Défi métiers, bureau des pleurs des OF

17 réponses

  1. gerland dit :

    La première collecte relative au CPF n’étant due- sauf demande d’acompte- qu’en février 2016, il n’est guère justifié d’écrire qu’ “on imagine très bien que les caisses des OPCAS sont pleines”.

    • Guillaume dit :

      Effectivement la première collecte du CPF sera faite l’année prochaine.
      Celle de 2015 a été faite sur les bases du DIF (contribution plus élevée que pour le CPF) et comme le nombre de dossiers validé est passé de 50k-60K par mois à quelques centaines depuis le début de l’année la trésorerie des organismes paritaires devrait être très positive (Logique comptable 🙂 ).
      Encore une fois, c’est un sentiment partagé par les OF.

      • gerland dit :

        Navré de porter la contradiction mais:
        – le DIF n’avait pas de collecte dédiée (le “DIF prioritaire” et le “DIF portable” émargeaient aux fonds de la “professionnalisation” au même titre que les contrats et périodes de professionnalisation et la POE
        – la collecte 2015 (assise sur les masses salariales 2014) a servi à couvrir les engagements pris tout au long de l’année civile 2015. Elle n’est donc aujourd’hui plus disponible pour couvrir les accords de prise en charge à donner au titre du CPF.

        Cordialement

        • Guillaume dit :

          Pour vous, la transition équivaut à une année sans financement ? Merci de nous éclairer plus précisément sur la question !

  2. gerland dit :

    Non, fort heureusement la transition n’équivaut pas à une année sans financement !

    Simplement, les OPCA doivent estimer au plus juste les sommes qu’ils percevront en février 2016 au titre de la fraction CPF de la “contribution unique de 1%” (soit 0,2% de la masse salariale 2015). Ce sont ces fonds qui couvriront les engagements qu’ils auront pris tout de long de l’année 2015 au titre du CPF.
    La difficulté de l’exercice vient notamment du fait que les entreprises peuvent décider jusqu’au 31/12/2015 de conclure un accord collectif prévoyant une gestion internalisée du CPF pour une période de trois ans incluant l’année 2015 (et donc de ne pas verser le “0,2% CPF” à leur OPCA).

    Dans l’intervalle, les “caisses CPF des OPCAS” resteront vides -sauf si les OPCA demandent à leurs adhérents un acompte provisionnel CPF en cours d’année 2015- et les paiements à effectuer durant cette période ne pourront être faits qu’à partir de la trésorerie des autres dispositifs qu’ils gèrent (“Plan de formation”, “Professionnalisation”, “Contribution conventionnelle supplémentaire”) ou par recours à l’emprunt bancaire.

    • Guillaume dit :

      Effectivement, l’estimation dans ces conditions est plus difficile mais j’imagine que la réforme n’a pas été faite pour bloquer une année de financement entière. De plus, quelque 75 millions d’heures de DIF avaient été transférées début mars selon le COPANEF et le ministère du travail. Cela devrait équilibrer les choses.
      Si vous êtes d’accord je vous propose de co-écrire un article au sujet de l’impact de la réforme sur les OPCA. Qu’en pensez-vous ?

      • gerland dit :

        1/ En effet la réforme n’a pas été faite pour bloquer une année de financement entière : il convient toutefois que les conseils d’administration de chaque OPCA se positionnent avec diligence sur les lignes budgétaires qu’ils entendent dédier au CPF (et sur leurs modalités de prise en charge). Certains étaient en ordre de marche dès la fin 2014. Idem pour les FONGECIF même si leur problématique est un tantinet différente.

        2/ Les effets engendrés par le fait que “quelque 75 millions d’heures de DIF avaient été transférées début mars selon le COPANEF et le ministère du travail” sont purement cosmétiques et n’ont aucune incidence positive sur la question du financement du CPF.

        3/ Le sujet de l’impact de la réforme sur les OPCA mériterait à lui seul un ouvrage entier car la question du CPF n’en est qu’une modeste partie. Des pistes de réflexion pertinentes sont à trouver dans les chroniques diffusées régulièrement par J-P Willems (willemsconsultants.hautetfort.com ) et J-M Luttringer (www.jml-conseil.fr).

  3. GALINOU dit :

    Bonjour,

    Sur la qualité, les informations présentées sont inexactes.

    D’abord, parler de label qualité n’a pas de sens. Je n’en connais pas.

    En revanche, il existe des CERTIFICATIONS QUALITE. Il y a 5 offres en France pour la formation professionnelle. Deux certifications basées sur des normes ISO (9001 et 29990). Une certication AFNOR NF Services Formation. L’ISQ OPQF. L’ICPF & PSI (pour les professionnels). Ces certifications devront figurer sur la liste qui sera publiée en 2016.

    Il faut entre 1 mois et 8 mois aujourd’hui pour les obtenir.

    Bonne chance à tous !

    • Arnaud dit :

      Merci nous avons remplacé “LABEL” par “CERTIFICATIONS”. Plusieurs articles sont en cours de rédaction pour rentrer dans le détail.
      Bien à vous,

  4. Andrew Wickham dit :

    Tout cela est certes fort instructif.
    Mais pendant qu’on palabre sur les chiffres, au cours de l’année 2015 bon nombre d’organismes risquent de sombrer, en particulier dans des secteurs comme les langues ou la bureautique, et leurs formateurs se retrouver à Pole Emploi. En tout cas ceux qui avaient la chance d’être salariés. Parce que depuis 3 ans, beaucoup de formateurs ont été encouragés à devenir auto entrepreneurs.
    Aujourd’hui, avec une baisse moyenne de chiffre d’affaires de 25% , les organismes commencent à préparer des plans sociaux et ont tendance à faire travailler leurs propres salariés et à ne pas renouveler les commandes des formateurs externes. Ils se trouvent donc sans revenu ni indemnités chômage, auquel ils n’ont pas droit.
    Le bénéfice net moyen des organismes de formation linguistique était fin 2013 inférieur à 2% de leur CA (ce qui veut dire qu’entre 30 et 40% étaient en perte). Par ailleurs, leur trésorerie est fragile, grevée par des délais de plus en plus longs entre facturation et encaissement, dus en grande partie au fonctionnement des OPCA et aux services d’achat des entreprises. Comme beaucoup recourent au crédit pour assurer leurs salaires et charges et que les établissements financiers ont réduit le crédit à ce secteur, on peut s’attendre à une année de destructions d’emplois et de défaillance d’organismes, avec tout ce que cela entraîne en termes de drames personnels et humains.
    Je voudrais savoir si les pouvoirs publics et les partenaires sociaux ont bien pris la mesure de la correction brutale qu’ils sont en train d’infliger au secteur de la formation et à ses salariés, sans lui accorder un temps d’ajustement et sans la moindre mesure d’accompagnement?

  5. Isabelle dit :

    Pour essayer de simplifier les propos ci-dessus, peut-on dire que les OPCAs ne sachant pas ce qu’ils percevront en 2016, prennent certaines dispositions depuis le début de l’année qui tendent à réduire pour ne pas dire bloquer totalement le financement de formations via CPF?
    Car si les OF (dont je fais partie….pour l’instant) jouent tous les rôles comme exposé ci-dessus, et si, par un coup de chance, réussissent à construire un projet CPF, les OPCAs représentent l’ultime barrière qui jusqu’à présent reste close! Résultat des courses, beaucoup d’énergie et de temps pour rien. Nous devons (les OF) accompagner les porteurs de projet CPF, mais si nous savons que rien ne sera valider, nous allons vite perdre confiance…si ce n’est déjà fait. C’est une note assez pessimiste mais elle reflète bien l’état d’esprit des OF.

  6. gerland dit :

    @Isabelle
    Non, pas du tout: il est erroné de dire que les OPCA “prennent certaines dispositions depuis le début de l’année qui tendent à réduire pour ne pas dire bloquer totalement le financement de formations via CPF”.
    Des lignes financières significatives et ambitieuses ont été allouées au CPF dans la très grande majorité des OPCA.
    Il y a plutôt un manque de dossiers à financer le choix des certifications demeurant incomplets et l’information “grand public” sur le CPF encore à parfaire !
    De plus, la plupart des dossiers transmis aux OPCA se révèlent en définitive réglementairement non éligibles.

  7. Andrew Wickham dit :

    Gerland
    Comme vous semblez bien informé sur ce dossier, je voudrais vous poser une ou deux questions, si vous le voulez bien :
    1) le fait que “la plupart des dossiers transmis aux OPCA se révèlent en définitive réglementairement non éligibles” est-ce du à la procédure trop complexe de soumission, qui désoriente les demandeurs, ou plutôt aux critères d’éligibilité, trop limitatifs?
    2) Il y avait en mars, 25.000 dossiers soumis sur moncompteformation. Selon les dernières nouvelles, on est à 600 dossiers validés par les OPCA depuis le début de l’année (comparé à plus de 100.000 DIF en 2014 sur la même période), dont sans doute la très grande majorité venant des entreprises.
    Vu la complexité des dossiers CPF et la lenteur de la mise en route du système, combien de validations pensez-vous qu’il y aura en 2015, par rapport aux 6 à 700.000 DIF en 2014 ,?

    • gerland dit :

      @Andrew Wickham

      1- Cela tient aussi au fait que le message a longtemps été que le CPF succédait au DIF et que les salariés et les employeurs n’ont pas réalisé les ruptures opérées (pour faire simple, les dossiers reçus pendant les premières semaines étaient des dossiers initiés sous l’empire du DIF et sommairement repackagé en mode CPF).

      2- Il serait plus légitime de comparer cela avec ce qui est un peu plus comparable c’est à dire avec l’état du déploiement du DIF un an après sa mise en place.

      PS: Je trouve tout de même singulier que le DIF, hier voué aux gémonies, se trouve aujourd’hui paré de toutes les vertus…

  8. condorcet dit :

    Le DIF était le seul dispositif simple, accessible et utile pour développer la formation en France, notamment vers les moins qualifiés. Le CPF n’a jamais été un dispositif de formation, juste un réceptacle d’heures de formation censé suivre le travailleur tout au long de sa vie professionnelle. Cette réforme fait donc régresser la formation en France d’une vingtaine d’années. Il semblerait qu’on s’oriente désormais vers sa possible remise en cause durant l’été (report en 2017 ou 2018). A cette occasion pourquoi ne pas réhabiliter le DIF (qui perdure pour de nombreuses années dans le secteur public).
    Je tiens d’un OF qui s’est fait contrôlé l’an dernier par la Direccte que les ordres officieux sont de faire plonger 90 % des OF privés en France. Ne resterait que 5 à 6 000 OF privés et les Français pourraient se prendre pour des allemands (sans les facultés d’adaptation ni l’intelligence administrative).

    • stephane dit :

      Je confirme ces chiffres…

      Sincèrement nous devons demander des comptes a la Ffp qui a négocié a son avantage cette reforme. Ses membres sont majoritairement opqf. Ils participent a l’élimination des petits of non membres. Le seul point d’achoppement que la ffp rencontre est que ses fameux cp ffp (formations courtes montées en cycle certifiant) ne sont pour l’instant pas éligibles au cpf. La ffp demande a ses adhérents de reecrire les référentiels et ca devrait passer…

  9. DEFI METIERS dit :

    Bonjour,
    Bravo pour cette initiative qui formalise votre point de vue !
    Suite au Rendez-vous de la Formation et de l’Orientation organisé par Défi métiers le 10 février consacré à la mise en place du CPF en Ile-de-France, il nous est apparu intéressant de mieux appréhender/comprendre l’impact de récente réforme professionnelle du 5 mars 2014 du point de vue des organismes de formation. Défi métiers a donc organisé des réunions d’échanges donnant ainsi aux OF l’occasion de partager ou confronter leurs points de vue. Ceux-ci ont porté notamment sur le CPF – sa difficulté de mise en œuvre,son financement, les listes éligibles – mais aussi sur les perspectives et les adaptations métier, conséquences de la réforme (les stratégies envisagées, les compétences métier à renforcer, voire à acquérir). Si l’intention du législateur de placer la personne au centre du système est saluée, le calendrier de mise en œuvre du CPF semble inadapté et comporter certains risques, en particulier celui de provoquer un effet inverse à celui recherché, à savoir moins d’actions de formation réalisées et donc moins de personnes ayant accès à la formation”

    Défi métiers, dans son rôle d’intermédiation entre les acteurs de la formation professionnelle en Ile-de-France établira un document d’analyse à partir de ces échanges, document qui alimentera la réflexion des décideurs publics.
    Nous poursuivons le travail d’analyse au côté des organismes de formation comme ils poursuivent avec nous l’alimentation de la banque régionale de l’offre de formation Dokélio Ile-de-France qui permet chaque jour aux Franciliens de trouver une formation et retrouver le chemin de l’emploi.
    Michelle Bourdier, directrice de projet Informer/Communiquer

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *