’on lit des phrases caractéristiques de la langue de bois (du genre : ” La DGEFP est en contact régulier avec différents représentants des organismes de formation pour échanger sur la mise en œuvre de la réforme. ” ou encore “nous travaillons aussi dans un groupe de travail, sous l’égide du secrétaire d’Etat à la réforme de l’Etat etc), on ne peut s’empêcher de penser à un immense “cafouillage”.

    Qu’il me soit permis aussi de faire remarquer que les organismes de formation sont des entreprises comme les autres, qu’elles sont soumises aux mêmes contraintes et qu’elles n’ont pas le temps d’attendre, elles…Donc, en tout état de cause, l’Etat porte nécessairement une grande responsabilité dans la situation actuelle…

  2. Emmanuel dit :

    Problème, ne sont toujours pas évoqués ces salariés, ces demandeurs d’emploi souhaitant suivre une formation courte pour, de nouveau, accéder au marché de l’emploi au plus vite, armés de nouvelles compétences.
    Que deviennent ces personnes ? Le fait de les maintenir au chômage pour des formations plus longues est-il toujours bénéfique ? Pour en avoir suivi un moi-même, je sais qu’un CQP n’est pas foncièrement une valeur ajoutée décisive sur un CV. :-/

  3. Antoine dit :

    “Ces chiffres sont encore relativement modestes”

    Fin juin 2015 : 6 000 CPF validés.
    Fin juin 2014 : 250 000 DIF validés.

    – moins 97,7%
    – 2,3% du volume 2014.
    – progression mai-juin 2015 = +2,2%

    Ouip, pour modeste, c’est encore modeste.

  4. Gisèle Béauce dit :

    Merci aux Hiboux pour cet interview très précis et éclairant !

  5. cozin dit :

    “Il reste néanmoins que les organismes de formation ne doivent pas concentrer tous leurs efforts sur le CPF, et continuer à obtenir des contrats directement avec les entreprises sur le plan de formation” :

    Tout cela serait possible si

    – Michel Sapin n’avait pas présenté en 2014 la réforme de la formation comme une baisse des charges obligatoires
    – la crise économique ne laminait pas les marges financières de beaucoup d’entreprises (notamment celles dont l’emploi est peu qualifié, qui formaient peu et formeront encore moins à l’avenir)
    – on n’avait pas déstabilisé les OPCA qui finançaient près de 50 % des formations du secteur privé et sont désormais sans force ni capacité d’accompagner qui que ce soit (grosses comme petites entreprises)
    – si on n’avait pas dégouté les salariés de commander des formations via un site élaboré par des gens qui n’ont évidemment jamais organisé une formation dans le secteur privé.

    Dans les entreprises (très nombreuses) qui dépensaient le minimum légal (1,6%) on va passer désormais à 1 % de la masse salariale avec juste un petite 0,4% qui sera accessible (la professionnalisation)

    Le DIF qui nécessitait un dialogue social entre l’employeur et son salarié est liquidé au profit d’un compteur inutile et inutilisable (mais qui est censé sécuriser).

    Même les entreprises très formatrices (ou dépensières) économisent désormais à tour de bras sur la formation (banques, assurances, énergie…)

    Le système est donc durablement enkysté et il ne sert à rien de prétendre que ça ira mieux demain, c’estpresqu’impossible si la loi n’est pas revue durant cet été.
    L’année 2016 ne sera pas meilleure que 2015 pour la plupart des OF avec en plus une méfiance installée via une introuvable qualité.

    Il n’y a pas une chance sur 100 pour que la réforme entraîne en l’état l’adhésion des entreprises ni des salariés.

  6. Bruno Callens dit :

    Bonjour,

    Allez, un nouvel article de Jean Pierre Willems, (a priori) inquiétant…Et qui illustre bien la stupidité des “listes”.

    willemsconsultants.hautetfort.com/archive/2015/07/06/toujours-pas-debloque-5652546.html

    • Bruno Callens dit :

      Pour poursuivre, il faut s’insurger contre l’attitude irresponsable de ceux chargés de confectionner ces fameuses “listes”, attitude qui ne peut que susciter qu’exaspération et colère.

      Dans ces conditions, il est impossible que le CPF fonctionne et il est bien évident que l’on va dans le mur.

      Il est temps que le gouvernement l’admette enfin , utilise le § 3 de l’article L1 du code du travail pour court-circuiter les partenaires sociaux et supprimer les quelques articles de la loi de mars 2014 qui posent problème.

      Errare humanum est, perseverare diabolicum… (l’erreur est humaine mais persévérer dans l’erreur est diabolique).

  7. sif dit :

    Et sur le terrain toujours plus d’heureux !

    Un exemple parmi tant d’autres

    letelegramme.fr/bretagne/formation-professionnelle-sos-du-reseau-d-insertion-04-07-2015-10692347.php

  8. Bruno Callens dit :

    Bonjour,

    Je reprends un constat de Jean Pierre Willems que l’on trouve sur son blog :

    “186 décisions de rejet pour 9 avis favorables (…) Les raisons des rejets massifs ? d’une manière générale une aversion soutenue des organisations syndicales pour tout ce qui n’est pas diplôme ou CQP. Et tant pis pour les salariés qui souhaitent suivre des formations courtes, renvoyés à l’arbitraire de leur employeur”.

    Le “vice” essentiel du CPF est là. Comme le DIF, le CPF est “taillé” pour les formations courtes et ce n’est pas les abondements (dont on a l’impression qu’ils doivent être exceptionnels et difficiles à bénéficier) qui y changeront quelque chose. Rappelons-le : le CPF, ce n’est que 24 heures par an ! Et plafonnés (selon des modalités bien plus complexes que le DIF) en plus !

    Et puis…Notons l’aveuglement…Il est illusoire de penser que les salariés vont se lancer dans des formations qui peuvent être longues alors que la plupart ont une famille et devront se former sur leur temps libre en pratique. La formation n’a rien à voir avec la formation initiale, je crois qu’on est tous d’accord la-dessus.

    • Olivier PHELIP dit :

      S’agissant des abondements, le Ministère a donné la possibilité aux OPCA , lorsque la durée de la formation est supérieure au nombre d’heures inscrites sur le CPF du demandeur, de financer l’abondement en heures complémentaire nécessaire à la prise en charge complète de la formation avec les contributions à recevoir au titre du CPF.
      Chez Uniformation, l’OPCA de l’économie sociale, du logement social et de la protection sociale, cet assouplissement a été adopté par les instances paritaires le 30 juin.
      Depuis lors, une vingtaine de dossiers de formation d’une durée supérieure à 300 heures (à réaliser en tout ou partie sur le temps de travail) a pu être financée.
      Cet assouplissement a été retenu car il permet une montée en charge plus rapide du CPF et une meilleure satisfaction des salariés grâce à un traitement beaucoup plus fluide des dossiers qui évitent une articulation complexe d’abondements multi-dispositifs et/ou multi-financeurs.

  9. Andrew dit :

    Ca c’est une bonne nouvelle Olivier! Ce qui serait encore mieux c’est que les OPCA harmonisent leurs pratiques vis-à-vis du CPF pour que les OF ne soient pas perdu dans un maquis de règles différentes en fonction de la branche du salarié. Il va falloir former des administratifs à plein temps spécialisés dans le traitement des dossiers CPF, ce qui va encore réduire le peu de marge qui reste. Pensez-vous que cette harmonisation aura lieu?

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