Ils se disputent les mêmes clients depuis des années. Certains depuis des décennies. Le 6 octobre 2026, Explora Langues, Le Comptoir des Langues, Lingueo, My English School France et Wall Street English France ont pourtant fondé ensemble FEEL, la Filière pour l’Excellence de l’Enseignement des Langues. Les spécialistes de la formation linguistique ont désormais une organisation qui parle en leur nom.
Ce porte-parole arrive avec un message clair. Les langues sont une compétence stratégique pour l’emploi. Et une formation se juge à la progression qu’elle produit, pas aux heures qu’elle facture. Voici ce que contient ce lancement, pourquoi il arrive maintenant et ce qu’il change pour les entreprises qui achètent de la formation en langues.
- FEEL réunit cinq organismes historiques de la formation linguistique, concurrents entre eux, pour porter la voix du secteur auprès des pouvoirs publics.
- Le collectif rassemble organismes de formation et certificateurs capables de démontrer l’efficacité de leurs méthodes.
- Pour les fondateurs, Qualiopi ne suffit pas : il certifie des processus, pas une progression.
- Les membres s’engagent sur une progression mesurable, vérifiée par une certification indépendante.
- Objectif politique : faire reconnaître en France les langues comme compétence stratégique et transversale.
Cinq concurrents, une même exigence
L’alliance a de quoi surprendre. Les cinq fondateurs couvrent des modèles très différents : réseaux de centres, formation à distance, coaching individuel, spécialistes de l’anglais, généralistes multi-langues. Ils se retrouvent régulièrement face à face sur les mêmes appels d’offres.
Ce qui les rassemble, c’est le métier. L’enseignement des langues est leur cœur d’activité, pas une ligne de catalogue parmi d’autres. Et ils partagent un constat : le secteur souffre d’une confusion entre ceux qui font réellement progresser leurs apprenants et ceux qui vendent des heures de formation sans jamais mesurer le résultat.

« Nous sommes concurrents et nous continuerons à l’être. Mais nous partageons une conviction : la formation linguistique doit être portée par des organismes et des certificateurs capables de démontrer l’efficacité de leurs méthodes. FEEL a vocation à les rassembler et à construire, avec les pouvoirs publics et les entreprises, des solutions pour que davantage de Français maîtrisent cette compétence stratégique pour la France, à même de garantir employabilité et mobilité des salariés français. »
Pourquoi le secteur avait besoin d’une voix
La formation professionnelle traverse une transformation profonde. Les règles du CPF évoluent, les budgets se resserrent, les arbitrages se multiplient. Dans ce contexte, les organismes spécialisés en langues ne disposaient pas d’une organisation qui leur soit dédiée. Leurs enjeux se diluaient dans des débats plus larges.
FEEL veut combler ce vide. Le collectif entend représenter les organismes de formation linguistique et les certificateurs auprès des pouvoirs publics, des partenaires sociaux et des institutions. Avec un objectif clair : faire enfin reconnaître en France les langues comme une compétence stratégique et transversale, au service de l’employabilité et de la mobilité des actifs.
Depuis la recommandation du Conseil de l’Union européenne du 22 mai 2018 relative aux compétences clés pour l’éducation et la formation tout au long de la vie, la compétence multilingue figure parmi les huit compétences clés. FEEL estime que la France n’en a pas encore tiré toutes les conséquences dans ses politiques de formation professionnelle.
Rassembler formateurs et certificateurs
FEEL ne se limite pas aux organismes de formation. Le collectif associe deux familles d’acteurs complémentaires :
Les organismes de formation linguistique, dont l’enseignement des langues est le cœur de métier. Ce sont eux qui font progresser les apprenants.
Les certificateurs, qui mesurent de manière indépendante le niveau atteint et contrôlent la cohérence des formations adossées à leurs certifications. Ce sont eux qui attestent cette progression.
Les réunir, c’est boucler la chaîne de la preuve. Un organisme qui affirme faire progresser ses stagiaires doit pouvoir le démontrer. Un certificateur qui délivre un niveau doit pouvoir garantir que la formation qui y mène tient la route. FEEL entend devenir un repère de confiance pour trois publics : les pouvoirs publics, les entreprises et les apprenants.
Qualiopi : nécessaire, mais pas suffisant
C’est le point le plus tranché du communiqué. Pour les fondateurs de FEEL, la certification Qualiopi est insuffisante. Elle atteste la conformité des processus d’un organisme. Elle ne dit rien de l’efficacité de son enseignement.
Un organisme peut être certifié Qualiopi sans jamais prouver que ses apprenants progressent. Qualiopi vérifie que vous avez une procédure d’évaluation. FEEL veut vérifier que l’évaluation montre un progrès réel.
Les membres de FEEL prennent donc des engagements qui vont plus loin :
| Critère | Qualiopi | Engagement FEEL |
|---|---|---|
| Ce qui est certifié | La conformité des processus | L’efficacité de l’enseignement |
| Évaluation du niveau | Existence d’une procédure | Évaluation avant et après la formation |
| Progression des apprenants | Non exigée en tant que résultat | Progression mesurable, données à l’appui |
| Vérification | Audit de l’organisme | Certification indépendante du niveau atteint |
| Formateurs et méthodes | Moyens adaptés | Formateurs qualifiés, méthodes pédagogiques structurées |
| Intégrité | Cadre général | Règles d’intégrité et de suivi des apprenants |
Les langues, une compétence transversale
FEEL conteste une idée tenace : apprendre une langue serait une compétence périphérique, réservée à quelques métiers tournés vers l’international. Les chiffres disent l’inverse.
Selon Indeed, l’anglais est demandé trente fois plus souvent que la deuxième langue dans les offres d’emploi en France. Le besoin progresse, et il ne concerne plus seulement les cadres export. Maîtriser une langue sert à décrocher un poste, mais aussi à l’exercer, à évoluer et à travailler avec d’autres pays.
Mesurer les compétences, pas les heures
C’est sans doute l’ambition la plus structurante de FEEL. Aujourd’hui, une formation se pilote encore largement au volume : nombre d’heures achetées, consommées, facturées. Le résultat pour l’apprenant reste souvent hors champ.
FEEL veut inverser la logique, autour de quatre piliers :
1. La qualification des formateurs. Enseigner une langue est un métier.
2. Des méthodes pédagogiques structurées. Pas d’improvisation d’une séance à l’autre.
3. Une évaluation du niveau avant et après. Sans point de départ, pas de progrès mesurable.
4. La mesure effective de la progression. Vérifiée par une certification indépendante.
Avant de signer avec un organisme de formation en langues, posez une question simple : « Comment me prouvez-vous que mes collaborateurs ont progressé ? » Si la réponse se limite à des feuilles d’émargement et un questionnaire de satisfaction, vous achetez des heures. Pas des compétences.
Votre prestataire en langues passerait-il le test FEEL ?
Cochez ce que votre organisme actuel vous garantit réellement.
Cinq fondateurs, un collectif ouvert
FEEL démarre avec cinq membres. Le collectif s’ouvrira progressivement aux organismes de formation linguistique et aux certificateurs qui partagent ses exigences de qualité et d’intégrité.
Une voix, et une exigence
Avec FEEL, la formation linguistique gagne ce qui lui manquait : une organisation capable de parler au nom de ses spécialistes. Mais cette voix ne se contente pas de défendre un secteur. Elle pose une question longtemps évitée : comment prouver qu’une formation en langues fonctionne ? En rassemblant formateurs et certificateurs autour d’une exigence de résultat, le collectif propose un standard plus exigeant que la seule conformité.
Pour les entreprises, c’est un repère utile pour trier les offres. Pour les pouvoirs publics, l’interlocuteur structuré qui manquait sur ce sujet. Pour les apprenants, la promesse d’une formation jugée sur ce qu’elle leur apporte vraiment.
Chez Lingueo, membre fondateur, cette logique guide notre travail depuis 2007 : évaluer, apprendre, certifier. FEEL donne à cette exigence une dimension collective.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que FEEL ?
Qui sont les membres fondateurs de FEEL ?
Pourquoi FEEL juge-t-il Qualiopi insuffisant ?
Quels engagements prennent les membres de FEEL ?
Un organisme peut-il rejoindre FEEL ?
- Communiqué de presse FEEL, 6 octobre 2026 ; projet de statuts FEEL (24 septembre 2026)
- OCDE, The Demand for Language Skills in the European Labour Market
- France Travail, demande de compétences linguistiques dans les recrutements
- Commission européenne, impact du manque de compétences linguistiques sur les PME
- Indeed France (2025) ; Astérès (2021) ; IPSOS pour Wall Street English
- Recommandation du Conseil de l’UE du 22 mai 2018 relative aux compétences clés pour l’éducation et la formation tout au long de la vie
