Comme chaque année, le « Jaune budgétaire de la formation professionnelle » éclaire sur les dépenses de la formation continue en France.
En 2015, dans un contexte oĂč la croissance Ă©conomique sâaffermit, la dĂ©pense nationale pour la formation professionnelle continue et lâapprentissage, hors les dĂ©penses directes des entreprises, sâĂ©lĂšve Ă 24,9 MdâŹ. Elle diminue par rapport Ă 2014 (-1,7 %). RapportĂ© au produit intĂ©rieur brut (PIB), lâeffort de formation (hors dĂ©penses directes des entreprises) est en lĂ©ger repli (1,1 % contre 1,2 % lâannĂ©e prĂ©cĂ©dente).
Par rapport Ă 2014, la dĂ©pense des entreprises et celle de lâEtat sont en recul (respectivement -3,9 % et -7,1 %) alors que celle des RĂ©gions progresse (+3,3 %).
En 2015, 24,9 Md⏠sont consacrĂ©s Ă la formation professionnelle continue et Ă lâapprentissage, hors les dĂ©penses directes des entreprises. Cet effort global intĂšgre les coĂ»ts des formations proprement dites, mais aussi les dĂ©penses de rĂ©munĂ©ration des stagiaires et les frais dâinvestissement ; il cumule les dĂ©penses de lâensemble des agents financeurs, y compris les mĂ©nages (encadrĂ© 2). En 2015, la dĂ©pense nationale de formation diminue de 1,7 %.
Le ratio entre les dépenses de formation, hors dépenses directes des entreprises, et le PIB est en léger repli et passe de 1,2 % 2014 et à 1,1 % en 2015.
Qui financent la formation continue et lâapprentissage ?
Les entreprises, via leurs contributions versĂ©es aux organismes paritaires de collecte agréés (Opca) et la taxe dâapprentissage, restent de loin le principal financeur de la formation professionnelle continue et de lâapprentissage avec 30,8 % de la dĂ©pense totale. En 2015, leur dĂ©pense diminue de 3,9 %. Elle progresse nĂ©anmoins pour les personnes en recherche dâemploi et les dispositifs ciblĂ©s sur les jeunes (respectivement + 6,1 % et + 2,4 %) alors quâelle est en recul pour les actifs occupĂ©s du secteur privĂ© (- 8,7 %).
Avec une dĂ©pense en hausse par rapport Ă 2014 (+ 3,3 %), les RĂ©gions conservent leur place de deuxiĂšme financeur. Leurs dĂ©penses progressent fortement pour les personnes en recherche dâemploi (+19,8 %) mais reculent pour les jeunes (-1,7 %) et les actifs occupĂ©s du secteur privĂ© (-7,4 %). La formation des jeunes, avec notamment lâapprentissage, reste de loin le principal domaine dâintervention des conseils rĂ©gionaux (55 %) mais dans une moindre mesure que les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes (environ 60 % depuis 2008).
Lâapprentissage reprĂ©sente toujours prĂšs des deux tiers des dĂ©penses de formation des RĂ©gions en faveur des jeunes (62% contre 65,0% en 2014). En 2015, les crĂ©dits dĂ©diĂ©s par les RĂ©gions Ă lâapprentissage diminuent de 5,9 %, principalement en raison de la baisse du montant global des primes Ă lâapprentissage.
Les dĂ©penses dâintervention de lâEtat en matiĂšre de formation professionnelle continue et dâapprentissage diminuent (â7,1 %).
La dĂ©pense des autres administrations ou organismes investis dâune mission de service public dont lâAgefiph, lâUnĂ©dic et PĂŽle emploi, diminue de 1,5 % et reprĂ©sente 8,4 % de la dĂ©pense totale.
Les crĂ©dits allouĂ©s Ă la formation (hors agents publics) par les collectivitĂ©s territoriales autres que les RĂ©gions (dĂ©partements, communesâŠ) reculent lĂ©gĂšrement en 2015 mais pĂšsent peu dans lâensemble de la dĂ©pense (moins de 1 %).
La dĂ©pense des mĂ©nages, constituĂ©e dâachats de formation Ă titre individuel, est dynamique (+3,0 %). Elle contribue Ă hauteur de 5,6 % Ă la dĂ©pense globale.
Enfin, la dĂ©pense des fonctions publiques dâEtat, territoriale et hospitaliĂšre pour la formation de leur personnel, reprĂ©sentant 22 %, est stable dans sa globalitĂ©. La dĂ©pense de la fonction publique dâĂtat est en recul (- 4 %) ; en revanche, celles des agents des fonctions publiques territoriale et hospitaliĂšre progressent, respectivement de 2,3 % et de 3,1 %. Cette dĂ©pense reprĂ©sente environ un tiers de la dĂ©pense de formation des actifs occupĂ©s alors que les emplois occupĂ©s par les agents publics reprĂ©sentent environ 20 % de lâemploi total. La structure de qualification, plus Ă©levĂ©e dans la fonction publique, explique pour partie ce niveau de dĂ©pense.
Quels sont les publics bénéficiaires ?
La dĂ©pense en faveur des personnes en recherche dâemploi augmente de 1,7 %. Elle est stable pour les dispositifs ciblĂ©s sur les jeunes. Enfin, la dĂ©pense pour la fonction publique dâĂtat est en recul alors que celles pour les fonctions publiques territoriale et hospitaliĂšre progressent.
En 2015, les dĂ©penses des Opca continuent Ă sâorienter vers les personnes en recherche dâemploi, en rĂ©ponse aux appels Ă projets du fonds paritaire de sĂ©curisation des parcours professionnels (FPSPP) destinĂ©s Ă cette catĂ©gorie dâactifs , mais Ă©galement vers les actifs occupĂ©s du secteur privĂ© dans le cadre du CPF.
Les Opca ont ainsi dĂ©boursĂ©, pour les personnes en recherche dâemploi, 106 M⏠pour financer la formation des bĂ©nĂ©ficiaires de contrats de sĂ©curisation professionnelle (CSP) (contre 117,5 M⏠en 2014) et 72 M⏠dans le cadre du dispositif de prĂ©paration opĂ©rationnelle Ă lâemploi (POE) (contre 73,4 M⏠en 2014).
En 2015, le FPSPP a non seulement cofinancĂ© les heures acquises au titre du DIF conservĂ©es par les actifs mais a permis dâabonder les formations engagĂ©es Ă hauteur de 100 heures : 121 MâŹ6 ont Ă©tĂ© ainsi versĂ©es Ă PĂŽle Emploi et aux RĂ©gions, les deux principaux financeurs de formation pour les personnes en recherche dâemploi.
Enfin, les entreprises, par lâintermĂ©diaire du FPSPP, continuent de cofinancer avec lâĂtat pour un montant de 109 M⏠(contre 113 M⏠en 2014) la rĂ©munĂ©ration de fin de formation (R2F)7 destinĂ©e aux personnes en recherche dâemploi indemnisĂ©es qui entreprennent une action de formation prescrite par PĂŽle emploi et dont la durĂ©e de formation excĂšde celle permise par leur durĂ©e initiale dâindemnisation.
Par ailleurs, les dĂ©penses relatives aux stages de formation Ă destination des personnes de plus de 26 ans en recherche dâemploi (plus dâun quart des dĂ©penses des RĂ©gions) augmentent de 22,4 % de la part des RĂ©gions. Cette forte progression en 2015 provient notamment de la poursuite du mouvement de dĂ©centralisation des dĂ©penses de formation des publics fragiles vers les RĂ©gions. Ainsi, en vertu de la loi du 5 mars 2014, les RĂ©gions hĂ©ritent-elles de la rĂ©munĂ©ration des stagiaires des Centres de Rééducation Professionnelle (en faveur des personnes handicapĂ©es) et de la pleine responsabilitĂ© de lâorganisation de la formation des dĂ©tenus.
Les fonds allouĂ©s Ă lâapprentissage des jeunes sont en recul mais compensĂ©s en partie par la hausse des dĂ©penses consacrĂ©es au contrat de professionnalisation. Le poids des entreprises (30,9 %) et de lâĂtat (27,9 %) dans les dĂ©penses en faveur des dispositifs ciblĂ©s sur les jeunes, y compris lâapprentissage, progressent (respectivement +0,7 et +0,1 point) alors que la participation des RĂ©gions (35,8 %) recule de 0,7 point.
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