Interview de Florence Poivey, négociatrice du MEDEF sur la formation et Présidente de la Fédération.
Officier de la Légion d’Honneur, Florence POIVEY est Présidente de la Fédération de la Plasturgie. Elle est membre du Conseil National de l’Industrie et du Groupement des Fédérations Industrielles. Elle est aussi co-fondatrice et Vice-Présidente de la Fondation d’entreprises EMERGENCES et préside du Club de Dirigeants LE PRISME.
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Arnaud de CPFormation :
Le MEDEF mène de nombreuses actions pour faire connaitre la réforme de la formation vous avez notamment édité un guide pratique est destiné à aider le chef d’entreprise, à destination des PME et TPE, à comprendre les enjeux et à agir concrètement. Pouvez-vous nous en dire plus.
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Florence Poivey :
Nous avons un devoir de pédagogie très large ; nous avons donc lancé des campagnes radio et télévision pour informer sur la Réforme de la Formation professionnelle et le Compte personnel de Formation.
Tout cela fait partie d’un engagement moral que nous nous Ă©tions donnĂ© dès le dĂ©part. Nous avons voulu une rĂ©forme très structurante qui allait bouleverser tous les acteurs, du coup il est naturel que nous en assurions le suivi ! En redonnant le pouvoir aux acteurs du monde de l’entreprise, cette rĂ©forme rĂ©installe le capital humain au centre de la crĂ©ation de valeurs.
Arnaud de CPFormation :
En tant que citoyen je n’ai pas vu d’autres actions de communication que celle du MEDEF. D’autres partenaires sociaux ont pourtant signĂ© la rĂ©forme, pourquoi n’a-t-on pas vu plus de communication de leur part ?
Florence Poivey ( négociatrice du MEDEF ):
Le Gouvernement avait pris l’engagement de faire une campagne assez forte autour du le Compte Personnel de Formation. Les partenaires sociaux ont eu leurs initiatives propres, parfois simplement internes.
Nous, nous avions esquissĂ© dès le dĂ©part notre responsabilitĂ© de pĂ©dagogie auprès des chefs d’entreprise et en particulier des TPE / PME. Parce que dans un environnement bouleversĂ© ce sont les chefs d’entreprises de ces structures, pour qui c’est le plus difficile. Assez naturellement nous avons dĂ©cidĂ© d’en porter la responsabilitĂ© et de leurs donner les clĂ©s de la rĂ©forme. A la fois les enjeux et les clĂ©s pratiques très concrètes.
Arnaud de CPFormation :
Combien y a-t-il de chefs d’entreprises de TPE / PME qui cotisent au MEDEF ?
Florence Poivey :
Environ 700.000. Quand vous savez qu’elles ne sont que 40 au CAC 40 et que nos ETI sont trop peu nombreuses, tout le reste ce sont des PME. L’entreprise moyenne MEDEF est constituĂ©e de 12 personnes.
Arnaud de CPFormation :
Avez-vous eu des retours sur cette communication ? Comment s’est-elle matĂ©rialisĂ©e ?
Florence Poivey (négociatrice du MEDEF) :
Plein de choses se mettent en place. Les Ă©quipes du pĂ´le Ă©ducation/formation ont travaillĂ© notamment sur un kit interactif qui fonctionne très bien, et qui a Ă©tĂ© mis Ă disposition de nos relais sur le terrain. Nous avons des collaborateurs qui sont rattachĂ©s aux Ă©quipes rĂ©gionales et qui sont dĂ©diĂ©s exclusivement Ă l’emploi formation.
Concrètement nous avons avons équipé les relais locaux de kit interactifs qui vont leur permettre désormais d’organiser des formations à destination des chefs d’entreprises. Nous avons d’ores et déjà formé 30 relais sur une centaine au total. Nous devrions en former encore une trentaine d’ici la fin d’année et le reste en tout début d’année 2016.
10 jours après cette première formation dix Ă©vĂ©nements sont dĂ©jĂ programmĂ©s Ă destination des chefs d’entreprise. Ce sont des rĂ©unions d’une dizaine de dirigeants pas nĂ©cessairement du MEDEF. Pendant 2H30, nous rĂ©pondons Ă leurs questions et l’on parle du dĂ©veloppement des compĂ©tences en lien avec la stratĂ©gie entraĂ®nĂ© par l’évolution de l’environnement de leur entreprise. Nous parlons aussi du CPF, des entretiens professionnels et des financements.
Nous avons aussi mis en place une caravane de la formation à la Réunion qui va à la rencontre des entreprises sur leur lieu de travail afin de les informer de la réforme. C’est une opération qui a rencontré un très grand succès et nous allons la reproduire en Corse prochainement.
Arnaud de CPFormation :
Avez-vous eu des retours suite à la campagne « Rue de la formation »
Exemple de vidĂ©o de la campagne : #36 – CrĂ©er son CPF, un jeu d’enfant
Florence Poivey (négociatrice du MEDEF) :
Nous tentons toujours d’analyser les retours de nos campagnes. En 2014, la campagne « Beau travail » avait Ă©tĂ© très apprĂ©ciĂ©e par le grand public. Dans le cadre du Pacte de responsabilitĂ© et de la mobilisation pour crĂ©er 1 million d’emplois, ce programme avait Ă©tĂ© mis au point afin de faire connaĂ®tre et de valoriser Ă la fois les mĂ©tiers en tension, les formations en alternance qui permettent d’y accĂ©der et les offres d’emplois disponibles.
Au total 115 programmes courts, d’une durée d’une minute, ont été diffusés sur France 2 et France 3 à une heure de grande audience entre les mois de mai et décembre 2014.
Elle mettait en scène de vrais salariés filmés dans leur environnement professionnel, qui présentent leur parcours, leur métier et le salaire moyen en début de carrière. Tous les secteurs de l’économie française qui recherchent des candidats ont été représentés.
+ de 10 000 contrats d’alternance ont Ă©tĂ© signĂ©s grâce Ă cette campagne tout au long du Tour de France de l’Ă©tĂ© dernier.
La campagne « Rue de la formation » est plus ambitieuse, car elle tente d’évangéliser sur une réforme assez complexe qui n’est pas encore encrée dans le quotidien des Français.
Les vidéos ont touché plus de 3 300 000 téléspectateurs et l’on sait qu’elles ont attiré l’attention grâce aux statistiques de Youtube qui nous informe que le temps moyen de visualisation d’une vidéo de la campagne est de 2 minutes ce qui sur Internet est une performance.
Le CPF rentre dans les ménages et les chiffres sont très positifs.
Nous venons de dépasser aujourd’hui le nombre de 100 000 dossiers CPF validés !
La campagne radio du gouvernement vient continuer cet effort d’évangélisation.
Arnaud de CPFormation :
Un dernier mot ?
Florence Poivey :
Les politiques d’emploi et de formation doivent continuer de chercher des moyens d’activer la réinsertion sur le marché du travail des groupes défavorisés, dont les chômeurs de longue durée, les jeunes, les femmes et les travailleurs âgés. Cette réforme à cette ambition et nous allons continuer de militer pour sa réussite.


