Suite à la présentation du rapport France Travail, les Régions ont salué le travail réalisé tout en faisant par de bémols notamment sur la mise en oeuvre.
Les RĂ©gions donnent acte des avancĂ©es obtenues au fil des discussions conduites par Thibaut Guilluy et son Ă©quipe et saluent lâinsertion, dans les 272 pages du rapport final, de propositions quâelles avaient formulĂ©es :
- Conforter la compĂ©tence rĂ©gionale sur la formation, lâorientation et le dĂ©veloppement Ă©conomique.
- Face aux tensions de recrutement et pour amener Ă lâemploi ceux qui en sont les plus Ă©loignĂ©s, maintenir lâeffort dâinvestissement de lâEtat (2,5 Mds ⏠par an) et reconduire un plan dâinvestissement « massif » Ătat-RĂ©gions pour la formation des demandeurs dâemploi Ă partir de 2024, en prolongeant le mĂ©canisme de contractualisation qui fait le succĂšs depuis 2019 des Pactes rĂ©gionaux dâinvestissement dans les compĂ©tences (PRIC).
- Garantir le rĂŽle des RĂ©gions au cĆur de la nouvelle gouvernance stratĂ©gique proposĂ©e pour France Travail, avec la co-prĂ©sidence Ătat-RĂ©gion au niveau rĂ©gional, et un comitĂ© rĂ©gional composĂ© des membres actuels des CREFOP et autres SPER.
- Garantir une co-prĂ©sidence Ătat-RĂ©gion au niveau local, Ă©chelon opĂ©rationnel de mise en Ćuvre des actions, avec la possibilitĂ© de confier celle-ci Ă une autre collectivitĂ© « selon accords ou usages locaux ».
- Assurer une reprĂ©sentation des RĂ©gions au niveau dĂ©partemental, pour proposer des âparcours sans coutureâ dâinsertion jusquâĂ lâemploi aux personnes les plus Ă©loignĂ©es, et en particulier aux bĂ©nĂ©ficiaires du RSA.
France Travail : des interrogations sur la stratégie et sa mise en oeuvre
Selon le communiquĂ© de presse des RĂ©gion, le rapport ne lĂšve pas la confusion entre « lâopĂ©rateur France Travail », qui prendra la suite de PĂŽle emploi en 2024, et « le rĂ©seau France Travail » : pour les RĂ©gions, les comitĂ©s France Travail prĂ©sidĂ©s par des Ă©lus doivent ĂȘtre les seuls responsables des dĂ©cisions stratĂ©giques qui sâimposeront Ă lâopĂ©rateur, valider ses objectifs, fixer sa feuille de route, etc.
Le rapport ne permet pas, ensuite, de dĂ©finir prĂ©cisĂ©ment le rĂŽle qui sera confiĂ© Ă lâopĂ©rateur France Travail, omniprĂ©sent Ă tous les niveaux de gouvernance et prĂ©sentĂ© comme « un animateur dâĂ©cosystĂšme ayant vocation Ă favoriser lâefficience collective et Ă faciliter lâaction et lâimpact de chaque acteur ». Les RĂ©gions expriment leur prĂ©occupation quant au devenir des Missions locales et de Cap emploi, relĂ©guĂ©s au rang dâopĂ©rateurs spĂ©cialisĂ©s sur les jeunes et les personnes en situation de handicap.
Les RĂ©gions rappellent Ă©galement leur attachement au quadripartisme (Ătat-CollectivitĂ©s-organisations patronales et syndicales). Si la gouvernance annoncĂ©e au niveau national sây rĂ©fĂšre, aucune garantie nâa pour lâheure Ă©tĂ© apportĂ©e aux RĂ©gions et aux partenaires sociaux sur leur reprĂ©sentation au comitĂ© exĂ©cutif national de France Travail.
Reconnaßtre la Région comme Autorité organisatrice de la formation ?
Les RĂ©gions maintiennent leur vision dâune dĂ©centralisation complĂšte de la compĂ©tence et leur reconnaissance, dans la loi, comme AutoritĂ©s organisatrices de la formation professionnelle, en lien Ă©troit avec les partenaires sociaux.
- Un dĂ©but de clarification est bien proposĂ© dans le rapport entre leurs actions de formation et celles de PĂŽle Emploi. Le financement de 50.000 parcours supplĂ©mentaires de PrĂ©parations opĂ©rationnelles Ă lâemploi (POE), en coordination plus Ă©troite avec les Pactes rĂ©gionaux, serait une bonne nouvelle, Ă condition que les POE collectives organisĂ©s par PĂŽle emploi soient effectivement supprimĂ©es dĂšs 2024, et que lâenveloppe (dont les moyens de gestion) en soit confiĂ©e aux RĂ©gions.
- Les formations collectives devront ĂȘtre dĂ©finies et organisĂ©es par les RĂ©gions seules, avec la possibilitĂ© pour elles dâen dĂ©lĂ©guer tout ou partie Ă lâopĂ©rateur France Travail dans le cadre des pactes rĂ©gionaux.
- Il en va de mĂȘme des orientations stratĂ©giques pour la formation des salariĂ©s, qui contribuent Ă©galement Ă lâeffort collectif pour lâemploi et dont la gouvernance gagnerait Ă ĂȘtre partagĂ©e entre les RĂ©gions et les partenaires sociaux. Les RĂ©gions sont dâautant plus prĂȘtes Ă associer les OPCO et les branches Ă la programmation de leurs formations, quâelles le pratiquent dĂ©jĂ , compte tenu de lâintĂ©rĂȘt de mixer les publics et dâoptimiser en commun les efforts de formation.
- La capacitĂ© dâintervention conservĂ©e par lâĂtat sur la Formation Ă distance (marchĂ© national) et la nouvelle offre contre lâillettrisme et lâillectronisme dĂ©montrent, une fois de plus, lâabsence de ligne claire.

