Jeudi 20 fĂ©vrier, le SĂ©nat a adoptĂ©, par 188 voix contre 134, le projet de loi relatif Ă la formation professionnelle, Ă lâemploi et Ă la dĂ©mocratie sociale.
Ce texte, issu de négociations avec les partenaires syndicaux, vise à transformer le paysage de la formation professionnelle. Il est examiné en procédure accélérée (une seule lecture par assemblée).
Projet de loi : Comprendre les enjeux de la reforme et du CPF

Le projet de loi relatif Ă la formation professionnelle, Ă lâemploi et Ă la dĂ©mocratie sociale sâinscrit dans la continuitĂ© des rĂ©formes engagĂ©es par le Gouvernement suite aux Grandes confĂ©rences sociales de juillet 2012 et de juin 2013. Il se prĂ©sente comme une rĂ©forme globale visant Ă faire de la formation professionnelle « un levier de la sĂ©curisation de lâemploi et de la compĂ©titivitĂ© des entreprises françaises » (source : ExposĂ© des motifs du projet de loi).
Il est la traduction juridique de lâaccord national interprofessionnel (ANI) conclu le 14 dĂ©cembre 2013 avec les partenaires sociaux, et a pour ambition de faire Ă©voluer la politique de lâemploi, du travail et de la formation professionnelle en sâappuyant sur le dialogue social entrepris.
La mesure phare du projet de loi est la mise en Ćuvre du compte personnel de formation (article 1er), introduit dans la loi relative Ă la sĂ©curisation de lâemploi et qui supprime le droit individuel Ă la formation (DIF). OpĂ©rationnel dĂšs le 1er janvier 2015, le CPF suivra chaque individu tout le long de sa vie professionnelle, mĂȘme en pĂ©riode de chĂŽmage ou de changement dâemploi. Un entretien entre lâemployeur et le salariĂ© devra ĂȘtre tenu tous les deux ans afin dâexaminer ses « perspectives dâĂ©volution professionnelle ».
Le projet de loi sâarticule en trois volets :
1. formation professionnelle
2. réforme de la démocratie sociale
3. contrĂŽle de la formation professionnelle et de lâapprentissage
Concernant le volet « Formation professionnelle », le Gouvernement prévoit notamment :
- dâoptimiser les dĂ©penses pour la formation professionnelle afin quâelles bĂ©nĂ©ficient en prioritĂ© aux publics qui en ont le plus besoin (article 4) ;
- de supprimer lâobligation lĂ©gale et fiscale de contribuer au financement de la formation professionnelle pour les entreprises au profit dâune contribution unique Ă un seul organisme collecteur paritaire, pouvant aller de 0,55 Ă 1 % de la masse salariale (article 4) ;
- dâĂ©largir les compĂ©tences des rĂ©gions en matiĂšre dâapprentissage (article 6) ;
- la possibilitĂ© de conclure un contrat dâapprentissage dans le cadre dâun CDI (contrat Ă durĂ©e indĂ©terminĂ©e) (article 7) ;
- de renforcer les missions confiĂ©es aux centres de formation dâapprentis (CFA) (article 8).
Les principales mesures du deuxiÚme volet consacré à la réforme de la démocratie sociale sont :
- la précision des rÚgles de la représentativité patronale et syndicale (articles 16 et 17) ;
- la définition de nouvelles rÚgles concernant le financement des organisations syndicales et patronales ;
- la dĂ©termination dâun nouveau cadre pour la transparence des comptes des comitĂ©s dâentreprise (article 19).
Le dernier titre du projet de loi est consacrĂ© au contrĂŽle de la formation professionnelle et de lâapprentissage. Il renforce les moyens de contrĂŽle et le rĂ©gime des sanctions de lâinspection du travail (article 20), notamment en matiĂšre de santĂ© et de sĂ©curitĂ© du travail.
Ressources
- Le dossier législatif
- La loi relative Ă la sĂ©curisation de lâemploi
- Consulter la petite loi (articles déjà examinés tels que votés par le Sénat)
