Les rĂ©gions sont les 2e financeurs de la formation (14 %) aprĂšs les entreprises, et devant l’Etat. Zoom sur leurs investissements dans la formation professionnelle continue et l’apprentissage.
En 2014, les RĂ©gions ont contribuĂ© Ă hauteur de 4,5 milliards dâeuros pour la formation professionnelle continue et lâapprentissage (hors dĂ©penses pour leurs propres agents), soit plus que lâEtat. AprĂšs avoir augmentĂ© de 3,7 % en 2013, leur financement diminue de 1,7 %.
LâĂ©volution diffĂšre selon le public bĂ©nĂ©ficiaire : les crĂ©dits progressent pour les personnes en recherche dâemploi (+ 2,4 %) mais reculent pour les dispositifs ciblĂ©s sur les jeunes (- 4,2 %) et sont stables pour les actifs occupĂ©s du secteur privĂ© (-0,2 %).
Rappel sur la décentralisation
PromulguĂ©e le 7 aoĂ»t 2015, la loi portant sur la Nouvelle Organisation Territoriale de la RĂ©publique (NOTRe) a confiĂ© de nouvelles compĂ©tences aux RĂ©gions et a redĂ©fini les compĂ©tences attribuĂ©es Ă chaque collectivitĂ© territoriale. AprĂšs ces dĂ©centralisations, lâEtat intervient comme financeur initial en fournissant des moyens financiers aux RĂ©gions sous forme de dotation de dĂ©centralisation ou, sous forme de droit Ă compensation retenu sur la taxe intĂ©rieure de consommation sur les produits Ă©nergĂ©tiques (TICPE, anciennement « taxe intĂ©rieure de consommation sur les produits pĂ©troliers » ou TIPP) pour lâapprentissage et enfin, par dotation budgĂ©taire comme dans le cas de lâAfpa.
Par ailleurs, il existe Ă©galement des transferts des RĂ©gions vers les entreprises. Les RĂ©gions peuvent soutenir la formation des salariĂ©s en versant des subventions soit aux entreprises, soit aux organismes collecteurs. On compte ici les montants versĂ©s dans le cadre de lâaide au plan de formation des entreprises, aux anciens dispositifs CongĂ© individuel de formation (Cif) et au Droit individuel Ă la formation (Dif).
Quelle répartition des dépenses régionales en matiÚre de formation ?
La formation des jeunes, avec notamment lâapprentissage, reste de loin le principal domaine dâintervention des Conseils rĂ©gionaux (58 %). Lâapprentissage reprĂ©sente plus des 2/3 des dĂ©penses de formation des RĂ©gions en faveur des jeunes. En 2014, les crĂ©dits dĂ©diĂ©s par les rĂ©gions Ă lâapprentissage diminuent de 8 %, principalement en raison de la baisse du montant des primes Ă lâapprentissage versĂ©es par les RĂ©gions.
Comme en 2013, les financements des stages de formation suivis par les jeunes, hors apprentissage, sont dynamiques (+ 3,9 %). La rémunération qui leur est versée progresse de 4,6 % tandis que celle des coûts pédagogiques est moins élevée (+ 3,5 %).
De mĂȘme, les dĂ©penses de formation Ă destination des plus de 26 ans en recherche dâemploi (plus dâun quart de leur dĂ©pense) augmentent de 3 %.
Comme pour les jeunes, la progression des rĂ©munĂ©rations des stagiaires (hors formations sanitaires et sociales) est supĂ©rieure Ă celle des frais pĂ©dagogiques (+ 4,1 % contre + 2,4 %). La part des stagiaires non indemnisĂ©s par lâassurance chĂŽmage et percevant une rĂ©munĂ©ration versĂ©e par la RĂ©gion parmi lâensemble des bĂ©nĂ©ficiaires dâune formation financĂ©e par les RĂ©gions reste identique en 2014 Ă celle de 2013 (54 %).
En 2015, la plus grande partie des financements destinĂ©s aux stages pour les personnes sans emploi (83,2 %) concerne des formations qualifiantes, prĂ©-qualifiantes ou de professionnalisation. A noter : 16,8 % des dĂ©penses de fonctionnement en faveur des personnes sans emploi sont consacrĂ©es Ă lâinsertion sociale et professionnelle (actions de remobilisation pour les jeunes, par exemple).
Des variations d’une RĂ©gion Ă l’autre
Bon Ă savoir : La structure des dĂ©penses consacrĂ©es Ă la formation professionnelle varie fortement dâune RĂ©gion Ă lâautre. La part des dĂ©penses relevant de la formation professionnelle continue varie entre 35,2 % (Centre-Val de Loire) et 74 % (Guyane). Celle relevant de lâapprentissage oscille entre 15 % (Mayotte) et 46,7 % (Guadeloupe). Les RĂ©gions consacrent jusquâĂ 7,9 % (Mayotte) aux dĂ©penses dâaccueil, dâinformation, dâorientation et dâaccompagnement. La part des dĂ©penses consacrĂ©e aux Ă©tablissements de formations sanitaires et sociales reprĂ©sente jusquâĂ 28,2 % en Picardie. Enfin, les RĂ©gions consacrent en moyenne 0,1 % de leurs dĂ©penses aux Ă©tudes et Ă lâĂ©valuation.
Les dĂ©penses de formation professionnelle continue constituent en 2015 le poste de dĂ©penses le plus important (44,1 %), et davantage encore suite Ă la loi du 5 mars 2014, qui confie aux rĂ©gions la prise en charge de publics spĂ©cifiques (personnes sous main de justice, personnes en situation dâillettrisme, etc.).
Les dĂ©penses consacrĂ©es Ă lâapprentissage reprĂ©sentent aussi une part trĂšs importante des dĂ©penses (32,9 %).
Les dépenses pour les établissements de formations sanitaires, sociales et artistiques occupent également une part importante (19,9 %) dans les dépenses de formation depuis la décentralisation de ces formations en 2005.
Les dĂ©penses affectĂ©es Ă lâaccueil, lâinformation et lâorientation concernent surtout â pour plus de la moitiĂ© â les subventions liĂ©es Ă lâactivitĂ© des missions locales.




