Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit de plafonner la part de la contribution unique à la formation professionnelle et à l’alternance (Cufpa) affectée à France compétences. Environ 1,1 milliard d’euros versés par les entreprises rejoindraient le budget général de l’État. Le Medef dénonce l’arbitrage et pose ouvertement la question de son maintien au conseil d’administration de l’opérateur.
- Le PLF 2027 plafonne la Cufpa affectée à France compétences : environ 1,1 milliard d’euros basculeraient vers le budget de l’État.
- Le Medef parle de « scandale » et envisage de quitter le conseil d’administration de France compétences.
- Le plafond porte sur les recettes, pas sur les dépenses. La répartition entre apprentissage, Opco et CPF reste à arbitrer.
- Rendez-vous clé : le débat de la première partie du PLF à l’Assemblée, du 12 au 19 octobre.
Ce que prévoit le PLF 2027
Présenté en Conseil des ministres le 1er octobre 2026, le PLF 2027 modifie en profondeur le financement de France compétences. Trois mouvements se cumulent.
Selon le texte déposé, le tableau des ressources affectées figure à l’article 42. Il relève de la première partie du projet de loi, discutée en séance à l’Assemblée nationale du 12 au 19 octobre.
La position du Medef : un arbitrage sans les financeurs
Dans un entretien accordé à AEF info le 5 octobre, Olivier Faron, responsable du pôle compétences, formation et jeunesse du Medef, qualifie la mesure sans détour.
« Le détournement de la Cufpa est un scandale. »
Son argument central tient en une phrase : il s’agit de l’argent des entreprises. Une contribution versée pour financer la formation et l’apprentissage servirait à autre chose. Il reproche aussi la méthode : un arbitrage pris, une nouvelle fois, sans associer le conseil d’administration de France compétences.
D’où la question qu’il soulève : celle du maintien du Medef au sein de ce conseil. Il y voit aussi un argument supplémentaire pour l’espace stratégique que réclament les partenaires sociaux.
Le Medef élargit ensuite le propos. L’organisation s’inquiète des évolutions envisagées pour les Opco et estime que la réforme du CPF pourrait les affaiblir durablement. Elle juge enfin que des organismes de formation fragilisés aujourd’hui se reconstruiraient difficilement demain.
La logique budgétaire de l’État
Côté gouvernement, l’équation est d’abord comptable. Selon Les Échos, relayés par Économie Matin, France compétences pourrait dégager en 2027 un excédent de l’ordre de 1,1 milliard d’euros, ses recettes devenant supérieures à ses dépenses. Le même article rappelle que l’État a apporté environ 11 milliards d’euros pour couvrir les déficits de l’opérateur depuis sa création.
La mécanique en clair : après avoir financé les déficits, l’État capte l’excédent. Le ministère du Travail est par ailleurs appelé à contribuer à hauteur de 2,5 milliards d’euros aux économies de 2027.
| Acteur | Lecture du PLF 2027 | Source |
|---|---|---|
| Gouvernement | Récupérer un excédent après des années de déficits couverts par l’État | Les Échos, via Économie Matin |
| Medef | Détournement de la contribution des entreprises, arbitrage sans le conseil d’administration | AEF info, 5 octobre 2026 |
| Acteurs de la compétence | Baisse d’environ un milliard des taxes affectées, fin des Pric, suppression des enveloppes régionales CFA | Communiqué du 2 octobre 2026, via AFP |
Le plafond porte sur les recettes. Pas sur les dépenses. Si les besoins de France compétences dépassent ses ressources plafonnées, sur quelles enveloppes portera l’ajustement ?
Apprentissage, financement des plans de développement des compétences des entreprises de moins de 50 salariés via les Opco, CPF : le PLF ne fixe pas cette hiérarchie. Elle se jouera dans le budget de France compétences, voté par son conseil d’administration. Celui-là même que le Medef envisage de quitter.
Une gouvernance sous tension
La question n’est pas isolée. Régions de France a quitté le conseil d’administration de France compétences fin novembre 2025, en protestation contre les coupes sur les CFA et les Pric. Un départ du Medef priverait l’instance de la principale organisation patronale, alors même que les entreprises en restent le premier financeur.
Reste une question de fond, posée par le Medef lui-même : quelle politique de compétences pour les prochaines années, si son financement dépend de l’équilibre budgétaire de l’État plutôt que des besoins des entreprises ?
Ce que les DRH et responsables formation doivent surveiller
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1Du 12 au 19 octobre : le débat à l’AssembléeExamen de la première partie du PLF, où se jouent les plafonds de taxes affectées.
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2Le budget initial 2027 de France compétencesC’est lui qui traduira le plafond en enveloppes concrètes pour les Opco, l’apprentissage et le CPF.
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3La décision du MedefSon maintien ou non au conseil d’administration, et la réaction des autres organisations patronales et syndicales.
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4Les entreprises de moins de 50 salariésPremières exposées si les enveloppes Opco du plan de développement des compétences sont ajustées.
CPF, Opco, financement : anticipez 2027
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Le PLF 2027 change la nature de la Cufpa : une contribution des entreprises fléchée vers les compétences devient en partie une recette de l’État. Le Medef en fait une question de principe et de gouvernance.
Pour les entreprises, l’enjeu réel se jouera après le vote : dans la répartition des enveloppes entre apprentissage, Opco et CPF. C’est là que se mesurera l’impact concret sur vos plans de formation.
- AEF info, entretien avec Olivier Faron (Medef), dépêche n°758001, 6 octobre 2026.
- Medef, Pôle Compétences, Formation, Jeunesse, publication LinkedIn, octobre 2026.
- AFP, « Budget : le secteur de la formation dénonce les nouvelles restrictions sur le CPF », 2 octobre 2026.
- Les Acteurs de la compétence, communiqué de presse, 2 octobre 2026.
- Économie Matin, d’après Les Échos, « Chômage, formation professionnelle : le ministère du Travail devra économiser 2,5 milliards d’euros en 2027 ».
- Projet de loi de finances pour 2027, n° 3210, déposé à l’Assemblée nationale le 1er octobre 2026.
- Assemblée nationale, Conférence des présidents, relevé de conclusions du 15 juillet 2026.
