Le conseil dâadministration de France CompĂ©tences a approuvĂ© le budget prĂ©visionnel pour lâannĂ©e 2023 le 24 novembre dernier. Ce budget se monte Ă 14,9 milliards dâeuros et est marquĂ© par trois tendances fortes : la rĂ©duction du dĂ©ficit, la prioritĂ© donnĂ©e Ă lâapprentissage et la baisse attendue du CPF.
Dans cet article, nous allons dĂ©tailler les diffĂ©rentes orientations prises de financement de la formation par France CompĂ©tences pour lâannĂ©e 2023 et leurs impacts sur celle-ci.
Un budget orienté vers une réduction du déficit
Le budget prĂ©visionnel de France CompĂ©tences pour 2023 se monte Ă 14,9 milliards dâeuros. Celui-ci est rĂ©solument orientĂ© vers une rĂ©duction du dĂ©ficit, attendue Ă 2,1 milliards pour lâannĂ©e prochaine.
Pour atteindre cet objectif, une réduction des dépenses est enclenchée.
Elle porte sur deux enveloppes financiĂšres principalement : le Plan dâInvestissement CompĂ©tences (PIC) et le Compte personnel de formation (CPF).
Du cĂŽtĂ© des recettes, une dotation exceptionnelle de lâĂtat de 1,596 milliard et un report de crĂ©dit du PIC de 230 millions dâeuros apportent des ressources complĂ©mentaires.
Lâalternance : un dispositif qui continue Ă prendre de lâampleur dans le financement de la formation
Le budget de lâalternance continue Ă drainer une part importante du budget de France CompĂ©tences. En effet, 9,774 milliards dâeuros sont prĂ©vus pour se rapprocher encore un peu plus du million de contrats signĂ©s, objectif affichĂ© par lâexĂ©cutif avant la fin du quinquennat. Ce budget ne concerne que les coĂ»ts pĂ©dagogiques des contrats dâapprentissage.
Du cĂŽtĂ© des aides Ă lâembauche dâapprentis, il y a du nouveau.
Ces derniÚres sont prolongées en 2023 et fixées à 6 000 euros (pour tous les apprentis de moins de 30 ans).
Ces dépenses seront toutefois supportées par le budget du MinistÚre du travail et non celui de France Compétences.
Budget pour la formation des salariés : un léger sursaut
AprĂšs plusieurs annĂ©es de baisse, le budget pour financer le plan de dĂ©veloppement des compĂ©tences (PDC) des entreprises de moins de 50 salariĂ©s connaĂźt une lĂ©gĂšre réévaluation : 550 millions dâeuros (+ 10 millions par rapport Ă 2022).
Cette enveloppe sera rĂ©partie Ă travers les 11 OPCO. Elle permettra de financer la formation des salariĂ©s dans les structures qui nâont en gĂ©nĂ©ral que peu de ressources Ă y allouer.
Les OPCO
Les Opérateurs de Compétences (OPCO) sont des organismes qui remplacent les anciens OPCA et qui sont chargés de collecter les fonds destinés à la formation professionnelle.
Ils sont financés par les entreprises, qui y consacrent une partie de leur budget formation.
Les entreprises peuvent utiliser ces fonds pour financer les formations de leurs salariĂ©s ou pour les rembourser en cas d’utilisation du Compte Personnel de Formation (CPF).
Les OPCO peuvent Ă©galement ĂȘtre sollicitĂ©s pour financer des formations pour les demandeurs d’emploi ou les travailleurs en situation de reclassement.
Selon les chiffres publiĂ©s par l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (AFPA), en 2020, les OPCO ont collectĂ© environ 14 milliards d’euros pour financer les formations professionnelles en France.
Cette somme a permis de financer prĂšs de 7 millions de formations, soit une augmentation de 10% par rapport Ă l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente.
Les secteurs les plus représentés dans ces formations financées par les OPCO sont le BTP, les services et la santé.
Le Fonds d’Assurance Formation (FAF)
Le FAF est un fonds national créé en 2021 pour financer la formation professionnelle des salariés des entreprises du secteur privé. Il est financé par les entreprises et par les OPCO.
Le FAF a pour objectif de soutenir les entreprises dans leur politique de formation en leur offrant des solutions de financement pour leur personnel.
Il peut Ă©galement ĂȘtre utilisĂ© pour financer les formations des demandeurs d’emploi ou des travailleurs en situation de reclassement.
Selon les derniĂšres statistiques publiĂ©es par le ministĂšre du Travail, en 2021, le FAF a collectĂ© environ 6 milliards d’euros pour financer les formations professionnelles en France.
Cette somme a permis de financer prĂšs de 3,5 millions de formations dans les diffĂ©rents secteurs d’activitĂ©, avec une forte reprĂ©sentation des secteurs du commerce, de la santĂ© et des services.
IV. Financement inchangé pour le CEP et le PTP
Le budget allouĂ© pour le Conseil en Evolution Professionnelle (CEP) et le Projet de Transition Professionnelle (PTP) reste inchangĂ© par rapport Ă 2022, avec respectivement 100 millions dâeuros et 500 millions dâeuros.
Le CEP et le PTP ont pour objectif d’accompagner les actifs dans leur parcours professionnel. Le CEP s’adresse Ă tous les actifs, qu’ils soient en emploi ou en recherche d’emploi, et leur permet de bĂ©nĂ©ficier d’un accompagnement personnalisĂ© pour faire le point sur leur carriĂšre, identifier leurs compĂ©tences et les formations nĂ©cessaires pour atteindre leurs objectifs professionnels.
Quant au PTP, il s’adresse spĂ©cifiquement aux salariĂ©s souhaitant se reconvertir ou crĂ©er leur entreprise. Il leur permet de bĂ©nĂ©ficier d’un congĂ© spĂ©cifique pour suivre une formation certifiante ou pour mener Ă bien leur projet de crĂ©ation d’entreprise.
Le maintien du financement pour ces deux dispositifs est une bonne nouvelle pour les actifs en France, qui pourront continuer Ă bĂ©nĂ©ficier de ces services d’accompagnement pour leur Ă©volution professionnelle. Toutefois, certains acteurs du secteur ont soulignĂ© que le financement restait insuffisant, notamment pour le PTP, qui rencontre une forte demande depuis sa mise en place en 2019.
Pour conclure
En rĂ©sumĂ©, le budget prĂ©visionnel de France CompĂ©tences pour 2023 se concentre sur la rĂ©duction du dĂ©ficit et l’augmentation de l’alternance. Les entreprises pourront Ă©galement bĂ©nĂ©ficier d’un peu plus de financement de la formation pour le dĂ©veloppement des compĂ©tences de leurs salariĂ©s.
